Actuel *** - Ecrit par admin le Dimanche 17 août 2008 12:32 - 21 Commentaires

Ils ont appris aux Algériens à détester leur pays


Saâd Lounès

La déconstruction de l’identité algérienne vient de trouver son explication historique et ses véritables concepteurs. La déliquescence de l’Etat, l’immobilisme politique, la désintégration sociale, la déculturation chronique, la tentation de l’exil et de la harga, la haine de son propre pays ne sont pas le fruit d’une malédiction ni d’une tare collective.

C’est le résultat d’un double processus prémédité, une conjugaison de deux forces qui ont remplacé le pouvoir colonial dès la fin de la guerre de libération en 1962… et qui gouvernent encore en 2008.

D’une part, Abdelhafidh Boussouf avait prémédité la création d’une «Armée de l’ombre» dont la première promotion Larbi Ben M’Hidi formée à Oujda était composée exclusivement de «recrues marocaines» (1). Ils se disent «Algériens de longue date», mais ils sont nés et ont vécu au Maroc. Leur histoire n’a jamais été écrite et on ne sait toujours rien de leur parcours personnel, familial et militant, 50 ans après leur entrée dans les rangs du MALG et de l’ALN. Ils n’ont «découvert» le sol algérien qu’après l’indépendance. Par simplification sémantique et en vertu du «droit universel du sol», nous les nommerons sans nuance les «Marocains de la SM». Ils étaient si nombreux que, selon un témoignage du journaliste Paul Balta, «Houari Boumediene, qui était guidé par un souci permanent de préserver l’unité nationale, avait interdit que les notices biographiques officielles des responsables comportent leur lieu de naissance.»

D’autre part, le général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1958 à la faveur du putsh d’Alger, avait prémédité, à la façon d’un grand stratège militaire, l’indépendance qu’il voulait négocier par «la paix des braves». «Nous avons laissé 140.000 harkis infiltrés dans les rangs de l’ALN», selon ses propos rapportés par son fils dans son livre «Mon père De Gaulle». Ceux qu’on nomme les DAF «déserteurs de l’armée française», ont rejoint les rangs de l’ALN vers la fin de la guerre, essentiellement dans l’armée des frontières, avec des grades subalternes, mais formeront plus tard le «clan des généraux».

La déconstruction du FLN par Boumediene

C’est la conjugaison de ces deux «forces frontalières», l’une occulte, l’autre organisée, formée et disciplinée en uniformes placées sous l’autorité de l’Etat Major Général (EMG) et du «clan d’Oujda» dirigés par le colonel Houari Boumediene, qui a achevé la dislocation de la direction historique du FLN, entamée par les colons et… par Boussouf avec l’assassinat de Abane Ramdane.

Le FLN créé en 1954 était le fruit d’un long combat contre la «nuit coloniale», porté par plusieurs générations depuis 1830 et le soulèvement de l’Emir Abdelkader. L’Etoile Nord-Africaine de Messali Hadj, PPA, MTLD, UDMA,… ont formé le mouvement et la conscience politique nationale qui ont abouti au 1er Novembre 1954. Tous les leaders de la Révolution Algérienne ont été ensuite laminés par la machine de guerre coloniale… et achevés par la machine de guerre de l’armée des frontières et de la sécurité militaire. Les héros de la Révolution ont été victimes de la devise : «Dieu ! Préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge.»

Les «fellagas authentiques» des maquis algériens avaient pourtant mis à genoux la France coloniale au point de désintégrer son régime politique. Après avoir liquidé les indépendances indochinoise, marocaine et tunisienne, la IVe République s’apprêtait à en terminer avec la guerre d’Algérie. Une répression féroce, dirigée par le général Massu, s’est abattue sur les chefs du FLN. Mais le coup d’Etat du 13 mai 1958 provoque le renversement du régime, le retour au pouvoir du général De Gaulle et l’adoption d’une nouvelle Constitution le 28 septembre 1958, qui consacre l’avènement de la Ve République.

Sans sa légitimité historique, militaire et populaire, De Gaulle lui-même et son régime ont failli être renversé par le putsch d’avril 1961 du «quarteron des généraux» dirigé par le Général Raoul Salan qui devint chef de l’OAS, avant d’être arrêté, condamné à perpétuité, puis gracié en 1968.

Le processus de construction politique national d’un Etat démocratique porté par Ferhat Abbès, Benyoucef BenKhedda, Mohamed Boudiaf, Hocine Ait-Ahmed, Mohamed Khider, Krim Belkacem, etc. a été brutalement stoppé par la «dictature militaire» de Boumediene qui s’est appuyé sur les «Marocains de la SM» et les DAF pour asseoir son pouvoir personnel et autoritaire sur l’embryon d’Etat algérien. Il n’a laissé que deux choix aux vrais maquisards et militants de la première heure : «se soumettre ou se démettre». C’est ce qui explique que beaucoup sont rentrés dans le rang, alors que d’autres se sont exilés ou ont été emprisonnés ou exécutés. Pour éluder les questionnements de la population sur cette terrible répression qui s’abattait sur les dirigeants de la Révolution, l’intox des «Marocains de la SM» avait diffué la rumeur que ces gens là avaient volé le «trésor de guerre du FLN» sans autre explication.

Boumediene avait réussi à concentrer entre ses mains tous les pouvoirs et légiférait par ordonnance. Il était président du Conseil de la Révolution, chef de l’Etat, chef du gouvernement, ministre de la Défense, chef d’état-major et chef de la Sécurité militaire. Il était en outre partisan de l’organisation monopolistique du parti-Etat, de l’idéologie socialiste importée, et d’une mégalomanie du genre «le peuple c’est moi». L’enfance paysanne de Boumediène a profondément influencé son mode de gouvernance. Il avait une «conception très paysanne» de l’appropriation des responsabilités, comme si c’étaient des parcelles de terre, d’où cette absence totale de séparation des pouvoirs qu’il a instaurée, et que les Algériens subissent encore aujourd’hui. Il était plongé dans une mystique de volontarisme et de déterminisme politique telle qu’il interdisait même à l’Histoire de contredire ses choix qu’il décrétait «irréversibles» comme le socialisme ou la révolution agraire. Il «cassait les marches arrières» comme disent les Oranais.

