Revue de presse - Ecrit par admin le Vendredi 16 mai 2008 17:59 - 2 Commentaires
“Harragas”, un avenir à tout prix
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On les appelle les “harragas”, mot dérivé de “resquiller” et de “brûler” (dans le sens de “brûler les étapes”, et sans doute la vie). Pas un jour ne passe sans que la presse se fasse l’écho de ces tentatives désespérées d’Algériens candidats à l’émigration clandestine, faute de visas. Rares sont ceux qui réussissent à poser le pied de l’autre côté de la Méditerranée. Les uns sont interceptés en mer, les autres repêchés à l’état de cadavres. D’autres encore, beaucoup d’autres, sont portés disparus.
Depuis trois ans, le phénomène des harragas explose en Algérie. Oran, capitale régionale de l’Ouest, n’est plus la seule Mecque des candidats au départ. Annaba, proche de la frontière tunisienne, lui fait désormais concurrence.
En fait, les 1 200 kilomètres de côtes que compte l’Algérie sont tous une invite à l’exil. Le nombre des harragas algériens interpellés - donc sauvés - par les gardes-côtes a quintuplé depuis 2005 : de 335, ils sont passés à 1 016 en 2006 et 1 568 en 2007, selon les autorités algériennes.
Nombreux sont les “multirécidivistes”, terme adéquat puisque ces candidats à l’exil sont traduits en justice lorsqu’ils se font capturer. Pourtant, rien ne les freine, pas même le plein hiver, la mer et les nuits glaciales qui accroissent considérablement les risques.
Leurs histoires se ressemblent toutes. Ils sont six, dix, parfois quinze, entre 18 et 30 ans, souvent habitants d’un même quartier, à mettre leur projet au point. Un passeur leur a fait miroiter un emploi en Espagne ou en Italie. C’est à eux, les candidats à l’exil, qu’il revient de se cotiser pour acheter une barque de 5 à 6 mètres, un moteur, des gilets de sauvetage, un GPS et des bidons d’essence.
En attendant que les conditions météo soient propices, ils enfouissent leur barque dans le sable sur une plage peu fréquentée. Le moment venu, ils partent, sans même dire au revoir à leurs familles, sans doute pour ne pas les plonger dans l’angoisse.
“Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas une pulsion de mort, mais de vie, qui anime ces harragas”, souligne Mustapha Benfodil, journaliste à El Watan, qui a enquêté sur ce sujet dans la région d’Oran. Il coûte en effet aux harragas l’équivalent de 1 000 euros minimum par personne, voire le double, pour partir, en fonction de la qualité de la barque, du moteur, du passeur, etc. “Ils ne mettraient pas une pareille somme s’ils ne croyaient pas qu’ils avaient une sérieuse chance de réussir”, insiste M. Benfodil.
Les harragas constituent désormais “un véritable business pour des filières organisées de trafic humain”, estime le journaliste. Les rabatteurs disposent de complicités dans le pays de départ (l’Algérie) et les pays d’arrivée (le plus souvent l’Espagne et l’Italie). “Ce sont des “pros”, qui savent pertinemment qu’ils envoient ces jeunes à l’échec ou à la mort. J’ai vu des harragas largués en mer avec un moteur de pacotille. Pourtant, ces jeunes n’étaient pas suicidaires”, raconte-t-il.
Contrairement aux idées reçues, les harragas ne sont pas des chômeurs. Beaucoup ont un emploi ; ce sont parfois même des étudiants ou des fonctionnaires ayant un statut social dans leur ville ou leur région. Bien que minoritaires, les femmes sont de plus en plus nombreuses à tenter, elles aussi, la traversée de la Méditerranée. Les uns et les autres se disent persuadés qu’en Europe leur vie sera meilleure et, surtout, qu’ils n’ont “rien à perdre”.
Pour le sociologue Zine-Eddine Zemmour, enseignant à l’université d’Oran, ces harragas ne sont pas des rêveurs. D’une certaine façon, ce sont des “entrepreneurs”, des “personnages héroïques”, qui savent parfaitement ce qu’ils font, estime-t-il.
Pour lui, ces candidats au départ ont “tout à fait intégré la part de risque dans leurs calculs”, mais ils ont des raisons objectives de vouloir partir, la première étant le bas niveau des salaires en Algérie. “Cela les décourage de travailler. Ils savent qu’un emploi n’est pas synonyme d’indépendance”, remarque le sociologue.
Quitter ses parents, avoir un logement et se marier est ici un luxe. Le coût de la vie est très élevé, l’Algérie produisant peu - hormis son gaz et son pétrole - et important presque tout. Or le salaire minimum n’est qu’à 12 000 dinars (moins de 120 euros). “L’Algérie a fait un choix politique en maintenant des salaires extrêmement bas, dans l’espoir d’attirer les entreprises étrangères”, déplore Zine-Eddine Zemmour. Pour lui, si l’on veut avoir une chance de retenir les jeunes en Algérie, il faut rendre au travail sa valeur, en multipliant le niveau des salaires “au moins par trois”.
