ZOOM - Ecrit par admin le Mardi 12 août 2008 5:12 - 38 Commentaires
RÉPONSE DE ADDI LAHOUARI À MOHAMED CHAFIK MESBAH
Le Soir d’Algérie

Devoir de mémoire et impératifs scientifiques
Répondant à un de mes articles précédemment publié par Le Soir d’Algérie(20 juillet 2008), Chafik Mesbah se réclame de l’autorité de Max Weber, sociologue allemand (né en 1864, mort en 1920), pour me rappeler que l’homme de science doit s’en tenir à ce que le fondateur de la sociologie politique moderne appelle la «neutralité axiologique». Je me réjouis de cette référence et de l’ouverture sur la pensée scientifique moderne, à condition de ne pas faire un usage partiel et partial des pères fondateurs de la sociologie. Il faut aller avec eux au fond de leurs problématiques pour analyser la réalité sociale. C’est ce que je vais faire en guise de réponse à Chafik Mesbah, en utilisant la grille conceptuelle de Max Weber pour esquisser une réflexion sur les contradictions du régime algérien. Auparavant, je rappellerais le lien entre l’absence de débat scientifique et le refus d’un pouvoir universitaire, avant de souligner l’héritage de la guerre de Libération dans la genèse du régime, pour ensuite introduire la problématique de Max Weber à la réalité sociopolitique algérienne, et conclure par une réflexion sur l’acteur et le système.
Le refus du pouvoir universitaire
Il faut reconnaître à Chafik Mesbah le mérite de vouloir animer un débat sur le mouvement national et la place de l’armée dans la construction de l’Etat après l’Indépendance. Il occupe un espace dans les médias pour montrer que les universitaires ne remplissent pas leur mission, celle d’animer des débats scientifiques au bénéfice du public. Il cherche à jouer le rôle de l’intellectuel organique en produisant un discours idéologique sur le passé, en racontant des narrations épiques, essayant de mettre l’histoire au service du régime pour combler son déficit de légitimité. Certaines parties de son discours sont incontestables : le mouvement national était animé par des militants sincères, dont certains sont des héros. Sur ce point, personne ne le contredira. La Nation doit à ses héros la reconnaissance qui leur est due, et il faut surtout enregistrer leurs témoignages pour préserver la mémoire pour les générations futures. Mais là où sa démarche est contestable, c’est qu’il réduit l’histoire aux intentions généreuses des acteurs, défilant comme une galerie de portraits psychologiques, l’un plus émouvant que l’autre. Il oublie que les acteurs sont des consciences avec des passions, des stratégies, des perspectives et des intérêts symboliques. Si on fait des acteurs de l’histoire des saints, les générations futures n’auront pas une connaissance réaliste du passé, réduit à une épopée glorieuse combattant le mal au profit du bien. Les témoignages qu’il recueille et les portraits psychologiques qu’il dresse, pour importants qu’ils soient, ne sont que des matériaux à mettre en ordre pour les relier à une problématique théorique qui interroge le réel. Les sciences sociales n’observent pas le réel, elles le reconstituent théoriquement avec des concepts appropriés. C’est ce que les étudiants de sociologie apprennent en première année, en utilisant notamment le livre de Pierre Bourdieu Le métier de sociologue. Mais en dehors de la méthodologie, cet aspect soulève les problèmes de l’écriture de l’histoire : qui l’écrit, pour qui et pour en faire quoi ? L’histoire est une science sociale et, à ce titre, elle ne s’élaborera que si arrive à maturité la conscience épistémique qui suppose que le fait social est susceptible d’être l’objet d’une investigation scientifique. La deuxième condition est qu’elle soit écrite par des historiens professionnels appartenant à un champ académique libre de la tutelle politico-administrative et n’obéissant qu’à des règles de la confrontation scientifique, organisée dans les universités et centres de recherche à travers des revues, des publications, des soutenances de thèses, etc. L’historien a besoin de la liberté, ce qui suppose qu’il existe un pouvoir universitaire autonome du régime politique, un champ académique émancipé de la tutelle administrative n’obéissant qu’à ses propres règles du débat scientifique. Ce n’est pas le cas chez nous aujourd’hui parce que la structure du régime, né de l’indépendance, a cherché à faire de tous les pouvoirs sociaux des appendices du pouvoir exécutif. Tout comme il n’existe pas de pouvoir économique indépendant ou de pouvoir syndical autonome, il n’existe pas un pouvoir universitaire, formé de personnalités scientifiques dont l’autorité émanerait de leurs travaux et non d’une décision administrative. On ne peut pas d’un côté refuser l’indépendance de l’université et de l’autre regretter que les universitaires ne produisent pas des travaux scientifiques sur l’histoire du pays. Dois-je rappeler que les recteurs et les doyens de faculté sont désignés par la tutelle administrative et non élus par leurs pairs ? Par conséquent, d’une manière plus générale, on ne peut pas d’un côté nier aux travailleurs les libertés syndicales et de l’autre se plaindre de la faiblesse de la productivité du travail. On ne peut d’un côté refuser l’autonomie de la justice et d’un autre dénoncer le peu de crédibilité des magistrats. Il en est de même pour le pouvoir religieux, de la presse, etc. Le régime crée le vide et il se lamente qu’il y ait du vide. Il veut que la société algérienne soit aussi productive que les sociétés modernes, mais il refuse de l’asseoir sur la séparation des pouvoirs, matrice constitutive de la modernité politique. De ce point de vue, le régime algérien présente une incohérence fondamentale entre ses discours et ses pratiques. Cette incohérence est susceptible d’être analysée scientifiquement, en recourant à l’histoire et à la sociologie politique, dont l’un des pères fondateurs est Max Weber que je sollicite pour un diagnostic du système politique algérien. Il convient auparavant de rappeler le cadre historique d’où le système politique algérien puise sa pertinence.