Marqué par les massacres du 8 mai 1945, alors qu’il était un adolescent de 13 ans, il découvrit la dure réalité coloniale qu’il combattra toute sa vie. Il communiquera cette farouche combativité à toute une génération d’adolescents dont il deviendra l’idole et le modèle.

Durant le règne du «géant» Boumediene, on ne pouvait s’intéresser à l’itinéraire des «fourmis» qui l’entouraient, et dont on ne soupçonnait même pas l’existence, notamment les «Marocains de la SM» et les DAF, dont l’identité réelle était totalement inconnue du peuple non initié à la réalité du pouvoir. C’est ainsi que s’est construit ce fameux mythe de la SM, que les Algériens nommaient ironiquement «sport et musique» et qu’on a fini par voir «caché derrière chaque Algérien». Par ailleurs, tous les Algériens qui faisaient leur service national durant deux ans étaient durement «dressés à l’obéissance» par les DAF et à avoir peur de l’armée, ce qui les marquera à vie. De nombreux jeunes, citadins et ruraux, en ont gardé un profond traumatisme.

En lui succédant après sa mort en 1978, Chadli Bendjedid tenta de «déboumediéniser» le pouvoir en restructurant les services secrets et en se débarrassant des «Marocains de la SM». Il écarta Bouteflika, Merbah, Zerhouni, Tounsi, etc. Il radia aussi de nombreux DAF des rangs de l’ANP. Mais depuis sa destitution en janvier 92, les deux clans sont revenus en force et ont porté le Marocain Bouteflika au pouvoir en 1999, après une première tentative avortée en 1994.

Les désastres diplomatiques de Bouteflika

Tout a déjà été dit dans le livre «Bouteflika, une imposture algérienne» écrit par le journaliste Mohamed Benchicou (2). Il y décrit «le faux civil, le faux maquisard, le faux diplomate, le faux opposant». Mais Benchicou a été dupé par ses informateurs qui ne lui ont pas tout dit sur l’imposture généralisée de tous les Marocains introduits dans tous les rouages de l’Etat. Il a vu subitement s’abattre sur lui les foudres des Marocains Zerhouni, Ould Kablia, Tounsi, etc. et de leur servile agent Ouyahia, qui l’ont jeté en prison pour deux ans et dépossédé de son journal et de ses biens. Même les DAF janviéristes, qu’il a ardemment soutenu, n’ont pas levé le petit doigt pour le sauver, scellés qu’ils sont par le pacte de silence et de complicité qu’ils ont signé avec les Marocains du MALG.

Comme l’a si bien dit le diplomate Lakhdar Brahimi, «C’est la Révolution algérienne qui a porté les diplomates algériens, ce ne sont pas les diplomates algériens qui ont porté la Révolution algérienne». Bouteflika, qui a construit son mythe sur les succès diplomatiques de Boumediene et de la Révolution algérienne, vient encore de prouver sa totale imposture historique. Il a refusé de recevoir l’envoyé spécial des putschistes mauritaniens et l’a fait savoir. C’est une première dans les annales des relations avec nos voisins que l’Algérie ne va pas tarder à payer par un rapprochement maroco-mauritanien. Avant cela, il donna une image désastreuse de la diplomatie algérienne quand il laissa Sarkozy s’improviser en porte-parole pour annoncer sa participation au sommet de l’UPM.

Depuis son installation à la tête de l’Etat, en avril 1999, l’Algérie n’a pas cessé de collectionner les échecs diplomatiques. En total déphasage avec la réalité du monde d’aujourd’hui, Bouteflika, ses “hommes d’Etat”, ses conseillers et ambassadeurs “chevronnés”, septuagénaires et octogénaires commettent des erreurs, des catastrophes, des désastres.

Manque de réalisme, improvisation, valse-hésitation, navigation à vue, attentisme,… Sur tous les dossiers stratégiques qu’il devait gérer, l’Oujdi Bouteflika, «ses ministres et ses diplomates marocains» ont eu tout faux et porté un très grave préjudice à la crédibilité de l’Algérie sur la scène internationale. OMC, UPM, Accord d’Association avec l’UE, Politique Européenne de Voisinage, Sahara Occidental, Médiation avec la Rébellion Touarègue, Traité d’Amitié et Repentance avec la France, Ligue Arabe, NEPAD, etc. sont autant d’échecs consommés. Avec une diplomatie à la dérive qui a perdu toute capacité d’initiative, d’action et de leadership qu’elle avait jadis, notre pays a plongé dans l’isolement et l’anonymat qui caractérisent un petit pays sans envergure, ni ambitions. Les puissances ne se rappellent de l’Algérie que pour son gaz.

La corruption institutionnelle et insurrectionnelle

Le colonel Ahmed Bencherif, ex-commandant de la Gendarmerie sous Boumediene avait dit : «La première corruption est venue de ceux qui ont monnayé leur attestation de moudjahid et des 10.000 Algériens qui travaillaient dans l’administration marocaine et qui étaient rentrés au pays en 1962.» On les appelait au Maroc «2ème franciss», français de deuxième collège, ou «Wasti», interprètes et intermédiaires entre les indigènes marocains et l’armée française. Leur retour et leur insertion ont été favorisés et encouragés par les Marocains de la SM.

Il serait très opportun de relire le procès de l’affaire Khalifa avec cette nouvelle révélation des Marocains du MALG et de la SM. Le père de Rafic, Laroussi Khalifa était l’adjoint de Boussouf et le directeur du 1er stage des «recrues marocaines» du MALG. Devenus dirigeants du pays, ils ont manifesté leur reconnaissance à son fils, en l’aidant à monter son groupe et à dilapider les deniers publics tout en se servant au passage. On peut affirmer aujourd’hui que Bouteflika était le réel «parrain ordonnateur» de cette «gabegie nationale» du groupe Khalifa qui a commencé en 1999, et dont son propre frère Abdelghani était l’avocat.

Cette nouvelle mystification de l’affaire Khalifa n’est que l’aboutissement scandaleux des réseaux de cooptation et de corruption institutionnelle que les «Marocains du MALG» ont instauré depuis l’indépendance. Ils se sont accaparés des nominations de tout ce qu’on appelle les «postes à mangeoire», en écartant les indésirables par leurs fameuses «enquêtes d’habilitation».

Les «familles du pouvoir» se sont réservées les postes diplomatiques auxquels les Algériens de l’intérieur ne pouvaient avoir accès qu’au prix d’une recherche éperdue de pistons et de recommandations, jusqu’à en perdre leur dignité et leur décence. Tous les concours d’accès n’étaient que des mascarades pour cacher les réels critères de sélection claniques.

