ZOOM - Ecrit par admin le Dimanche 20 avril 2008 14:18 - 3 Commentaires
Rumeurs et machination

Tous les quartiers populaires du pays bruissent d’une rumeur qui se propage comme une traînée de poudre, qui enfle et grossit, celle d’une explosion sociale imminente. C’est le sujet de discussion et d’inquiétude de tout le monde. Les uns, jeunes désœuvrés qui se comptent par millions et qui veulent en découdre. Les autres, plus chanceux, parce qu’ils ont un petit boulot, un petit commerce et une vie relativement normale, craignent d’être plongés dans l’incertitude. Mais l’abominable situation que vit la société algérienne ne peut plus durer. Elle est arrivée à un point de rupture. Pour une majorité de la population, la révolte est, de toute façon, le seul exutoire, la seule échappatoire pour ces millions de jeunes qui ne savent plus quoi faire de leur vie, dont on a rogné les ailes et dont la seule et dernière espérance est de quitter leur pays.
Le régime le sait bien, qui a précipité le pays tout entier dans le désastre. Les façades en trompe l’œil d’une oligarchie mafieuse ne font plus illusion. Le roi est nu ! La meute qui dévore la chair vive de la nation, animée par une frénésie boulimique, ne se cache plus pour piller les ressources de la nation. Elle se rue sur la bête, sans plus de retenue, dans une mêlée de chiens, flancs palpitants d’avidité, yeux injectés de sang, gueule baveuse, et longs râles de voracité qui s’exprime. Ils dépècent, étripent et déchirent à pleines dents, se bousculent, se prennent à la gorge, et coulent des regards biaisés pour s’assurer qu’ils ne seront pas dérangés dans leur tragique curée.
La forfaiture et le pillage ne se cachent plus. Ils prospèrent en pleine lumière.
Les récentes affaires Khalifa et BRC, qui ont impliqué les plus hautes personnalités du régime, où il a été question de détournement de milliards de dollars, de haute trahison, et dont les vrais auteurs ont été délibérément, outrancièrement et ouvertement soustraits à la Justice, avec la complicité et la soumission honteuse des magistrats, et qui ne sont pourtant que la partie émergée de l’iceberg, sont significatives de la pourriture qui a gangrené tout le système politique algérien, dans toute ses institutions, jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat, surtout aux plus hauts sommets de l’Etat.
Avant la flambée des prix des hydrocarbures, la « rente » était gérée avec une relative parcimonie. Le système de pillage, organisé en cercles concentriques, distribuait les parts en commençant par le noyau, par le centre du pouvoir, par les généraux janvièristes et leurs clientèles. Le plus gros du butin y était capté, puis le reste se diffusait aux cercles suivants, allant en diminuant, en même temps que les cercles s’éloignaient du noyau, en une savante parcellisation des privilèges, un système quasi hydraulique d’arrosage, de la source aux rus.
Avec l’engrangement des montagnes d’argent tombé du ciel depuis que les prix du pétrole ont dépassé de très loin les estimations les plus optimistes, la meute de « jeunes loups » s’est considérablement agrandie. Tous veulent maintenant leur part. Tous hurlent et menacent. Ce formidable trésor les a rendus fous, les barons du régime ne parviennent plus à les endiguer. Les prédateurs des cercles secondaires sont devenus des rivaux. Ils veulent tous leur part de la proie. Tous veulent accéder au premier cercle, tous montrent leurs crocs aux vieux mâles qui avaient réussi jusque là à les tenir en respect. C’est, dès lors, la curée dans toute sa sauvage réalité.
Les cloisonnements entre les différents cercles ont été rompus. Les consensus ont volé en éclats. Des forces ont été bouleversées, voire culbutées, des alliances se défont, d’autres se font jour, des clans se forment au sein des clans, des parties étrangères, qui n’avaient jusque là que peu de consistance dans les équilibres des forces, se sont incrustées au cœur de la décision politique.