Le détour par l’histoire
Je commencerais par une question. Pourquoi le système politique algérien refuse d’institutionnaliser les différents pouvoirs sociaux, de reconnaître leur autonomie et de codifier par les textes leurs prérogatives et leurs rapports ? L’hypothèse que j’avance – et qui parcourt l’ensemble de mes travaux – est que le régime algérien, issu d’un mouvement de libération nationale, n’arrive pas à dépasser la problématique de la légitimité historique et à s’adapter aux demandes des générations nées après l’indépendance. Cette perspective est wéberienne dans la mesure où Weber a produit les concepts pour analyser les systèmes politiques reposant sur le charisme et la légitimité historique et ceux régulés par ce qu’il appelle «l’autorité légalerationnelle ». Weber dirait que le régime algérien est resté figé dans la problématique de la légitimité historique. C’est le syndrome du soldat japonais découvert en 1958 dans une île déserte et qui croyait que la Seconde Guerre mondiale n’était pas terminée. Les dirigeants algériens sont encore dans cet état d’esprit et voient des ennemis de la Nation partout : parmi les militants des droits de l’Homme, les adhérents de partis non contrôlés, les syndicalistes, les journalistes, les universitaires, et même des citoyens qui se posent des questions sur l’avenir de leurs enfants ou sur les dessous de l’affaire Khalifa. Cet état d’esprit hérité de la guerre de Libération est à l’œuvre chez les décideurs qui souhaitent l’unité des rangs et l’unicité de la pensée. On peut admettre que la lutte anticoloniale demandait cette discipline que Abdelahafid Boussouf avait poussée jusqu’à l’extrême. Le débat déclenché par M. Mesbah a commencé au sujet de l’appréciation que j’avais portée sur Abdelhafid Boussouf, et à ce sujet, il faut lever tout malentendu pour éviter toute querelle inutile et surtout pour ne pas froisser des nationalistes sincères qui ont été des compagnons de Boussouf. Ce dernier a été un chef national et a eu un rôle important dans la défaite du système colonial. Ceci est un fait historique que personne ne peut nier. Cependant, les appréciations émises sur lui par des chercheurs, ou des citoyens nés avant ou après l’indépendance, font partie du débat public sur un personnage public qui n’appartient plus ni à sa famille, ni à ses amis, ni à sa région. Il appartient à toute l’Algérie et n’importe qui peut avoir une opinion sur lui, à la seule condition de respecter sa mémoire et ne pas attenter à son intégrité durant la guerre de Libération. Car ce n’est pas sa personne qui est en cause, ni son attachement à la cause nationale, mais son mode opératoire dans ce qu’il a eu comme conséquences dans la construction de l’Etat après l’indépendance. Je voudrais rapporter une anecdote que m’a racontée le regretté M’Hammed Ferhat, ancien militant PPA, pour éclairer le personnage de Boussouf. En 1952 ou 1953, Si Mabrouk (c’était le nom de guerre de Boussouf) a tenu une réunion à Oran, à Mdina Jdida, avec des militants du parti pour leur dire la nécessité de passer à l’action. M’Hammed Ferhat, présent à cette réunion, lui posa la question au sujet des pieds-noirs. «Il faut qu’ils partent, dit Boussouf, parce que s’ils restent, nous serons leurs domestiques vu qu’ils ont l’argent et le niveau d’instruction ». Cette anecdote montre la lucidité de Boussouf et sa volonté farouche de mettre fin aux injustices de l’ordre colonial. Mais sa personnalité ne se réduit pas à cet aspect. Je fais l’hypothèse que le régime algérien est l’héritier de Boussouf et non de Larbi Ben Mhidi ou Abbane Ramdane. Il ne s’agit pas d’opposer les uns aux autres, mais force est de reconnaître que les hommes ont des sensibilités et des stratégies différentes. Boussouf n’a ni la bonhomie de Ben Bella, ni la vision intellectuelle de Aït Ahmed, ni l’affabilité de Larbi Ben Mhidi, ni la fougue de Ben Boulaïd. Boussouf n’avait pas d’état d’âme et pour lui, «seuls ont les mains propres ceux qui n’ont pas de mains», comme il l’a dit à une journaliste en 1962. Il avait mis sur pied le MALG ainsi qu’un service de transmissions et de renseignements qui a rendu des services appréciables à l’ALN de l’intérieur. Ce n’est pas un hasard si c’est la wilaya qu’il a dirigée qui a pris le pouvoir en 1962 ; elle s’était accaparée quelques années plus tôt de l’état-major général de l’ALN. La Wilaya V était en effet la plus outillée et la mieux préparée pour la compétition finale. Bien sûr, Chafik Mesbah aura beau jeu de dire qu’en 1962, Boussouf avait pris fait et cause pour le GPRA contre l’EMG dirigé par le colonel Boumédiene. Mais cette remarque, historiquement vraie, passe à côté de l’essentiel : Boussouf avait mis en place une structure qui l’a écarté et qui écartera plus tard Ben Bella, Chadli, Zéroual, sans parler de Boudiaf que je n’évoquerais pas pour donner des chances à cet article de paraître. En 1962, le boussoufisme avait triomphé sans Boussouf, voire contre Boussouf, et il est encore vivant incarné par ses héritiers, les fonctionnaires du DRS.
Max Weber mobilisé
Chafik Mesbah ouvre son article par une citation de Max Weber, rappelant que l’homme science doit choisir entre celle-ci et son opinion politique. Il oublie cependant que Weber était engagé politiquement dans son pays, qu’il était opposé à Guillaume II et qu’il avait participé à la négociation Traité de Versailles dans la délégation allemande en 1918. Mesbah oublie aussi que Weber est l’auteur de deux concepts, entre autres, qui marquent les débats contemporains de la culture politique, savoir l’éthique de conviction l’éthique de responsabilité. Le sociologue allemand entendait par la première la possibilité de conséquences immorales d’une action fondée sur une conviction morale. Il entendait par la seconde la possibilité d’user de moyens immoraux pour atteindre des objectifs moraux. Pour ne pas déformer sa pensée, je vais citer Weber : «Aucune éthique monde ne peut éluder le fait que pour atteindre des fins qui sont ‘bonnes’, on est obligé, dans de nombreux cas, de s’accommoder de moyens douteux ou au moins dangereux du point de vue moral, ainsi que la possibilité, voire la probabilité, de conséquences accessoirement mauvaises. Et aucune éthique au monde ne peut dire quand et dans quelle mesure la fin bonne du point vue moral ‘sanctifie’ les moyens et les conséquences accessoires moralement dangereux » (M. Weber, Le savant et le politique, La Découverte/Poche, 2003, 193). Ce débat introduit par Weber en sociologie, avec des accents kantiens, est au cœur la modernité politique et attire l’attention sur les limites morales des hommes politiques. Car lorsque les principes sacrés se figent – l’amour de la patrie, le respect pour Dieu – ils perdent leur substance humaine et morale, les hommes, croyant souvent bien faire, violent les principes moraux les plus élémentaires. Cette posture est en relation avec ce qui se passe en Algérie et pousse à se demander quel est le but de la violence du DRS ? Quel est celui de violence islamiste ? Si la finalité de l’ordre politique existant ou à venir ne repose pas sur le principe du respect de la vie humaine, cela signifierait que nous ne sommes pas des êtres humains. Nous serions des corps mus par des intérêts de survie sans conscience et sans âme. La guerre de Libération de 1954 a été menée par des hommes animés par l’éthique de conviction (établir un ordre juste) et par l’éthique de responsabilité (détruire le système colonial) et Chafik Mesbah aurait été mieux inspiré de nous expliquer si ces deux principes guident encore notre Etat. L’Algérien est-il en sécurité dans un commissariat de police ? L’Etat le reconnaît-il comme un individu qui a des droits qui proviennent de la nature ? On se trompe lourdement si l’on croit que l’Etat repose sur la force uniquement pour obtenir l’obéissance des foules. Le fondement d’un Etat est éthique et c’est de cette éthique qu’il tire la légitimité qui lui permet d’obtenir l’allégeance des citoyens. C’est la leçon de Weber qui, en homme