Il en est de même pour les entreprises qui offraient des perspectives de voyages ou de nominations à l’étranger (Sonatrach, Air Algérie, CNAN, APS, etc.). L’accès à l’encadrement dans ces sociétés était quasiment interdit aux fils du peuple. Même le sport n’a pas échappé à leur gourmandise. Plusieurs «Marocains du MALG» se sont retrouvés présidents de fédérations sportives et de clubs… simplement pour voyager à l’œil. D’autres se sont carrément créés des «tirelires personnelles», qui servaient accessoirement d’officines de la SM, comme l’ex-adjoint de Boussouf, Lakhdar Bentobbal qui présida l’Union Arabe du Fer et de l’Acier à Cheraga, que dirigeait un certain Mohamed Laid Lachgar.

On se rappelle tous de ces étudiants en fin de cycle, qui se questionnaient les uns les autres sur leurs connaissances mutuelles et les possibilités d’intervention pour obtenir des bourses à l’étranger ou intégrer tel ou tel secteur d’activité juteux. Le mérite et l’intelligence étaient secondaires, il fallait être introduit et coopté systématiquement.

Quitter le pays pour étudier ou travailler «à l’étranger» était devenu un sport national, une compétition ouverte à tous les reniements nationaux, régionaux et toutes les dérives familiales et personnelles.

C’est de cette haine cumulée des réseaux de corruption et de cooptation que sont nés la corruption insurrectionnelle et les secteurs informels tacitement admis par les citoyens exclus des bienfaits de la cooptation, et qui sont devenus aujourd’hui ingérables par l’administration et la justice. (3)

Le déracinement des cadres algériens

Les «Algériens du Maroc», 2ème franciss, qui ont découvert l’Algérie après l’indépendance pour s’accaparer des pouvoirs sécuritaire, militaire, administratif et judiciaire, ont vécu le syndrome des «déracinés». Ils ont donc fait du déracinement des cadres algériens un «principe de gouvernance» et ont «trouvé normal» de leur imposer des affectations systématiques, contre leur gré, hors de leurs wilayas et leurs régions d’origine. Ils ont camouflé et justifié ce déracinement «au nom de l’unité nationale».

C’est ainsi que des directeurs de la culture, du tourisme, de la jeunesse, des domaines, de l’habitat, du social, etc. se sont retrouvés affectés d’office, avec leurs familles, dans des wilayas et des régions dont ils ne connaissaient rien. Ni la langue dans les zones berbérophones, ni les traditions, coutumes, histoires, géographie, territoires, tribus, familles, etc. Ils n’ont donc jamais pu gérer correctement des problèmes et des citoyens dont ils ne comprenaient rien. Le temps qu’ils apprennent quelques bribes superficielles de la culture locale, ils sont déjà affectés ailleurs, et le cycle s’est reproduit indéfiniment depuis l’indépendance. Le déracinement des cadres de l’administration a été érigé en principe national d’autodestruction des tissus économiques, sociaux, culturels, touristiques, sportifs, etc. En outre, ils se sont arrangés pour «faire venir leurs cousins et leurs copains» et leur offrir des postes subalternes ou des terrains, locaux, avantages, etc. Des commerçants, agents, plantons et chauffeurs se sont retrouvés travaillant en «j’menfoutistes» à des centaines ou des milliers de kilomètres de chez eux. Ils n’avaient aucun état d’âme dans leurs actes puisque personne ne les connaissait, ni ne savait même d’où ils venaient pour certains. Les fonctionnaires des collectivités locales «déracinés» se sont blindés dans une «soumission» à leur hiérarchie en se moquant sans scrupules de ce que pouvaient penser d’eux des citoyens qui leur étaient «étrangers» et à qui ils n’avaient aucun compte à rendre. Rares sont ceux qui se sont intégrés et installés dans le tissu local.

On constate aussi cette dérive dans les corps constitués. De jeunes soldats, gendarmes, policiers «gaspillent» plusieurs années de leur jeunesse loin de leurs familles. Certains d’entre eux ont passé des journées entières à tenir des barrages fixes se sentant imprégnés «d’une totale inutilité» isolé d’une population qui ne les connaît pas.

Par exemple, dans le Grand Sud, aucune brigade ne se risque à se déplacer sans les indispensables «guides touarègues». La dernière affaire des otages d’Illizi a démontré l’impuissance de toute une armée à se mouvoir sans les pisteurs touarègues. Et on ne peut s’empêcher de se poser la question : Depuis 1962, pourquoi n’y a-t-il aucun officier touarègue dans aucun corps constitué ?

C’est de ce déracinement administratif, social et culturel du personnel qualifié, des démembrements locaux de l’Etat que sont nés les travers de la société algérienne que décrivent les journalistes depuis plusieurs années sans jamais oser en citer nommément les causes réelles et les responsables, astreints à une censure aliénante.

Le coup de gueule d’Abdou B. sur la déconstruction culturelle algérienne est significatif et accablant :

«Le pays s’est trouvé déguisé d’oripeaux afghans, pakistanais, wahabites, soudanais, iraniens, tous n’ayant aucune filiation avec les traditions millénaires, les costumes, les musiques, la fête, l’altérité féconde, les cuisines, les boissons soft ou hard qui font la richesse, la séduction, l’histoire et l’attrait qu’exerce depuis des milliers d’années la Méditerranée. Des gouvernances sages, intelligentes, tournées vers l’avenir, immergées dans leur propre histoire, respectueuses des femmes et des hommes, qui ont fait que la Méditerranée n’est à nulle autre pareille, ont œuvré pour que leur pays méditerranéen le reste. Ces pays ont intégré, sans rien renier de leur originalité, de leur génie, de leurs apports à la civilisation mondiale, les empires, les colonialismes, les invasions et les apports dans tous les domaines de leurs envahisseurs, colonisateurs, pour les ingérer, les digérer, les «nationaliser» et s’épanouir aux yeux du monde. Les diverses religions, les rites et rituels, les danses, les costumes, les arts culinaires et sportifs, les fêtes de la plus petite, locale à celle d’envergure nationale, les grands pays méditerranéens les ont parfaitement adoptés, adaptés et surtout fructifiés. Prenons la langue française, les ruines romaines, l’arrivée des Arabes avec l’Islam, la colonisation «soft» turque, les «courses», les pirates et les corsaires, l’amazighité dans toutes ses déclinaisons, de tout cela, qu’ont fait les premiers décideurs nationaux. De 1962 jusqu’à l’été 2008, qu’ont-ils fait de ces couleurs, de ces richesses propres à la Méditerranée ? […] Ce pays, pour des raisons historiques, indiscutables est africain, musulman, amazigh, aux frontières de l’Europe, arabe depuis des siècles par la langue, mais il est foncièrement méditerranéen par ses rivages. Comme le sont le Liban, l’Egypte, la Tunisie, l’Espagne, etc. Il l’est par le métissage de ses musiques andalouses, berbères, de l’extrême sud, des Aurès, du mélange orano-espagnol, […]» (4)