Certains observateurs ont cru déceler dans ce charivari l’influence d’un maître du jeu. Le président Bouteflika en l’occurrence, que certains créditaient de l’intention de procéder à une recomposition du champ politique. Cela n’est plus le cas si tant est que Bouteflika a vraiment réussi, à un moment ou à un autre, à maîtriser La partition. Bouteflika, qui avait réussi, mieux et plus que ses prédécesseurs, à fédérer autour de lui des décideurs militaires, des relais de la société civile et une relative adhésion populaire, s’est finalement pris au jeu trouble de la politique politicienne. A force de vouloir maîtriser le jeu de l’adversaire, il a fini par s’y enfermer. Il n’est plus désormais, si tant est qu’il l’a été un jour, un décideur qui compte. Il est coincé dans le système, et il en est devenu un élément. Un élément interchangeable. Lorsqu’il l’a compris, et qu’il a décidé de se passer du diktat de la junte, pour aller chercher par lui-même, une bénédiction populaire pour une « wahda Thalitha », il a été brutalement rappelé à l’ordre et sommé de ne plus faire sa propre campagne. Il s’est incliné.
La récente résurrection à ses côtés de Ahmed Ouyahia, propulsé du jour au lendemain aux premières loges de la représentation de l’Algérie à l’étranger, alors qu’il est censé être un chef de parti comme les autres, montre bien que Bouteflika s’est soumis aux directives de la junte, et que Ouyahia, tombé depuis des mois en disgrâce auprès de ses mentors du DRS, a été réadmis dans l’écurie de ce dernier. Il sera probablement le vice président annoncé. Il y a donc eu un ultime consensus au « sommet ». Bouteflika ne devrait pourtant pas se sentir très rassuré, avec un remplaçant potentiel et au pied levé comme Ouyahia, s’il repart pour le troisième mandat annoncé, ou pour une « troisième mi-temps » de son actuel mandat, qu’on parle de prolonger de deux ans. Mais le fait est que Bouteflika n’a qu’une très mince marge de manœuvre. Mince et aléatoire, parce que rien ne dit que l’explosion populaire imminente, dont tout le monde parle, ne précipite les évènements. Certains « faucons » du régime, ou plutôt certains chapons qui se prennent pour des aigles, distillent dans leur entourage que plutôt d’attendre que la population n’entre dans une violente contestation, qu’ils ne pourraient plus maîtriser, et qui pourrait voir l’émergence de forces sociales capables de la fédérer et de l’organiser, il serait plus opportun qu’ils l’initient eux-mêmes, cette explosion annoncée, qu’ils la canalisent et qu’ils la manipulent. Un autre 05 octobre, mais mieux contrôlé, planifié dans ses moindres effets. Ils sont devenus des spécialistes de la manipulation des masses. Ils ont appris sur le tas. Sur un tas de cadavres.
Quoi de plus opportun, en effet, pour ces maîtres es subversion, que de se servir de l’inéluctable explosion, plutôt que de la subir, d’attiser la rancœur d’une jeunesse désabusée, d’une société désorientée par la misère et l’oppression, pour fomenter des émeutes très violentes, d’en faire des jacqueries, de les canaliser vers la destruction du mobilier urbain, et surtout des biens des particuliers, de les faire dégénérer en actes de sauvagerie, de pillage, de viol et de dévastation, pour agiter l’épouvantail du chaos et de l’incertitude. Un très bon antidote contre le mécontentement, pour les agneaux que nous sommes à leurs yeux, qui craignent pour leurs pitoyables biens, pour leur progéniture, pour leur sécurité. Quoi de mieux pour s’imposer à nous comme des sauveurs, encore une fois, de nous faire regretter amèrement le temps béni de l’ordre établi, encore une fois, de nous obliger à implorer le retour de la « puissance publique, de la supplier de mettre fin à l’horrible incertitude, encore une fois. C’est alors qu’ils joueront sur du velours, en envoyant la troupe, constituée de nos propres enfants, tirer sur les émeutiers, constitués de nos propres enfants. Comme en octobre 88. Comme après l’interruption du processus électoral en 1992 ; Comme durant les années de sang, lorsqu’ils envoyaient leurs barbus égorger les populations suspectées de sympathies islamistes.
Les leurs, leurs rejetons à eux, comme durant la fronde d’octobre 88, iront ou resteront dans leurs résidences dorées de Paris et d’ailleurs. Ils seront le centre d’intérêt de leurs amis de là- bas qui les écouteront raconter comment papa a maté les sauvages.