de science, distingue les jugements de fait et les jugements de valeur. Il y a aussi d’autres concepts de Weber qui intéressent directement la problématique du politique en Algérie, notamment ceux de charisme, de patrimonialisme, d’autorité légale-rationnelle et de monopole de l’exercice de la violence légitime. Je vais commencer par le charisme qui, selon Weber, est un phénomène socio-psychologique qui permet d’être obéi sans usage de la force physique. Les systèmes politiques, dit Weber, sont intégrés soit par le charisme du leader qui a une autorité provenant de la légitimité historique ou traditionnelle, soit par l’autorité légalerationnelle exercée par une bureaucratie dans le cadre de l’Etat de droit. Le concept de charisme est crucial pour comprendre la logique des processus de construction de l’Etat. Le charisme donne aux administrés le sentiment d’être dans le cœur du leader et qu’ils sont protégés par lui. Il facilite la création d’un centre qui attire vers lui les allégeances, ce qui renforce la construction nationale. Weber souligne qu’au cours de l’histoire, le charisme «se routinise » pour déboucher finalement sur une forme ou une autre d’autorité légale-rationnelle. Ces concepts renvoient à des types-idéaux par lesquels le sociologue allemand analyse la réalité empirique qui, évidemment, n’a pas la pureté des modèles théoriques. Cette méthodologie est fort utile pour comprendre le fonctionnement du système politique algérien dont la genèse remonte au mouvement national. L’Algérie contemporaine a connu trois chefs charismatiques qui ont capté et exprimé les attentes sociales et les sentiments nationalistes de larges couches de la population : Messali Hadj, Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene. Messali Hadj avait incarné pendant trois décennies l’idéal nationaliste et a formé plusieurs générations de militants. Il avait cependant commis une erreur en sous-estimant l’ardeur révolutionnaire des militants de l’OS qui voulaient passer à l’action. Son charisme avait décliné dès lors qu’il s’était opposé à eux et, se sentant lâchés par «le père», ils sont passés à l’action sans lui, déçus par la crise entre les différents courants PPA-MTLD, déchiré entre les légalistes (les centralistes) et les légitimistes (les messalistes). Le 1er Novembre 1954 a été un choc pour de nombreux militants désespérés par l’absence de Sidi el Hadj. Krim Belkacem avait caché pendant de longs mois aux combattants de la Wilaya III que Sidi el Hadj n’était pas parie prenante de l’insurrection. La défection de Messali a été un traumatisme qui a poussé à la lutte fratricide entre le FLN et le MNA, au cours de laquelle des militants de valeur ont été assassinés par leurs frères. Les militants du MNA n’étaient pas des traîtres ; c’était des nationalistes incapables d’envisager l’indépendance de l’Algérie sans Messali Hadj qui a été, selon l’historien Mohamed Harbi, le leader le plus populaire que l’Algérie ait jamais connu. Abdallah Filali, un militant PPA malheureusement demeuré fidèle à Messali Hadj, aurait dit, avant de mourir en 1957, au jeune fidaï qui l’a exécuté : «Si tu m’avais connu, tu aurais refusé d’accepter cette mission ». Les luttes intestines au sommet du FLN durant la guerre de Libération s’expliquent en partie par le vide laissé par Messali Hadj. Les dirigeants du mouvement craignaient que l’un d’eux s’impose comme LE CHEF national, et c’est probablement ce qui a causé la perte de Abbane Ramdane, théoricien du Congrès de la Soummam. Après avoir «tué le père», les fondateurs du FLN refusaient que l’un deux occupe sa place, se réfugiant derrière le slogan vide de «direction collégiale». Etait-ce une façon non assumée de rendre hommage au père déchu et de lui rester fidèle ? J’ai été personnellement frappé, pour avoir discuté en privé avec Ben Bella et Aït Ahmed de Messali Hadj, du profond respect qu’ils ont pour lui jusqu’à aujourd’hui. J’ai le sentiment que les fondateurs du FLN le considèrent comme un père qui les a abandonnés dans l’entreprise à laquelle il les avait préparés. C’est ce qui expliquerait que le «système» refuse l’émergence d’un chef charismatique dans lequel le peuple se reconnaîtrait. Comme si pour eux Sid el Hadj est irremplaçable. La crise de l’été 1962 n’a été que le prolongement des luttes souterraines d’un mouvement sans leader incontesté. «Un seul héros, le peuple», disait-on aux candidats au leadership. C’est à ce moment que s’impose la personnalité du colonel Houari Boumediene, adjoint de Boussouf à la Wilaya V, après l’intermède de Ben Bella qu’il a utilisé et ensuite renversé. Ben Bella a aussi été un leader charismatique dans lequel les masses populaires se sont reconnues à travers son discours populiste et révolutionnaire promettant que l’Etat sera au service des plus pauvres. «Faire fondre la graisse des bourgeois au hammam » a été une expression qui avait fait mouche, provoquant un enthousiasme délirant dans un meeting populaire. Ben Bella, c’est aussi le président qui faisait des rondes la nuit à Alger pour recueillir les sans-abri. Il était celui qui avait fait casser les boîtes à cirer des jeunes cireurs âgés entre 6 et 14 ans qu’il avait scolarisés avec une bourse. Mais la générosité du zaïm ne suffit pas à elle seule en politique. Quarante ans après, les enfants des anciens cireurs sont des harraga et des émeutiers. C’est là que résident les limites du populisme généreux. Boumediene, l’autre leader charismatique, était en phase avec Ben Bella sur le plan idéologique, mais n’appréciait pas ses méthodes qu’il jugeait anarchiques. Boumediene était l’élève de Boussouf auquel il a succédé à la tête de la Wilaya V. Taciturne, farouchement nationaliste, il recherchait l’efficacité pour moderniser le pays (éthique de responsabilité). Il croyait qu’il suffisait d’industrialiser le pays pour que celui-ci rattrape le retard sur l’Europe. Il ne savait pas que le procès de travail industriel n’est productif que dans un environnement politique régulé par l’autorité légale-rationnelle, la division des pouvoirs et l’autonomie des pouvoirs sociaux, dont le pouvoir syndical et de la presse. Boumediene avait eu une présidence relativement incontestée parce qu’il détenait entre ses mains les deux pouvoirs réel et formel. Il était chef d’Etat, chef du gouvernement, président du Conseil de la Révolution, ministre de la Défense, chef d’état-major depuis l’élimination du colonel Tahar Zbiri et aussi, par conséquent, responsable de la Sécurité militaire qui dépendait directement de lui. Son charisme reposait sur son engagement à réaliser le programme utopique du mouvement national. Il donnait l’impression qu’il était le seul au gouvernement à se préoccuper du peuple, et quand il prononçait un discours à la télévision, les rues des villes et villages se vidaient. Après ses discours, la télévision avait l’habitude de programmer le feuilleton américain «Les incorruptibles» avec l’acteur Robert Stark dans le rôle de Elliot Neiss luttant contre la maffia. Hasard de programmation ou bien Boumediene continuait son discours sous une autre forme ? Après sa mort, le «système » ne voulait pas d’un leader charismatique parce que l’armée craignait qu’une présidence forte la marginalise dans la prise de la décision politique. C’est dans les années 1980 que le régime algérien entre dans une crise qui s’aggravera avec les émeutes d’Octobre 1988. C’était l’époque Chadli, durant laquelle la télévision servait le feuilleton «Dallas» à des téléspectateurs entassés dans des appartements exigus et sans eau. Tous rêvaient de la piscine bleue de Sue Ellen. La crise de la fin des années 1980 s’explique par le refus de l’armée des deux mécanismes d’intégration de tout système politique : le charisme du leader ou l’autorité légale-rationnelle de l’Etat de droit. L’armée ne voulait ni d’un leader charismatique, ni d’un Etat de droit car dans les deux cas elle perdrait de l’influence au profit de civils en lesquels elle n’a pas confiance et qu’elle suspecte de tiédeur nationaliste.