L’autre facteur qui encourage les migrants est que les pays européens ferment souvent les yeux sur le travail clandestin, tant ils manquent de main-d’oeuvre. En Espagne et en Italie, beaucoup de camps de transit où sont regroupés les clandestins se sont transformés en centres de recrutement où viennent puiser les employeurs pour du travail au noir. “Les jeunes migrants le savent et, bien souvent, loin de fuir ces camps, ils s’y rendent d’entrée de jeu, quand ils débarquent en Europe sans papiers, sachant qu’à terme il y a un petit espoir qu’ils obtiennent un emploi”, explique encore Zine-Eddine Zemmour.
Y a-t-il une chance pour que les innombrables harragas portés disparus soient encore en vie ? Certains sont-ils en prison en Tunisie, au Maroc ou en Libye, après avoir dérivé en mer à bord de leurs barques, puis avoir été arrêtés par les gardes-côtes d’un pays voisin ? Kamel Belabed, porte-parole d’une cinquantaine de familles d’Annaba, s’en dit persuadé.
Lui qui a perdu un fils en mer, en avril 2007, garde un tout petit espoir. Aussi supplie-t-il les pays méditerranéens de prendre la peine d’échanger les informations dont ils disposent pour mettre fin à l’incertitude des parents. La première urgence, à ses yeux, serait de procéder à un recensement des candidats à l’émigration disparus en mer. “Il faudrait contacter les familles, écouter leurs témoignages et recueillir les photos de chaque harraga”, plaide-t-il.
Mais le problème se complique en Algérie en raison du terrorisme. Les jeunes portés disparus sont toujours soupçonnés d’être montés au maquis grossir les rangs des islamistes armés. Aussi, les autorités algériennes ne sont-elles guère empressées de mener des recherches, même si elles se disent conscientes de la gravité du problème des harragas.
L’autre urgence serait plutôt du ressort des pays européens. “On devrait pratiquer des tests ADN sur les corps rejetés par la mer. C’est bien souvent la seule façon de pouvoir identifier les cadavres rendus méconnaissables par des semaines ou des mois dans l’eau”, souligne Kamel Belabed.
Chaque fois qu’il apprend qu’en Espagne ou en Italie on a incinéré des corps d’inconnus retrouvés sur une plage sans pratiquer des tests ADN, Kamel Belabed se dit avec amertume : “Voilà encore des familles qui ne pourront jamais faire leur deuil.” Il se désespère qu’on parle tous les jours, dans ces conditions, de coopération méditerranéenne. Son voeu le plus cher ? “Qu’on commence par donner un visage humain à cette Union pour la Méditerranée dont on nous parle tant !”
Florence Beaugé
Article paru dans l’édition du 17.05.08
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2 Commentaires
Comme toujours, depuis des années, inlassablement, malgré tout ce qu’il a enduré, tout ce que le régime, sale et haïssable, lui a fait subir, notre frère Salah Eddine est sur tous les fronts. Il est vigilant, il est présent , et il se manifeste dans tous les champs de bataille. Quel homme ! Et quelle dignité !
Mon seul souhait est que l’Algérie, toute l’Algérie, le découvre. Qu’elle sache ce que cet homme fait pour son pays, pour son peuple, et pour notre dignité à tous.
Je suis heureux et fier d’avoir eu la chance de le connaitre, et d’engager le combat à ses côtés. Comme je voudrais que tous mes compatriotes le découvrent, pour ceux d’entre eux, et ils sont malheureusement la majorité, qui ne le connaissent pas, et qui ne savent rien de son combat pour la liberté et la dignité de tous les algériens et de toutes les Algériennes.
Le Forum qu’il anime, et que j’ai eu l’honneur insigne d’abriter à Tahia bladi, est une terre d’Algérieoù se retrouvent nos compatriotes qui aiment leur pays et qui refusent l’effroyable sort qui est fait à notre patrie. Ils sont de tous les ancrages politiques. Mais ils s’y parlent et s’y côtoient. Allez y et exprimez vous y ! Vous y rencontrerez la vraie Algérie, celle des hommes et des femmes libres, celle de l’Algérie fière, celle de l’Algérie intelligente et généreuse. Vous y rencontrerez Djoher, Brahim et Brahim Younessi, Simozrag et Leila, et tant d’autres de nos compatriotes qui vous restitueront un espoir que nous avions cru perdu.