Dans un tel schéma, Le sort du président Bouteflika sera scellé. La meute décidera de son sort selon que sa présence à la tête de l’Etat, d’un Etat de façade, leur sera plus ou moins, propice. A ce moment, ils auront sous la main celui qui a toujours devancé leurs moindres désirs, leur fils prodige, celui qui avait sorti du chapeau le plus grand parti du pays, celui qui est dévoré par l’ambition de devenir le Chef de l’Etat.
Et dans l’Histoire du beau pays qui s’appelait l’Algérie, on dira d’Ahmed Ouyahia qu’il en a été le dernier Président. Juste après Bouteflika.
D.Benchenouf
Article vu 411 fois | Mettez une note à cet article !
3 Commentaires
Mohand Tahar
das2510
je vous invites a regarder pour voir les choses dans le bon sens comme disait ARISTOTE : je peux changer le monde , il suffit de le voir comme je veux . (aristote) . vous suggerez qu’il y aura une implosion sociale alors que moi qui est citoyen algerien je ne vois rien de tous ça , est ce que ce n’est pas parceque on veux justement ce marasme que vous le suggerez venir ? ou bien c’est le pessimisme qui range votre esprit et vous empeche d’avancer , si ce n’est pour d’autre fins ,mais c’est quoi au juste ?
beaucoup de commentauires suite à ton billet, je ne ssuis pas seul à vouloirr éagir ! ![]()
Répondre
Sujets les plus populaires
- NON A UN TROISIEME MANDAT !
- REPONSE A M. REHABI
- Perspectives de changement politique en Algérie
- Petit compte-rendu sur le colloque de Genève.
- Chadli Bendjedid sort de sa réserve : « Je projetais un régime parlementaire »
- Panique à bord : Le Général Belkheir fuit la France de peur d'être rattrapé par l'Affaire Mecili
- Communiqué de Ali Benhadj : L’article 74 ne peut être révisé que par un référendum populaire
- Algérie: Faut-il changer de peuple ou de dirigeants?
- Algérie: La colère et le devoir de résistance!
- Bouteflika se fait couronner président à vie de l'Algérie
- Algérie: Et si Zeroual....
- L’espoir confisqué…
- APPEL URGENT
- Ce que je pense: L’espoir confisqué…
- Coup d’Etat Electoral cherche Candidat courageux
- Ce que je pense: L’espoir confisqué…
- Faut-il boycotter les élections présidentielles?
- Chadli tacle Bouteflika…
- Bouteflika sera le candidat de l’alliance présidentielle au prochain scrutin : L’abstention : la grande obsession du FLN, du RND et du MSP
- Nouveaux développements dans l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni : Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins
- Ce que je pense: L’espoir confisqué…
- L’Algérie, le chaos en embuscade
- salam a tous,
ali belhadj est le seul homme en algerie qui fait face a la daf...
- une seul question ,l'apres Boutef ça sera le changement avec lui ou sans lui...
- Algérie : Pour le boycott des "elections" et le départ de Bouteflika.
En s'au...
- Merci pour cette initiative, qui est le début de la construction d'un vaste mouv...
- bravo a ali benhadj . il dit tout haut ce que les opportunistes (soltani , saadi...
- Monsieur le Président , ce que j'admire en vous , c'est que vous avez le courage...
- Mr Benchnouf,
Il est important de garder son sang froid .Je sais que cet ignobl...
- Monsieur Yazid Hadar vous posez la question suivante : L’ENTV sert-elle à nous d...
Acheter ce livre
Actuel *
30 nov 2008 13:31 - 6 Commentaires
“Methodes” et coups tordus des services algériens.
Nous avons reçu cette lettre d’une personnne, dont nous nous sommes assurés de l’identité, mais qui veut garder l’anonymat. Elle éclaire, d’un jour nouveau, pour ceux qui ne connaissent pas les méthodes du DRS, la façon avec laquelle les services secrets algériens “expédient” les “Affaires”.
Lettre à la Rédaction
Barcelone, 30 Novembre 2008
Depuis un certain temps, je lis sur vos colonnes tout ce qui a trait à l’affaire Mecili.
Le Gouvernement algérien gagnerait beaucoup en crédibilité s’il se décide à mettre la lumière une fois pour toutes sur cet assassinat d’un homme politique appartenant au Front des Forces Socialistes (FFS) à l’époque des faits.