D’où cette structure bicéphale de l’Etat entre un pouvoir réel légitimant, dont nous ne savons pas où il est localisé, et un pouvoir formel, mandaté et détenu par le président et ses ministres qui n’ont que l’autorité que veulent bien leur laisser les militaires. Ce n’est pas porter atteinte à la dignité de la fonction que d’affirmer que le président Bouteflika n’a qu’un pouvoir symbolique. Dans le cas de figure de l’autorité légale-rationnelle, le président de la République est mandaté par l’électorat qui est source de pouvoir. Or, en Algérie, c’est l’armée qui est source de pouvoir et non l’électorat. Par conséquent, ce n’est pas une incohérence d’affirmer que le président n’a pas de pouvoir, en dehors de recevoir les lettres de créances des ambassadeurs étrangers. Le système reste marqué par les lignes de fracture du mouvement national du début des années 1950, entre d’une part les militants de l’OS légitimés par la clandestinité et la répression policière, et ceux du MTLD, accusés de mener une vie mondaine. Le pouvoir reproduit le syndrome de l’OS et est encore dans la clandestinité, refusant le passage wébérien vers la forme légale-rationnelle. C’est là que réside la cause principale de la paralysie de l’Etat et de l’inefficacité qui le caractérise. Cinquante ans après l’Indépendance, l’Algérien ne sait pas qui détient l’autorité au sommet de l’Etat. Ce sentiment que l’Etat n’existe pas provient de ce que le pouvoir est caché ; il est clandestin. C’est plus qu’un sentiment ; c’est une réalité comme l’a montré l’affaire Khalifa. Il y a trop de monde au-dessus de l’Etat et de ses lois. Il suffit qu’il y ait 1 000 personnes au-dessus de l’Etat pour que cela provoque un effet boule de neige et conduit à l’anarchie généralisée : car il y a aussi les parents, la belle-famille, les amis et leurs familles… La clandestinité du pouvoir réel explique l’anarchie dans laquelle le pays s’est installé. Ce qui est encore plus grave, c’est que ceux qui exercent le pouvoir dans la clandestinité nient avoir une autorité au-dessus des institutions. C’est pourquoi Chafik Mesbah considère mes travaux de sociologie comme n’ayant aucun fondement scientifique et ne sont qu’une opinion personnelle issue de passions et de préjugés. En Algérie, la sociologie politique fait face à des acteurs qui nient le rôle véritable qu’ils jouent dans le système, un système où le seul vrai acteur politique dit constamment «ce n’est pas moi», se cachant tantôt derrière le RND, tantôt derrière Sidi Saïd de l’UGTA ou encore l’association de Saïda Benhabylès pour avaliser des décisions qui auront été prises dans la clandestinité et présentées comme étant une exigence des forces vives de la Nation. «Kil blad tekhla adanha ouali roumi», disait mon père.
L’acteur et le système
N’obéissant ni à un chef charismatique, ni à un cadre d’autorité légale-rationnelle, le régime algérien favorise les conflits au sommet et coupe l’Etat de la population, du fait même que cet Etat devient un patrimoine. Max Weber utilise la notion de patrimonialisme pour montrer comment les monarchies européennes de la fin du Moyen-Age se sont constituées en Etats sur la base de l’autorité traditionnelle du roi qui avait tendance à confondre le royaume avec son patrimoine privé, à confondre le budget public avec sa fortune personnelle. La notion a évolué vers celle de néo-patrimonialisme dans les pays du Tiers-Monde puisque, si aucun dirigeant n’ose déclarer officiellement que le pays est à lui, tous affirment néanmoins qu’ils garderont le pouvoir jusqu’à ce qu’ils réalisent la mission que l’histoire leur a confiée ! Le pouvoir est donc privatisé, instituant un régime néopatrimonial où le principe wéberien du monopole de l’exercice de la violence légitime par l’Etat est utilisé pour pourchasser toute opposition politique qu’elle soit démocratique ou non démocratique. Pourtant, ce monopole de la violence n’a de sens que si elle est exercée par une autorité légale-rationnelle dans le cadre de l’Etat de droit. Au-delà de la divergence de fond que j’ai avec M. Mesbah, relative à la structure double du pouvoir de l’Etat, il y a aussi une différence de méthodologie. Du fait de sa proximité avec les militaires qui exercent le pouvoir réel, il a tendance à observer et à privilégier les acteurs, estimant qu’ils ne sont pas aussi méchants que le dit la vox populi. Sa démarche est psychologisante et c’est pourquoi il est exubérant sur le plan affectif. Il devrait savoir que la sociologie est autre chose que l’introspection psychologique. La sociologie politique a pour objet non pas la bonté ou la méchanceté des dirigeants, mais la dynamique des liens sociaux qui se dessine indépendamment de la volonté des individus. Elle s’intéresse au système, à sa logique et aux rapports qu’ont les acteurs au système et aux rapports qu’ont les acteurs entre eux à l’intérieur du système. Il y a une dialectique entre l’acteur et le système qui fait que l’intérêt de l’un conforte la logique de l’autre et inversement. A ce sujet, je voudrais renvoyer Chafik Mesbah aux travaux du sociologue français Michel Crozier, notamment L’acteur et le système et Le phénomène bureaucratique qui montrent des dynamiques désincarnées qui broient les hommes, y compris ceux qui sont aux commandes du système. Le grand débat dans la discipline est celui qui oppose l’Allemand Max Weber au Français Emile Durkheim, le premier donnant de l’importance au sens, à l’acteur et au relativisme méthodologique ; le second mettant en avant les lois du système, les structures devant lesquelles l’acteur semble impuissant. La notoriété de Bourdieu est qu’il a essayé de dépasser ces deux méthodologies en construisant la sociologie de l’habitus — qu’il a élaborée en travaillant sur la société algérienne — où il essaye de montrer que l’agent est autant déterminé que déterminant. Sur ce sujet, je préconise à Chafik Mesbah mon livre Sociologie et anthropologie chez Pierre Bourdieu. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques, dans lequel j’ai inclus un chapitre sur les limites idéologiques du nationalisme algérien à partir de la sociologie de l’habitus. Par conséquent, je peux concéder à Chafik Mesbah que les décideurs sont déterminés par le système et, qu’à titre personnel, ils sont gentils, humains et sont d’honnêtes pères de famille. Il doit néanmoins reconnaître avec moi que le système qu’ils reproduisent est mauvais sur le critère du bilan du régime depuis 1962 : naufrage de l’économie nationale, gaspillage des deniers publics, mauvaise gestion des ressources, corruption, hogra, harga, violence sociale, délabrement de nos rues, perte des valeurs humaines, notamment la bonté et la générosité propres à notre société traditionnelle, etc. Ce n’est donc ni Si Mabrouk ni Si Tewfik que je critique. J’analyse, loin des considérations psychologiques, des dynamiques nées de l’histoire et portées par une culture politique en rupture avec la modernité et l’Etat de droit. La population, née après l’Indépendance, exprime un besoin d’Etat et il faut convenir que l’habitus hérité de la guerre de Libération s’oppose à sa satisfaction. Dire cela n’est pas renier la guerre de Libération qui a été l’une des meilleures pages de l’histoire du pays. Dire cela, c’est se situer au-delà de l’objectif de l’Indépendance que Boussouf et ses compagnons ont réalisée. Pour aller au-delà, il faut vaincre les habitus nés de cette époque et qui sont aujourd’hui, il faut l’admettre, cristallisés dans le DRS, sans que ses fonctionnaires en soient tous forcément conscients. Il nous faut rompre avec cette funeste tendance qui fait croire à l’Algérien qu’il est plus nationaliste que son voisin. Il faut chasser la haine de la cité et humaniser les rapports d’autorité. Il faut mettre en avant l’éthique dont parle Weber et poser comme postulat que la vie humaine est la valeur suprême. C’est sur ce socle que les institutions d’un Etat de droit se bâtissent avec l’idée que la source du pouvoir n’est pas l’armée — avec tout le respect que mérite l’institution — mais l’électorat. «Il votera mal cet électorat», dirat- on. Les élections, c’est l’alternance et il s’agit de se battre pour l’alternance et faire confiance à sa société. Après tout, les Hammou Boutlélis, Ben Bella, Ben Boulaïd, Aït- Ahmed, Boussouf… sont nés de cette société à une époque où très peu d’Algériens allaient à l’école. Une transition est nécessaire pour s’orienter vers un système régulé par l’autorité légalerationnelle, une transition au cours de laquelle aucune goutte de sang, d’un civil ou d’un militaire, ne sera versée. Il faut apprendre à gérer nos divergences politiques institutionnellement, en acceptant que l’Etat ait le monopole de la violence exercé dans le cadre de la loi et que le juge condamne de manière autonome tout abus d’autorité d’un fonctionnaire zélé. Je considère cette perspective en continuité directe avec la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui avait deux objectifs : l’Indépendance du pays, déjà réalisé au moins formellement ; le second, le progrès social et politique au profit de l’Algérien et qui reste à réaliser. Je n’ai pas répondu point par point aux remarques de Chafik Masbah, entre autres sur la question de savoir si Abdelaziz Bouteflika était membre du MALG ou non, et sur la réorganisation des services de renseignement. J’ai esquissé plutôt un cadre historico- théorique de la dynamique politique en Algérie pour lier à une problématique générale les faits qu’il rapporte, et surtout situer les enjeux pour la société et son devenir. (C’est au lecteur, spécialiste ou profane, de juger de la pertinence de mon analyse. Quand on prend la parole en public, il faut s’attendre à être jugé. Cette règle doit aussi s’appliquer à ceux qui exercent l’autorité publique. Est-ce pour se soustraire à ce jugement que le pouvoir en Algérie est caché ?). Mais je ne peux me retenir de relever un passage surprenant du texte de Chafik Mesbah et sur lequel je voudrais conclure mon texte. Mesbah s’étonne que je me focalise sur l’assassinat de Abbane Ramdane et non sur le meurtre de Larbi Ben M’hidi. Je lui ferais cependant remarquer que ce dernier était un colonel d’une armée en opération et qui a été fait prisonnier par l’ennemi qui l’a exécuté en violation des lois de la guerre. Cet acte a déshonoré l’armée coloniale et c’est à la conscience française de l’exorciser. Si le colonel Ben M’hidi avait eu la possibilité de tuer le colonel Bigeard dans un accrochage, il l’aurait fait. Ce n’est pas moi, un civil, qui apprendra les lois de la guerre à un officier supérieur ! L’assassinat de Abbane Ramdane relève d’une autre logique. Il a été tué par ses frères de combat ! Cet assassinat reste dans notre conscience et a une valeur symbolique fondatrice du régime algérien après l’Indépendance. Il signifie que l’assassinat est «hlal» entre nous en cas de divergences politiques. Il signifie que la compétition politique entre nous doit trouver nécessairement sa solution dans l’assassinat. C’est ce que je récuse, et comme le dit la sagesse populaire de chez nous «Daïm Allah».
Lahouari Addi
Professeur des Universités,
IEP de Lyon
Bibliographie
- L. Addi, L’impasse du populisme, ENAL, Alger, 1991
- L. Addi, L’Algérie et la démocratie. Pouvoir et crise du politique dans l’Algérie contemporaine, La Découverte, 1995
- L. Addi, Sociologie et anthropologie chez Pierre Bourdieu. Le paradigme anthropologique kabyle et ses conséquences théoriques, La Découverte, 2002
- P. Bourdieu, C. Passeron, J.P. Chambederon, Le métier de sociologue, Mouton, 1970
- M. Crozier, Le phénomène bureaucratique, Ed. du Seuil, 1982
- M. Crozier, E., Friedberg, L’acteur et le système, Ed. du Seuil, 1977
- E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, PUF, 1978
- M. Harbi, Le FLN. Mirage et réalité, éd. Jeune Afrique, 1980
- M. Harbi, G. Meynier, L e FLN. Documents et Histoire, Fayard, 2004
- G. Meynier, L’histoire intérieure du FLN. 1954-1962, Fayard, 2002
- M. Weber, Economie et société, Presses Pocket, 1995
- M. Weber, Essais sur la théorie de la science, Presses Pocket, 1992
- Max Weber, Le savant et le politique, La Découverte /Poche, 2003.
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38 Commentaires
DJ
sebia12
Dieu vous bénisse Monsieur ADDI.
Issam
Assalamou Alaikoum
Je reviendrai ulterieurement sur cette reponse pleine d’enseignements mais je voudrais d’abord m’adresser a Emir_Khaled pour lui demander quel est le rapport entre le debat de Adi et Mesbah et l’interview que tu as poste ? A mon avis c’est totalement a cote et peut paraitre comme une tentative de brouiller le debat et les commentaires.
Je demande a l’administration du site de publier cette interview ailleurs.
Mes respects.
selmi'lwahrani
J’ai été et je reste opposé à la thèse de la regression féconde,mais force est de constater que l’intervention de Mr ADDI H est d’une pertinence qui force le respect.Notre pays à besoin que ses elites et ses intellectuels se réveillent,s’expriment,animent milles et un forums,pour creercette indispensable culture de reference à la probité,la moralité,les droits humains,ceux de l’individu dans ses rapports à un etat légitime.
Emir_Khaled
@Issam.