Abed Charef laisse aussi éclater sa colère contre les Marocains Bouteflika, Zerhouni, Ould Kablia et Tounsi sans les nommer :

«Le drame de Sidi Aïssa a montré à quelles dérives peut mener la déliquescence sociale et institutionnelle. L’engrenage commence en haut de l’échelle, où opèrent des responsables aveugles. Malgré Chlef, Oran, Berriane et toutes ces villes algériennes qui se sont embrasées, parfois pour des prétextes futiles, souvent pour des revendications légitimes, ces hommes à qui incombe la gestion des affaires du pays se sont montrés incapables de comprendre cette colère sourde qui traverse la société, et qui ne cherche que des prétextes pour exploser.

Ces hauts responsables sont relayés, au niveau local, par une administration aveugle, incapable elle aussi de gérer une société déchirée, déstructurée, sans perspective. Préoccupé d’abord par l’impératif d’asseoir son pouvoir, de gérer ses réseaux de clientèle et rester dans les bonnes grâces du prince, le responsable local n’a guère de temps à consacrer à ce qui préoccupe ses sujets. Cette alliance entre un pouvoir central aveugle, et une administration locale tout aussi aveugle, débouche inévitablement sur cette violence aveugle, faite de haine et de destruction, qui explose régulièrement dans les villes algériennes et constitue un élément central dans la gestion des villes. A un point tel que, pour nombre de responsables locaux, c’est devenu une hantise : comment éviter l’émeute sans régler les problèmes des citoyens ? Ils ne cherchent ni à gérer, ni à apporter des solutions, mais simplement à faire en sorte que l’accumulation des doléances ne se règle pas dans la rue.» (4)

Les Algériens d’ici et de là-bas

On peut mesurer la déstabilisation de l’Algérien du terroir dans sa vie quotidienne quand on le compare à l’Algérien de là-bas. Au fil de l’amélioration de ses conditions sociales, professionnelles et financières, l’émigré ou l’exilé, qui a quitté les entraves et le carcan de son pays pour réussir sa vie ailleurs, mesure au jour le jour la dégradation identitaire de ses proches causée par le système qui gouverne ce pays depuis 1962.

Il suffit de rester quelque temps dans un taxiphone pour constater la névrose déconstructive qui oppose les émigrés à leurs parents restés au bled. Un vieux retraité eut un geste de dépit en raccrochant le téléphone et en grommelant des insanités. Rappelé à l’ordre par le gérant du taxiphone, il déclara impuissant : «Ça fait 40 ans que j’ai émigré et jamais, je n’ai pu finir une conversation avec mes proches avec le sourire, la joie, le bonheur, toujours des insultes ! J’en ai marre d’entendre les faux problèmes du bled !»

Par ailleurs, on peut voir dans certains quartiers de Paris, Londres, Rome ou Madrid le nombre hallucinant d’Algériens en situation irrégulière. Ils souffrent le martyre (chômage, crise de logement, marginalisation, délinquance, drogue, clochardise,…), mais ils préfèrent cette misère plutôt que de retourner vivre dans la hogra et le désespoir en Algérie. Ils offrent un contraste saisissant avec les fils de la nomenklatura qui vivent la belle vie et bénéficient de bourse d’études, voitures, appartements, etc. Le contraste est très saisissant à la rue du Mont Blanc à Genève, où les corrompus du régime cigare à la bouche côtoient la plèbe de l’émigration algérienne vivant de menus larcins, drogue ou prostitution.

L’image de l’Algérien s’est considérablement dégradée. Il n’est plus considéré comme le révolutionnaire fier, rebelle et belliqueux, fer de lance du tiers-mondisme. L’authenticité de son identité a été gravement brouillée et on en connaît maintenant l’explication.

Il est temps de passer de la République des «Marocains de la Sécurité Militaire» à une véritable République Démocratique et Populaire d’une Algérie Authentique, par la dissolution immédiate du DRS et un rajeunissement radical des états-majors de l’ANP.

Saâd Lounès
15 août 2008


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radjef saidReply to this comment
août 17, 2008 14:56

Bonjour Mr Saad. C’est toujours un plaisir de vous lire. Nous savons toutes et tous que le pouvoir est corrompu, il a sur les mains le sang des milliers d’algériennes et d’algériens. Que faut-il faire pour le chasser, va-t-on lui eternellement le chanter sous tous les toits, ou va-t-on joindre nos efforts à l’opposition en l’occurence le ffs, veritable alternative democratique? Parceque sans organisation, face a un pouvoir totalitaire qui a domestiqué la presse, noous ne pouvons rien faire, mais unis autour de Hocine Ait Ahmed, nous pouvons venir à bout du régime des caporaux daf.

radjef saidReply to this comment
août 17, 2008 15:17

Bonjour Mr Saad. C4est toujour un plaisir de vous lire. Nous savons toutes et tous que le pouvoir est corrompu; il ale sang des milliers d’algériennes et d’algériens. Que faut -il faire pour le chaser et faire aimer l’Algérie au peuple, va t-on le lui chanter éternellement sous les toîts , ou bien va t-on joindre nos efforts à l’opposition democratique, en l’occurence le ffs , veritable force de propositions et veritable alternative democratique? Parceque sans organisation et sans union, face à un pouvoir totalitaire qui a depouillé le peuple de sa citoyenneté, domestiqué la presse et vidé le pays de sa substance intellectuelle , nous ne pouvons rien faire , mais rassemblés autour de Hocine Ait Ahmed, nous pouvons venir à bout du régime des caporaux daf.