La version qu’il s’agit là d’un coup tordu des services secrets algériens de l’époque, censés de protéger l’Etat et non de poursuivre les citoyens, est elle vraiment dénuée de toute crédibilité?
Je vous livre ici certains faits qui se sont produit dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie, à cette même époque, et qui pourraient jeter quelque lumière sur ces zones d’ombre. Sur les méthodes des services algériens. Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel *
- Algérie: La colère et le devoir de résistance!
- Algérie: La censure sur Internet et sur les chaînes TV par satellites prête à l’emploi.
- Communiqué de Ali Benhadj : L’article 74 ne peut être révisé que par un référendum populaire
Actuel **
1 déc 2008 17:23 - 1 Commentaire
Nouveaux développements dans l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni : Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins
Par Noureddine Khelassi, La Tribune, 1 er décembre 2008
L’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni serait enfin entrée dans le vif du sujet avec la convocation comme témoins des anciens officiers du DRS algérien, le colonel Mohamed Samraoui et le capitaine Hichem Abboud. Les deux hommes, selon des
sources concordantes, ont été convoqués par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier d’enquête, avec obligation de se présenter devant lui à la mi-décembre. En cas d’absence, le magistrat aurait recours à des mandats d’amener à l’encontre de ces deux témoins qui résident respectivement en Allemagne et en France.
Cette information est notamment confirmée par Hichem Abboud sur son site Internet «Agirpourlalgérie.com». Sans citer son propre nom et celui de son ancien compagnon d’armes, l’ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, devenue DRS en 1990, indique que les deux témoins précités ont été effectivement convoqués, se félicitant, du coup, de participer lui-même à la manifestation de la vérité. Le rétablissement des faits consisterait alors à établir la véritable identité de Mohamed Ziane Hasseni, victime dans l’affaire d’une homonymie partielle qui lui a valu mise en examen, assignation à résidence et mise sous contrôle judiciaire. Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel **
- Chadli Bendjedid sort de sa réserve : « Je projetais un régime parlementaire »
- Affaire Ali André Mecili : Mohamed Ziane Hasseni lâché par Alger ?
- Ahmed Benbitour. Ancien chef de gouvernement de Bouteflika:« J’ai démissionné parce que j’ai vu l’Etat dériver et le pays avec »
Actuel ***
1 déc 2008 18:09 - 1 Commentaire
Faut-il boycotter les élections présidentielles?
Vidéo de D.Benchenouf
Enregistrement de la Conférence publique-Colloque de Genève sur les perspectives du changement en Algérie.
Une réponse de D.Benchenouf à une personne présente dans la salle, lors de la conférence qui avait suivi le Colloque sur les perspectives de changement en Algérie, qui s’est tenue à Genève. La question posée était: “Pensez vous que la politique de la chaise vide soit opportune?”
D.Benchenouf a bien précisé que sa réponse procédait Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel ***
- Algérie : Le temps des grandes manœuvres
- Sans opposition, Bouteflika triomphe
- La dernière sortie de Bouteflika:Lu dans le quotidien argentin “Pagina 12″, à propos de la visite de la présidente Cristina Kirchner à Alger :

(3 votes, moyenne: 4.67 sur 5)

Effectivement l’explosion est vraiment imminente car le peuple n’en peut plus et decouvre enfin la face caché monstrueuse du régime et de ces DECIDEURS de la junte militaire qui gere la société comme une caserne, et decouvre aussi que le terrorisme est juste une manipulation pour éloigner toute démocratisation de la société et dominer ainsi la population pour asseoir pour toujours leurs pouvoirs et découvre surtout la caserne de Ali Baba et ces 11 voleurs avec des milliards du contribuable qui sont géré dont l’opacité absolue et découvre cet assoiffé du pouvoir en l’occurence bouteflika qui même mourant espére encore d’autres mandats et decouvre que les services des sécurité tous corps confondus n’assure pas la sécurité du citoyen mais juste leur propres sécurités et les intéréts du régime de la haine , il decouvre aussi la manipulation des masses comme vous le dite MONSIEUR BENCHENOUF pour crever l’abcés mais malheureusement cette fois ce n’est plus de l’abcés mais d’un cancer soit on va vivre dans la démocratie soit la mort car le mal est trés profond que le régime ne mesure pas dans sa juste mesure .