Je ne veux pas brouiller les debats ou les commentaires. Je veux juste contribuer par l’apport de cette interview aux debats d’une facon general.
Mais je suis d’accord si DB veut bien de publier cette interview ailleurs. Je pense que l’affaire du Sahara est aussi importante a discuter.
Amicalement.
Loudi
Il y a dans ce débat entre MM Addi et Mesbah l’annonce d’une bonne nouvelle. L’histoire et l’actualité algériennes sont entrées dans le champ intellectuel. Sans vouloir préjuger des intentions de M.Mesbah, qui a l’honnêteté de ne pas cacher son voisinage avec le DRS, il n’en demeure pas moins qu’il aura été le catalyseur d’une dynamique nouvelle. Au cas où les lecteurs de Tahiabladi ne l’auraient pas remarqué, c’est la première fois dans l’histoire de la presse algérienne que le DRS est directement mis en cause dans un journal algérien; M.Addi y affirme sans ambages que le DRS est le vrai détenteur du pouvoir en Algérie. Il dit aussi que le chef de l’Etat est dans une position où il ne peut pas assumer les charges qui sont les siennes, conformément à la constitution du pays. C’est un tournant historique de très grande importance dans la configuration même des mécanismes qui régulent la vie politique de notre pays. C’est un signal audible de la part des régulateurs de la chose politique qui vient d’être lancé. Le fait que c’est Monsieur Addi qui a inauguré cette liberté nouvelle d’aller au fond du problème algérien n’est pas fortuit. Il ne faut pas perdre de vue que M.Addi avait été des premiers à condamner l’interruption du processus électoral et qu’il avait même souhaité, dans sa fameuse “regression féconde” que la dynamique islamiste pourrait enclencher un processus de normalisation du système politique même si elle était porteuse de régression. M.Chafik, dont je ne doute pas du patriotisme et de l’honnêteté intellectuelle, même s’il traîne des boulets, a toujours privilégié le débat intellectuel et ne s’est jamais dérobé aux convictions qui sont les siennes, alors qu’elles sont difficilement défendables.
Je suis personnellement ravi que le débat s’enclenche. Il est vital que les intellectuels comprennent que le moment est venu de s’impliquer dans le débat qui s’amorce. Les forces cachées qui ont donné leur aval à cette initiative ont besoin d’être confortées dans leur entreprise qui ne peut être que salutaire, qui ne peut être guidée que par des intentions nobles. Il ne faut pas perdre de vue qu’elles sont sujettes à un rapport de forces et que si elles ne sont pas suivies par les élites intellectuelles, leur initiative sera vouée à l’échec.
Alors, plutôt que de nous focaliser sur des procès d’intention, il faut nous engager dans la voie qui vient de nous être ouverte. Certes le chemin est ardu. Mais rien n’est acquis à l’Homme, s’il ne monte au créneau.
Je voudrais, en guise de conclusion, dire que jamais une telle opportunité ne s’est présentée aux intellectuels de forcer les contraintes de la crise. Tahiabladi est un espace ouvert et libre qui permet l’expression libre. Les décideurs sont dans une phase descendante. Ils sont tous très âgés, malades et coupés des réalités du pays. Une contestation populaire montante les inquiète au lus haut point. De nouvelles forces émergent au sein de l’ANP. L’Algérie dispose de moyens financiers inespérés pour dessiner une nouvelle amorce. Le régime se trouve confronté à un probleme insurmontable de légitimité pour le prochain mandat.
Si les intellectuels ratent ce coche et qu’ils continuent de se terrer dans leur démobilisation, ils auront à assumer le jugement sévère de l’Histoire.
Loudi
Issam
Assalamou alaikoum.
Mr Loudi,
Plusieurs points meritent d’etre souleves:
C’est vrai que c’est la premiere fois que des algeriens dialoguent sur le role largement anti constitutionnel du DRS sur les pages d’un quotidien algerien mais cela n’est qu’un detail technique parceque dans un monde domine par les technologies nouvelles de communications, ca ne sert a rien de cacher quoique se soit. mieux encore le DRS peut paraitre vouloir jouer le jeu de la transparence et c’est exactement le but de cette provocation nee de la citation du nom de Mr Addi lors de l’interview accorde a Mr Mesbah par Si Hamlet.
Toute cette cascade de reponses-reactions est bien orchestree et je me demande quel est l’objectif reel ? A mon avis c’est un conflit interne au DRS : pro et anti Americains. Nous allons certainement voir une riposte du Clan-Bush dans les prochains jours.Alors ou bien ce schisme s’approfondie et on assistera a un coup d’Etat au sein du vrai Etat ou bien ils arriveront a un consensus et tout rentrera dans l’ordre.
Je me souviens quand El Watan a annonce le depart du General Mediene et a publie sa photo. Beuacoup y ont vu un signe d’un rare bravoure, mais la suite a prouve que le reigne du clan Americain ne va pas terminer de si tot. Bouteflika lui meme a dis dans l’un de ses discours que l’algerie est gouvernee par 15 personnes que tout le monde conaissait…sans lendemains. Selon d’autres indiscretions des militaires hauts grades ne cessent de critiquer eux meme le systeme.
Un debat intellectuel quelque soit son envergure et sa profondeur ne remplacera jamais un large mouvement social de protestation continue faisant fi de ses tergiversations su sein du pouvoir.
Ce qui manque c’est une dose d’action sur le terrain et la nous testerons la bonne volonte du DRS. Ils peuvent tolerer un article aussi critique qu’il soit mais tolereront ils une marche, une greve avce des banderoles : Armee aux casernes ou DRS khlass ?
Je suis entrain de suivre avec interet ce debat mais pour des raisons purement intellectuelle mais je ne vois pas comment cela peut passere du theorique au reel, de l’hypothese a l’experimentation.
Ta remarque sur les nouvelles generations d’officiers superieurs est pertinente mais a mon avis viendra le jour ou nous verrons que les generaux actuels sont des saints par rapport a ceux qui attendent leur heure. je ne suis pas tres chaud a l’idee que ceux qui viennent sont meilleurs. ils sotn peut etre differents mais nourris du meme sein. Je pense qu’une solution est plus probable avec les gneraux actuels qu’avec leurs cadets.
Concernant les periles du prochain mandat je pense qu’ils sont surdimensionnes. Il y aura une solution si l’option bouteflika ne fait pas l’unanimite et ce sera un historique qui siegera a el mouradia. s’ils ont pu penser a ramener Boudiaf de son exil maroccain ils vont trouver quelqu’un ici. C’est pas vraiment un problem pour eux.
Mr Addi se defend comme il peut et n’en a meme pas le choix car provoque. Ils est brillant et plein de sagesse mais il ne pourra remplacer l’action politique directe, seul moyen de brusquer l’ordre dominant.
J’y reviendrai a la lumiere des interventions.
N.B : @ Emir : Ma remarque concernant ton poste etait toute amicale. Je m’excuse si je t’ai offense.