le-zouaveReply to this comment
août 17, 2008 18:10

BRAVO A MONSIEUR saad lounes POUR LA CONCLUSION DE SON ANALYSE;ainsi qu’a radjef pour sa solution de sortie de crise!!personnellement j’ai appelé a un large front algerien qui doit reprendre les slogans de MONSIEUR AIT-AHMED…….. “NI REGIME DRS ,NI REPUBLIQUE ISLAMISTE”. le mal du pays est cerné et connu par tous les algeriens: les officiers du DRS et ceux des anciens DAF,les harkis de l’armée francaise!! seul AIT-AHMED TRESTE LE REPERE NOBLE ET PUR de tous les politiques Algerie’ns;; mais comment nous rassembler autour de lui?? nous avons toujours voulus militer au sein du FFS;; mais la medicrité et le cretinisme rentier et généralisé a atteint meme ce vieux parti de l’opposition;; les elittes inteelectuelles en sont écartées et la guerres des clans pour s’accparer une mairie ou une apw y font rage!! meme einstein ne sera pas reconnu !! seuls compte ” la methode ghyouliste des opportunistes” !! nous sommes de vieux routiers du MCB …mais allez trouver un quelquonque discours idealiste au sein du ffs; meme les injonctions d’ait ahmed sont cachées aux sympatisants!!! rentrer au FFS , c’est nettoyer les écuries d’AUGIAS;..AIT AHMED EST LAMINE SINON ? TOUT PLAIDE EN LA FAVEUR D’UN LARGE FRONT ANTI DRS ET GEN2RAUX DAF SI CE DERNIER LANCE UN APPEL A LA POPULATION§§§§ MAIS IL FAUT COMPTER AVEC LES INFILTRATIONS ET LES MATHODES MAFFIEUSES ET MACCHIAVELIQUES DES SERCVICES DE LA sm;;

AmmisaïdReply to this comment
août 17, 2008 20:14

Assalam aliekoum wa rahmatou ALLAHOU wa BARAKATOUHOU
Les algériens ne détestent pas leur pays. Même les français qui avaient fait la guerre ont encore la nostalgie du pays. Ils aiment l’algérie malgré tous ce qui s’étaient passé. Certains en parlent avec respect et du pays et de son peuple. La majorité des harkis, les juifs d’algérie et les pieds noirs aiment encore et aimeront l’algérie. Personne ne déteste l’algérie (je veux dire aucun humain sur terre) sauf ceux qui la gouvernent avec l’arrogance la plus ténébreuse et la plus méchante et ceux qui sont intéressés par les richesses qui remplissent ses entrailles. Le problème est que ceux qui manoeuvrent souvent dans l’ombre et parfois en pleine lumière empêchent tout acte de bonne volonté en faveur de l’algerie et surtout ils font tous pour diviser et créer la haine et la méfiance entre les algériens. Le peuple aime son pays mais ne sait pas encore comme lui offrir cet amour sans faire de dégâts et sans confrontation violente avec ceux qui la détestent ( qui aiment sa beauté mais qui n’aiment pas son coeur).
ce que dit l’algerie à travers la langue de ses ennemis
Je veux, je veux , je veux du sang
Il n’y a pas assez de pluie
Qui peut remplir mes puits

Je veux, je veux, je veux du sang
De vos hommes sincères et de vos innocents
Pour que je sois perpétuellement dirigés par les ignorants

Je veux, je veux, je veux du sang
Et, beaucoup d’ouvriers et de maçons
Pour ériger de belles sépultures à vos enfants

Je veux, je veux, je veux du sang
Retenez bien cette leçon:
Je préfère celui de vos frères bons et intelligents

Je veux, je veux, je veux du sang
Vendez mon pétrole et mon gaz à un prix exorbitant
Pour bien armer vos fous et vos brigands

Je veux, je veux, je veux du sang
Pour que les pauvres ne connaîtront
Que l’enfer brûlant et sanglant

Je veux, je veux, je veux du sang
Pour avoir éternellement sur mon trône imposant
Un roi qui dirigera des djinns et des démons

Et voilà la réponse de l’algèrie à travers la langue de ses amis
Sois comme un lion
Afin de ne plus être un mouton
Pour les crocs de la peur et des passions
Et pour la médisance des malfaisants

Sois comme un lion
Vigilant, souverain et patient
Pour vivre chaque instant
Libre, digne et puissant

Sois comme un lion
Juste, fier et bon
Dans l’espace et le temps
Pendant très, très longtemps

Sois comme un lion
Honnête, sincère et croyant
Dans ce royaume dégoûtant
Ou les charognards vivent contents

Sois comme un lion
Serein, sûr de lui et vigilant
Et qui prend un air sévère et menaçant
Avec les animaux irrespectueux et belligérants

Sois comme un lion
Sérieux, persévérant et tolérant
Qui va toujours de l’avant
Tout en restant prudent

Sois comme un lion
Qui vit avec les autres confiant
Mais qui délimite les frontières de sa maison
Pour se faire respecter par les animaux rusés ou méchants

Sois comme un lion
Qui ne mange jamais en dormant
Et qui ne laisse jamais ses enfants
Aux hyènes qui peuvent les déchiqueter en hurlant
Ma wekmagh alhedou allah ma gheltagh esthaghfir allah (Si je dis vrai, louange à mon seigneur et si je mens que mon seigneur me pardonne)
Fraternellement à toutes et à tous

radjef saidReply to this comment
août 18, 2008 9:16

@Ammisaïd: Bonjour. J’ai beaucoup aimé votre poéme.Les jeunes ne savent pas comment traduire leur amour à leur pays; ont perdu toute confiance en eux-mêmes; doutent de leurs capacités, de leur génie, de leur savoir, de leut talent, de leur savoir faire, de leur solidarité et de leur citoyenneté. Les jeunes sont dévorés par la haine, la violence et la resignation. Pendant de longues années le pouvoir militaire en place géré par ” la main de l’etranger” et avec la complicité d’une presse mercenaire, à fait vsciller les convictions patriotiques du peuple, effacer les reperes culturels, identitaires et civilisationnels du pays à telle enseigne qu’on s’est retrouvé pris en otage par des minorités dont les unes se reclamant de l’Orient et les autres de l’Occident. Il est du devoir des élites de ne pas fuir leurs responsabilités en imposant un debat national sur l’ecole, en rejoignant sans la moindre condition les rangs de l’opposition democratique pour s’unir autour de Hocine Ait Anmed et exiger le retour des militaires dans les casernes et le jugement des officiers criminels.