Merci mon cher frère Salah Eddine de nous faire l’honneur de ta présence. Aucune intervention dans ce modeste site, serait elle celle de la personnalité la plus prestigieuse au monde, ne m’aurait rendu plus heureux que la tienne. Tu sais que je suis sincère et que j’exprime ce que je pense. Dieu veuille que tu sois récompensé à la mesure de ton amour pour l’Algérie. Dieu veuille que tu puisse assister un jour prochain, au recouvrement de notre dignité et de notre liberté. Dieu veuille que nos frères, comme Maitre Ahmed Simozrag, qui endurent les affres de l’exil, puissent revenir dans leur chère patrie, honorés et loués pour leur droiture.
Ton frère, Djamaledine.
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30 nov 2008 13:31 - 6 Commentaires
“Methodes” et coups tordus des services algériens.
Nous avons reçu cette lettre d’une personnne, dont nous nous sommes assurés de l’identité, mais qui veut garder l’anonymat. Elle éclaire, d’un jour nouveau, pour ceux qui ne connaissent pas les méthodes du DRS, la façon avec laquelle les services secrets algériens “expédient” les “Affaires”.
Lettre à la Rédaction
Barcelone, 30 Novembre 2008
Depuis un certain temps, je lis sur vos colonnes tout ce qui a trait à l’affaire Mecili.
Le Gouvernement algérien gagnerait beaucoup en crédibilité s’il se décide à mettre la lumière une fois pour toutes sur cet assassinat d’un homme politique appartenant au Front des Forces Socialistes (FFS) à l’époque des faits.
La version qu’il s’agit là d’un coup tordu des services secrets algériens de l’époque, censés de protéger l’Etat et non de poursuivre les citoyens, est elle vraiment dénuée de toute crédibilité?
Je vous livre ici certains faits qui se sont produit dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie, à cette même époque, et qui pourraient jeter quelque lumière sur ces zones d’ombre. Sur les méthodes des services algériens. Lire la suite …
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1 déc 2008 17:23 - 1 Commentaire
Nouveaux développements dans l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni : Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins
Par Noureddine Khelassi, La Tribune, 1 er décembre 2008
L’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni serait enfin entrée dans le vif du sujet avec la convocation comme témoins des anciens officiers du DRS algérien, le colonel Mohamed Samraoui et le capitaine Hichem Abboud. Les deux hommes, selon des
sources concordantes, ont été convoqués par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier d’enquête, avec obligation de se présenter devant lui à la mi-décembre. En cas d’absence, le magistrat aurait recours à des mandats d’amener à l’encontre de ces deux témoins qui résident respectivement en Allemagne et en France.
Cette information est notamment confirmée par Hichem Abboud sur son site Internet «Agirpourlalgérie.com». Sans citer son propre nom et celui de son ancien compagnon d’armes, l’ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, devenue DRS en 1990, indique que les deux témoins précités ont été effectivement convoqués, se félicitant, du coup, de participer lui-même à la manifestation de la vérité. Le rétablissement des faits consisterait alors à établir la véritable identité de Mohamed Ziane Hasseni, victime dans l’affaire d’une homonymie partielle qui lui a valu mise en examen, assignation à résidence et mise sous contrôle judiciaire. Lire la suite …
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1 déc 2008 18:09 - 0 Commentaire
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Vidéo de D.Benchenouf
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Après la violence politique qui continue à recruter dans les rangs de notre jeunesse qui se considère étrangère dans son propre pays, le phénomène des “harragas” constitue un second facteur d’autodestruction de cette frange de notre société. Une véritable nouvelle tragédie algérienne, passée pratiquement sous silence par le pouvoir illégitime, responsable en très grande partie de ce suicide de nos enfants. On comprendrait facilement l’immigration clandestine de la jeunesse de l’Afrique subsaharienne, vu l’état de pauvreté de leurs pays, mais jamais celle de nos enfants dont le pays regorge de richesses incommensurables. Des richesses dont ne profite pas hélas son peuple, écrasé par la hogra et l’injustice.
Nos “élites” ont-elles pris la peine de se pencher sur cette dramatique question, d’analyser ce phénomène d’autodestruction de notre jeunesse et de tirer la sonnette d’alarme? De véritables “boat people” s’organisent pour quitter le pays. Ce sont des dizaines de milliers de jeunes qui avaient rejoint hier les maquis pour se faire massacrer, des milliers qui se jettent aujourd’hui à la mer pour fuir la hogra et la malvie. Combien de nos jeunes errent illégalement à l’étranger et combien sont ceux qui croupissent dans les prisons maghrébines, européennes et américaines? Pour ceux qui n’ont pas la “chance” de fuir le pays, c’est le maquis, la délinquance, la drogue et la prostitution qui les accueilleront. Triste sort pour une jeunesse qui méritait mieux et qui n’aspirait qu’à la paix, le respect et à un minimum de justice sociale.
Quelles sont les raisons objectives qui les ont poussés à ces actions désespérées?
Beaucoup de questions et peu de réponses !