Mourad B
Bonjour,
J’ai suivi tout le débat entre Lahouari et Chafik. A mon grand étonnement, et malgré les apparences leurs analyses et modélisation sociologique de la structure de la société Algérienne s’intègrent :
- Chafik : ” Une société réelle ” + “Une société virtuelle ”
- Lahouari : ” Une société réelle ” + “Une société virtuelle = institutions de façade ( pouvoir virtuel ) + ANP et DRS ( pouvoir réel clandestin voulu ) ”
En conclusion, leurs constats sont les mêmes avec une prime pour Lhouari qui développe plus la partie société virtuelle de Chafik ( chose qui peut s’expliquer par la plus grande neutralité et impartialité du sociologue et par le parcours professionnel au sein de l’ANP et du DRS de Chafik )
Cordialement.
Mourad
Emir_khaled
Avez-vous vu la prestation de Bouteflika en Iran. je me demande comment il fait ….Desole…
Comment peut-on gouverner un pays avec un tels niveau BIO INTELECT…..
Les analyses sur un PRETENDU differend DRS-PRESIDENCE…..tombent a l’eau….Quelques-parts un POUVOIR REEL DIRIGE L’ALGERIE….
Amicalement
Khaled
fethi
Mille fois merci Mr ADDI.Votre analyse eclaircit beaucoup de zones d’ombres.Le peuple ignore encore ce qui c’est passe durant et apres la guerre de l’independance .
L’Algerie a besoin de ses intelectuels et de ce genre de debats afin d’informer le plus du monde possible,ce qui se passe reelement dans notre pays.
Merci aussi a Tahiabladi et a ces Hommes pour ce combat que vous menez .
Cordialement,
Amine
Salam alaikoum;
Merci beaucoup monsieur ADDI pour ce nième cours, ce débat est très important, il représente à mon avis les deux pensées opposées qui ont marqué la politique de l’Algérie indépendante.
Il y a une volonté de changement pacifique de la majorité du peuple qui doit être propulsée par une élite dispersée pour le moment.l’intellectuelle algérien doit croire à un nouvel ordre politico-social en Algérie, mais surtout croire en ses idées de développement et de civilisation.
Ma question, pourquoi les colonne de la presse sont actuellement ouverte à ce débat DANGEREUX pour le régime?! est-ce pour donner une image d’ouverture du régime à la veille des prochaines échéances électorales??
Est-ce que les journaux seront toujours ouverts au intellectuels dont les analyses vont contre le vent souffler par la propagande du régime??
Monsieur ADDI et tous les universitaires, journalistes…. algériens doivent continuer à exprimer leur idées et nous enseigner par leurs articles riches, avec ou sans la presse nationale!!!!
Tahiabladi et youtub nous offre un espace d’échange en toute liberté (en respectant la charte bien sur), il faut que cette prise de conscience se généralise.
Message au jeunes, arrêtons de dire “el bled rahet”, arrêtons d’être défaitistes, arrêtons de parler de la plage des filles et des voitures dans les cafés!!!
Les Hammou Boutlélis, Ben Bella, Ben Boulaïd, Aït- Ahmed … la génération de mon grand père, ont cru à l’indépendence, ils ont pu effectivement la réaliser, mais ils ont échoué dans la construction d’un état de droit !!!!
Nous devons travailler pour mener cette mission jusqu’au bout.
Nos intellectuelles, nous doivent respect et encadrement, nous les jeunes nous devons tout à la patrie, le débat a commencé et ne s’arrêtera plus jamais inchallah!
Monsieur ADDI, je n’ai jamais perdu espoir de voir des jours meilleurs en Algérie, je n’ai jamais douté de la compétence algérienne (contrairement à BOUTEFLIKA), en vous lisant je vois que j’ai raison d’espérer!
travaillons messieurs!!!
Fraternellement.
Salam alaikoum.
shadow
M. Addi
l’intention de C. Mesbah n’a jamais etait de verser and un debat franc et serieux car c’est quelqu’un (comme ses maitres) qui adore pecher dans les eaux troubles. Cordialement.
Abdelwahab
Les conflits, les guerres, les affrontements et les coups tordus etc…sont toujours faits entre des gens qui à priori ne se connaissent pas entre eux….mais d’un autre côté, et c’est toujours le cas, ils le font pour le compte de gens qui se connaissent très bien entre eux…!
Le motif central qui a déclenché ce débat récent et cru, et sans censures, entre intellectuels algériens me laisse perplexe et suspicieux quelques part. Je m’expliques :
D’abord un Grand Merci à Monsieur Addi pour ce diagnostic scientifique quant à l’histoire et l’actualité de l’essence même du pouvoir algérien. Mr. Addi a fait son devoir, son travail, en son âme et conscience en répondant aux critiques, et en remettant réellement les pendules à l’heure , comme à son habitude.
Par contre, si je fais un petit raccourçi des interventions du pouvoir depuis quelques temps via Ould-Kéblia, un ricochet chez Ait hamlat et pour finir chez Mesbah….Je trouves cela un peu louche, parce que ces trois personnages appartiennent toujours au MALG/DRS. On ne prend jamais la retraite ,au sens figuré du terme, quand on a travaillé pour le MALG/DRS. Donc Messieurs, à quoi ça rime tout ce remue-ménage. Est-ce une opération blanche cybernético-manipulatrice de la part des Services ? Pourquoi franchement Chafik Mesbah a-t-il provoqué Mr. Addi ? Pour le faire parler et étaler ses vérités sur un journal pseudo-indépendant ? Pour quels buts ? Je doutes fort que le Colonel Zoubir (patron des journaux pseudo-indépendants) soit impliqué dans cette opération, parce on voit d’ici , que c’est une opération de haute voltige gérée par les anciennes élites intellectuelles du DRS…Qu’est ce qui a changé au cœur du pouvoir récemment et je dirais même par l’au-delà de sa galaxie ?
Est-ce que ce pouvoir pense t il s’en sortir à la manière Sud-Coréenne ? Est-ce le début d’une nouvelle ère ? Pourquoi le pouvoir voudrait il, tout à coup initier et déclencher ce débat profond avec nos chérs intellectuels ?
L’initiative du débat provoqué entre intellects est louable, même si les intentions du DRS sont malsaines, sinon pourquoi ce stratagème de sortie de crise n’a pas été utiliser, du moins au départ de Chadli…Comme dit le vieux proverbe, il ne reste des flots d’un oued rien que ses galets…faces à faces, comme présentement le font nos intellectuels des deux bords de la société malheureusement déchirée…élites DRS versus élites éparpillées civiles. Quel gâchis ! Qui en profitent tangiblement ?
Alors comme le recommande une des dernières interventions de Mr.Benchenouf, commençons par parler entre nous tous et crevons les abcés un par un jusqu’à guérison totale de cette pauvre Algérie .
Issam
Assalamou Alaikoum
@Abdelwahab
Je me demande pourquoi les patrons du DRS s’ils ont l’intention, comme vous le proposez en hypothese, de tourner la page et reformer l’Etat vont ils recourir a une telle maniere : Ouvrir un debat avec les intellectuels, via Addi.
Que va leur dire Addi ou un autre qu’ils ne savent pas ? Que pesent les intellectuels dans ce conflit politique de titans ? Rien ou presque.