DJReply to this comment
août 18, 2008 10:09

Ina ALLAH yousairou al omour , l’injustice n’a jamais régné éternellement, soyez justes et Dieu vous aidera .

IssamReply to this comment
août 18, 2008 11:29

Assalamou Alaikoum

Le merite des reflexions de Mr Lounes est qu’elles se complementent avec celles de Mr Addi et vont dans le meme sens. C’est un travail d’investigaiton prometteur et qui reste a parfaire par une collaboration qui sera fructueuse a plus d’un titre. C’est mon voeu de tout facon.

L’algerien est confu quand il s’agit de son pays. Il n’arrive pas a l’aimer proprement car l’amour requiert deux parties ou bien cela devient un cas pathologique. Il ne peut pas aimer un concept, car le pays en est un. L’algerien a le sentiment que personne ne lui demande son avis et ne se soucie de son bien etre. Il est livre a lui meme dans une jungle pire que celle des Amazones.

Irons nous dans le sens des conclusions de Mr Lounes en attribuant cela aux marocains d’Alger ? En partie oui mais il faut se garder contre toute generalisation. Le phenomene est sociologiquement tres complique et renvoi au problem identitaire du pays. L’algerien a un deficit symbolique et le pouvoir en ce sens l’a trahi ou l’a perverti en erigeant la violence et l’effacement affectif en regles de reussite sociale.

L’algerien ne peut plus exprimer ses sentiments aussi bien envers son pays qu’envers ses semblables. C’est un desert qui separe les algeriens sur ce plan la. L’amour est devenu une tarre..seul le masochisme triomphe…les instincts les plus primaires font loi.

L’algerien est victime de son laisser aller d’abord car son immunite intellectuelle a ete reduite a zero devant ses yeux et avec son aval car refusant de faire un choix de projet de societe clair et net. Je veux bien accepter la responsabilite du pouvoir : MALG/DRS dans la degradation de la situation en generale mais essayons de mettre un peu d’equilibre essentiel a note objectivite. L’algerien par nature est sentimentaliste et verse rapidement dans l’exces pour les bonne et les mauvaises raisons et c’est l’atout que le pouvoir joue a merveille pour le manipuler.

Ensuite pourquoi ne pointons nous pas du doigt la trahison des elites qui dans le sens Gramschien sont a l’avant garde du combat contre l’obscurantisme et les velleites dominatrice du pouvoir. Ces elites qui ont verse dans la condescendance et au lieu de faire preuce de compassion et de generosite elles ont epouse le projet maffieux du pouvoir et se sont fait meme ses theoriciens. C’est l’ultime trahison.

L’algerien ne pourra aimer tant qu’il n’y a pas de reve collectif qui soudera ses liens avec les siens et son pays. Il faut un declic, un deuxieme 1er Novembre.. pour lui rendre sa fierete pietinee par un regime sadique.

Amicalement.

HammaReply to this comment
août 18, 2008 15:07

Salam à tous.

Merci Mr.S.Lounès pour cet article qui ouvre le véritable débat de savoir si les Algériens disposent d’une politique à même de sortir de la crise et d’expulser ce régime hors de cette terre bénite qu’est l’Algérie.

Non Mr.Lounès, ils ne nous ont pas appris a détester l’Algérie, c’est l’Algérie qui les déteste et elle le prouve à travers ses enfants qui refusent la tutelle de ces bâtards venus d’ailleurs.

Des pères et mères sont morts au maquis pour que leurs enfants puissent vivre libres, mais voilà que ce régime s’érige en tuteur légal et oblige ces enfants à l’adopter alors qu’ils (les enfants) découvrent que ce tuteur n’est qu’un traître à la nation et au serment de Novembre 54.

Non Mr. Lounès, ils ne nous ont pas appris à détester l’Algérie, c’est eux qui détestent cette Algérie qui les renie après les avoir démasqué et dont ils veulent la mort.

Oui Mr.Lounès, ils nous ont appris à les détester et les fuir comme la peste et surtout à vouloir les éradiquer afin de rendre à l’Algérie sa splendeur d’antan et aux Algériens leur dignité et leur fierté.

Pour votre conclusion qui consiste à passer d’une République “Marocaine de la SM” à une” RADP Authentique”, un long travail reste à faire et qui consiste à faire comprendre à nos enfants que l’héritage légué par la génération de Novembre 54 ne se limite pas aux richesses naturelles mais à plus importants que sont entre autre, l’identité, la dignité, l’honneur, le respect, l’amour de la patrie et du prochain, l’égalité, la justice etc…

Pour contrecarrer ce régime et l’obliger à céder, nous devons tous nous unir devant ces principes car comme je le dis toujours, c’est notre faiblesse qui a fait la force de ce régime et non le contraire.

Le régime qui gouverne ce pays, n’a pas ces principes et n’en a cure puisque tout ce qui l’intéresse, c’est le trésor. Sans ces principes toute gouvernance est vouée à l’échec et l’échec mène à la crise que nous connaissons. Ce régime a tout fait pour détruire ces valeurs dans l’âme Algérienne et celà est visible à travers tout ce que nous rencontrons dans la société Algérienne à commencer par l’éducation, l’absence de civisme, le renoncement, la drogue, le suicide, la harga, la hogra, la prostitution etc…

Les générations se succédent et ne se ressemblent pas car le “témoin” a été mal transmis et si parmis nos élites d’ici et d’ailleurs on tente louablement de relancer les débats pour sortir de la crise, il n’en demeure pas moins que la société Algérienne dans sa majorité devra d’abord surpasser ses passions.

Salam.

mehdiReply to this comment
août 18, 2008 18:35

Salam

Avec un peu de volonté, le pouvoir algérien sera vincu,je pense qu’il vit ses dernieres heures.
la jeunesse algérienne aime l’algérie,mais elle deteste le régime corrompu qui l’a gouverne.
inchallah rebi yefteh alina

KarimReply to this comment
août 18, 2008 22:32

Bonjour,

Monsieur Saad lounes, Je ne sais pas quel age vous avez mais il me semble que vous soyé un peu jeune, car vous oublié que l’Algérie à aidé tous les peuple opprimés du monde en particulier la Palestine le front polisario et que notre pays a payé se soutien a travers des embargo succésif, c’était notre choix.
Vous parlé lorsque vous cessez d’etre en paix avec vos pensées.
Lorsque vous ne pouvez plus resté dans la sollitute du coeur, vous vivez par les lévres et le son est une diversion et un passe -temps.
Dans un grand nombre de vos propos, la pensée est moitié estropiée.
Car la pensée est un oiseau d’espace qui dans la cage des mots saura peut -etre déployer les ailes, mais pas voler.
Il en est parmi vous qui recherche le bavardage par crainte de rester seuls.
Le silence de la solitude leur met sous les yeux leur soi nu auqul ils voudraient échapper.
Il en est qui parlent et sans connaissance ni prévoyance révèlent une vérité qu’eux-meme ne comprennent pas.
Il y a ceux qui ont la vérité au-dedans d’eux, mais ne l’articulent pas.
Or moi je dis, et pas en dormant mais dans l’éveil parfait, que le vent ne parle pas plus doucement
aux chenes géants qu’ au moindre des brins d’herbe.
Et seul est grand celui qui de la voix du vent fait un doux chant d’amour.
Le travail est de l’amour rendu visible.
Si vous ne pouvez travailler avec lui, mais rien avec dégout, il vaut mieux quitter cette tache.
Car pétrir le pain avec indifférence, c’est cuire un pain d’amertume qui ne nourrit quà moitié la faim humaine.

radjef saidReply to this comment
août 19, 2008 6:43

@Karim: Bonjour. Saad Lounes que je connais bien est suffisamment grand pour se defendre.Ici, il ne s’agit pas de bavardage, ni de solitude. L’Algérie brûle, elle agonise par la faute d’hommes demoniaques qui veulent se substituer à Dieu et à la providence. Combien de cadavres, d’orphelins , de veuves , de disparus, d’exilés vous faut-il pour reagir? Un pouvoir de mercenaires qui a spolié le pays de sa dignité, le peuple de sa citoyenneté des femmes et des hommes de leur gloire; un pouvoir qui n’agit pas dans la transparence, qui à tout falsifié sur son passage et qui finance le mensonge, la violence et la terreur peut-il aider d’autres peuples à retrouver la paix et la dignité? Dans mon cas, je doute fort Mr Karim. Nous sommes à la veille de la celebration du Congres de la Soummam, les attentats font rage à l’Est du pays et des incendies criminels ( la politique de la terre brûlée) encerclent avec l’ANP la Kabylie….

IssamReply to this comment
août 19, 2008 11:16

Assalamou alaikoum

@Karim:

Je ne vais pas me substituer a Mr Lounes qui peut defendre ses idees mais ton style condescendant m’a laisse up peu interrogatif sur le sens que tu donnes a l’expression politique.

Tu es trop dans l’allusion et les detours, dans l’abus du verbe qui ne sied pas a un debat politique aussi direct.

Tu t’es permis de nous classer, de nous juger et de nous analyser psychologiquement sans meme nous demander la permission. Nous sommes vivants Mr Karim..encore vivants.

C’est la facon la plus “lache” de se derober de ses responsabilites en se barricadant derriere les murs du language et en jettant l’anatheme aux autres. Tu n’as rien dis de constructif, d’utile. C’etait juste un excercice de refoulement de ta propre solitude.

Mr Lounes a l’avantage de dire ce qu’il pense haut et fort, alors ait le courage de descendre de ton piedestale et joint la plebe que nous sommes et parle notre langue.

kamelReply to this comment
août 19, 2008 11:40

Il est vrai que ce que dit M. Lounes Saad dans ses analyses est très instructif. Les idées (ou faits) présentés sont tout à fait cohérents avec les évènements marqués par l’histoire, sauf pour la période où Boutef était en “exil”. Durant celle période, il semble bien que les détenteurs du pouvoir ne faisaient pas partie du clan d’oujda.

Personnellement, j’espère que vos réflexion, M. Saad Lounes, sont sincèrement motivées par le souci de participer au repêchage du Pays et qu’il ne s’agit pas de représailles contre les autorités suites aux déboires fiscales et judiciaires que vous avez subit. Car un air de “déjà vue” marque votre histoire. L’exemple le plus frappant est celui de Moumen Khalifa, qui, durant l’expansion de son “entreprise” (au sens littéraire et non économique), était le chouchou de Boutef, mais après la cassure, il s’est exilé à Londres et devenu un opposant à sont ancien maître (le prix est payé comme toujours par le malheureux peuple algérien…).

Le salut du pays ne se fait que par des citoyens dont la position par rapport au pouvoir n’est pas motivées par des considérations personnelles.

BENYETTOU NOUREDINEReply to this comment
août 20, 2008 22:40

VOUS PENSER SERIEUSEMENT QU UNE BANDE DE MAROCAINS DEBARQUE EN 1962 POUR
S APPROPRIER LA REVOLUTION ALGERIENNE ET VOUS OSEZ DE SURCROIT L ECRIRE.
VOUS PENSER SERIEUSEMENT QUE LES ALGERIENS QUI ONT FAIT LA REVOLUTION VONT VOUS CROIRE
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx? VOUS NE PENSEZ MEME PAS !VOUS FABULEZ ET VOUS EN AVEZ LE DROIT
MAIS FICHEZ LA PAIX A LA MEMOIRE DES REVOLUTIONNAIRES ET ARRETEZ DE RACONTER DES XXXXXXXXXXXXXXXX

IssamReply to this comment
août 21, 2008 9:57

@BENYETTOU NOUREDINE:

Que Mr Lounes ait raison ou tord est discutable mais au moins il faut lui reconnaitre la force de son analyse. Votre reaction est typique de quelqu’un qui est feneant. Au lieu de prendre les textes de Mr Lounes, les decortiquer et les critiquer scientifiquement tu t’es laisse enporte par de vague generalites.

Faut il d’abord laisser l’occasion au monsieur s’expliquer librement aux algeriens ses opinions ensuite juger de la reception positive ou non du peuple.

Tu t’es substituer au peuple pour le juger et c’est pas vraiment modeste comme position alors un peu de nuance.

Les fabulations d’aujourd’hui seront les verites de demain. Tu seras a ce moment en retard d’une guerre.

Continue de rever…

radjef saidReply to this comment
août 21, 2008 13:44

@BENYETTOU NOUREDINE: Bonjour. Il se peut que notre ami Saâd Lounes n’a pas arrondi les ongles dans son approche socio-historique. Même s’ils ne sont pas marocains, les gens qui nous gouvernent n’ont rien d’algeriens et encore moins de revolutionnaires. Les revolutionnaires ont pour nom Messali, Krim Belkacem fondateur de l’armée algerienne, Ben Boulaid, Didouche, Laghrour, Mellah…..Qu’a-t-il de revolutionnaire et d’algérien un pouvoir qui transforme la maison de Baya Hocine et de son frere le commandant “la terreur” slimane qui faisait trembler l’armée française y compris les colonels de wilaya de l’aln, en lieu de debauche? Qu’a-t-il donc de nationatiste, de patriotique et d’algérien ce pouvoir qui a denaturé le cours des evenements, clochardisé les élites, exilé les cerveaux, sali l’honneur de milliers de familles, hypothéqué le destin du pays , ruiné et bradé l’economie nationale, financé le terreur et le mesonge pour se maintenir? Ce pouvoir qui est la principale cause du drame que nous vivons, ne merite aucune circonstance atténuante

stillReply to this comment
août 23, 2008 22:21

@Karim:
Un grand ecrivain avait dit ,je cite de memoire:”Personnellement, je n’ai jamais vu dans une discussion, quelqu’un exhiber son acte de naissance pour faire prevaloir ses idees”.C.Q.F.D.
Ensuite,-vous pouvez le verifier aupres des autres internautes- NOUS somme une communite vivante , nous reflechissons, nous reagissons avec un esprit critique aux MOTS de D.B,Sidhoum, Addi,Saad,Dehbi parce qu’ils expriment leurs idees dans une langue claire comme l’eau de roche ,et non dans des euphemismes euphorisants.Nous interagissons , nous sympathisons, nous empathisons(tant pis, je risque un neologisme)car nous sommes mus parle meme amour ,les memes douleurs ,etla meme aspiration a savoir: la liberte, le developement et la prosperite de notre chere patrie et de ses fils et filles qui lui veulent du bien au-dela de tout egoisme et de toute exclusion n’en deplaise aux illumines de tous bords.
Enfin, nous avons besoin d’etre lucides, de communiquer,de nous eclairer les uns les autres ;nous utilisons Le VERBE ecrit ,si vous pouvez communiquer par telepathie ou en symboles adherez a un autre club.

lag-logReply to this comment
août 24, 2008 15:14

god bless you —allah yahfadek—akihrez rabbi—dieu te bénisse-

Rachid TaziReply to this comment
août 24, 2008 22:31

Bonsoir
Vous parlez de la haîne des “Marocains du MALG” envers les Algériens. Comment qualifierez vous leur sentiment envers les Marocains et comment l’expliqueriez vous? (Sahara Occidental, frontières, coopération économique …)
A bientôt

Saad LounèsReply to this comment
août 25, 2008 11:13

@ Rachid Tazi
Pour avoir les réponses, Lisez cet article:
http://saadlounes.unblog.fr/tag/lalgerie-gouvernee-par-des-marocains/

BENYETTOU NOUREDINEReply to this comment
oct 11, 2008 22:24

@Issam:
bonjour,
Que monsieur Saad écrive ce que bon lui semble mais personnellement je ne lui accorde pas le droit de deformer l’histoire notre pays.
Avant le départ en 1962 des pieds noirs ,colons et harki l’Agerie a été mise à sang et à feu.
Il a fallut des Hommes
-pour contenir les debordements de tout bords
-pour approvisionner en nourriture toute la population surtout dans les grandes villes(apparemment vous n’avez jamais la chaine dans une boulangerie communale)
-pour réussir tant bien que mal la rentrée scolaire (1962-1963)
-pour remettre en route le peu de structure industrielle qui restait intact et essayer de trouver du travail
Essayer d’analyser les chiffres suivants: Nombre d’écoles ,de lycées,d’universités et d’ instituts construis de 1965 à 1978.Feu Boumediene a fait réalisé 10 fois plus d’établissement en 10 fois moins de temps que l’empire colonial
S’il y a eu deconstruction de l’idendité algérienne est bien antérieur à 1962 .Elle a commencé en 1830 et Dieu merci elle n’a pas réussi et ne reussira jamais. Bien au contraire, la deconstrution de l’identité algerienne s’est arrétée en 1962 .Certe elle a été reprise sous une autre forme depuis quelques années qui échappe probalement à m Saad
Le repositionnement des DAF s’est opéré durant la deboumedianisation quoique que je n’aime généraliser en parlant de DAF ou d’autre groupes.
La dissertation de m Saad semble choisir des cas particuliers et en faire une généralité ,chose qui est trés grave et cela denote en plus une vision trés etroite de l’histoire de l’Algerie.
S’il avait une idée de l’opportunisme , de la corruption ,de la manipulation d’opinions et des maux de certains des pays démocratiques M Saad ne parlerai de son pays de cette façon.
Je ne dis pas que le pouvoir est parfait (ce serai une utopie)mais :
Si vous dites que le pouvoir est corrompu qui est le corrupteur? si ce n’est certains citoyens verreux
Si vous dites que le pouvoir est corrupteur ? qui est le corrompu ? si ce n’est certains citoyens avide de pouvoir.
Quant au bradage de l’économie nationale nous sommes tous responsables quelque part bien sur à différents degrés.Quand l’algerie avait besoin de ses enfants dans le tissu industriel et dans nos champs ils ont préféré le trabendo au detriment de la production nationale.
M Saad pretend que bon nombre de jeune citadins et ruraux ont gardé un profond traumatisme du service militaire.J’ai fait mon service militaire en 1974 et depuis jamais un militaire , gendarme ou policier quelque soit son grade ne m’a intimidé.Vous ne pouvez pas vous imaginez à quel point les jeunes rureaux s’emancipent du joug tribal de leur petit village a la fin du service.Sans compter l’apport culturel des differentes wilayas et la disparition du regionalisme.
Avant de me traiter de feinéant M issam prenez la peine de lire et d’écouter vos ainés vous parlez de la fabuleuses Histoire d ‘Algerie.
Les donneurs de leçons de démocratie on en a connue et on les a vu à l’oeuvre car si on a un gouvernement mediocre ce n’est que l’arbre qui cache la foret.
A bon entendeur SALUT

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