Imaginons que demain touts les intellectuels algeriens de bonne volonte se reunissent et signent une petition claire et nette sur la necessite de changer radicalement le systeme a commencer par le DRS et la relation Armee/Politique. Pensez vous que cela poussera le pouvoir reel a verser quelques larmes et organiser une transition ? Pas du tout.
Le DRS sait tout et s’ils veulent faire quelque chose positive, Ils n’ont qu’a faire un geste fort : Declarer l’independance de l’Armee du pouvoir politique et laissent les prochaines elections presidentielles/ parlementaire se derouler dans la transparence et accepter le resultat. Ils peuvent negocier des guarantis mais dans le cadrre du droit, pas plus.
A defaut d’un geste fort je ne vois pas comment le peuple va leur faire confiance.
A mon avis le probleme est devenu plus complexe parceque le pouvoir militaire et le pouvoir financier sont desormais entre les memes mains. Deriere chaque fortune il y a un general. C’est le neoud du problem. Le DRS n’a plus d’idoelogie. si c’etait le cas nous pouvons en debattre, mais il s’est mue en guarant du business et de la perenite des profits. C’est a eux de reviser leur copie, pas aux intellectuels.
Tant que nous faisons dans la confusion des genres rien ne bougera. un general s’il veut faire des affaire doit quitter l’Armee. Trop de pouvoirs sont concentres dans les mains des militaires…vraiment trop.
Lors des dernieres elections presidentielles, des partis et des personnalites politiques sont alles d’abord demande au DRS si Bouteflika etait toujours sous leru bonne grace pour decider quoi faire. Alors le DRS a joue la confusion Benflis pour donner l’impression d’un vote democratique…et Boutef est reste president. Ils controlent tout et personne ne peut les deloger sauf : un geste de leur part, un mouvement de correction au sein de l’Armee ou un mouvmeent populaire fort et soutenu.
Tout est clair en Algerie sauf pour ceux qui ne veulent pas voir.
Salam à vous tous.
A la réponse du Pr.Addi à Mr. Mesbah, je ne peux qu’applaudir d’autant plus qu’il exprime du moins mon sentiment personnel sur le pouvoir à travers cet exemple du “syndrome du soldat japonais”. Le temps s’est suspendu au dessus du paysage Algérie et je me permets de le dire, pour notre pouvoir, “nous n’existons que dans leur passé”.
Je me souviens d’un reportage fait dans les années 80 par la télévision Algérienne dans l’Algérie profonde, lors d’une opération de vote qui nous faisait découvrire et à ma grande stupéfaction un paysan Algérien qui ne savait même pas que l’Algérie était devenue indépendante. C’est dire que le pouvoir de l’époque était complétement hors des réalités historiques, mais pire encore, il a mis une partie de la population hors de ces réalités.
Loin de ces réalités historiques, les enfants cireurs d’hier que cite le Pr. Addi ou les vendeurs de journeaux à la criée ou autres enfants, rêvaient tous d’une Algérie meilleure comme cette jeunesse d’aujourd’hui mais les uns comme les autres n’avaient aucune perspéctive, sinon de continuer à rêver pour une Algérie meilleure ou pour une vie ailleure. Beaucoups de ces cireurs et autres sont partis qui aux maquis, qui sur un bateau et ne sont plus revenus. Aujourd’hui, les harragas enfants de cireurs refusent cette perspective et ils le démontre.
Aujourd’hui, Boussouf, Ben Bella, Boumédienne c’est du passé, seule l’histoire retiendra les faits. L’Algérien doit apprendre à voir le futur et de s’y préparer à le construire car c’est justement ce passé qui l’empêche d’avancer et ce genre de débats n’en est que le commencement, une sorte d’esquisse pouvant être remodelée plusieures fois pour finalement aboutir à l’exécution du plan parfait. L’Algérie de demain, celle rêvée par tous les Algériens est un gigantesque projet dont seuls nos élites et nous tous pouvons réaliser. Tout simplement, il faut y aller et y croire! Car demain, c’est Aujourd’hui!
Salam.
Et si on imaginait qu’il n’y a pas eu d’interruption du processus électoral?
Le FIS est devenu donc la principale force politique du pays.
Le chef de l’Etat est obligé de nommer un chef du gouvernement issu de la mouvance du parti majoritaire à l’APN.
Première remarque: Une véritable démocratie s’installe, puisque l’Etat s’incline devant la volonté populaire.
Le gouvernement, islamiste, met en pratique les promesses qu’il a faites à ses électeurs. Il propose des lois à même de concrétiser son programme. En plus des mesures tangibles qui pourraient faire croire à une véritable islamisation, telles que la fermeture des bars, le réaménagement de certaines dispositions
du droit civil et quelques autres dispositions d’ordre social, il se rend vite compte qu’il n’a été élu que par une proportion minoritaire de la population. Il ne faut pas oublier que l’abstention a été importante lors de ces élections. Il faut aussi se rappeler que la majorité des électeurs qui ont choisi le FIS, ou du moins une partie importante de ceux-ci, ont voté pour lui plus pour les promesses de justice sociale que pour l’instauration d’une république islamiste.
Le sachant pertinemment, le nouveau gouvernement va donc s’atteler à demander des comptes à tous ceux qui ont pillé le pays. Rien de plus productif. Et en ce faisant, en demandant le rapatriement des fortunes volées par les barons du régime, en les jugeant, en les clouant au pilori, le gouvernement islamiste va gagner de longs mois de répit.
Mais la gestion d’un pays ne peut pas se nourrir que de lynchages médiatiques. Il faut faire fonctionner le pays. Il faut le gérer.
Devant les vraies difficultés qui se présenteront à lui, le gouvernement islamiste pourrait être tenté de prendre la totalité du pouvoir, pour imposer une dictature. Mais le chef de l’Etat est le chef suprême des armées. Si les islamistes tentent de déborder le cadre républicain de l’Etat, il peut les en empêcher par la force. Et, à la différence de l’interruption du processus électoral, il aurait la légitimité pour lui. Et tous les démocrates, les vrais, ceux qui ne fonctionnent pas à l’injonction des voyous auto galonnés seraient de son côté.
On peut aussi imaginer que le gouvernement islamiste, soucieux de respecter l’alternance démocratique qui l’a installé au pouvoir, joue le jeu jusqu’aux prochaines échéances. Auquel cas, devant de nouvelles élections, il n’y aurait qu’une alternative:
Ou bien le gouvernement islamiste à tenu ses promesses et il est réélu par le peuple.
Ou bien il se sera montré incapable de concrétiser ses promesses et le peuple le disqualifie par la voie des urnes.
Mais entretemps, il aura au moins réussi à nettoyer les écuries d’Augias en nous débarrassant des vampires qui se sustentaient du sang de la nation.
C’est cela la régression féconde.
Au lieu de cela, des généraux et des forces occultes, dès l’annonce des résultats qui ont donné le FIS gagnant, ont tenté de contacter les leaders de cette mouvance politique pour être rassurés sur leur sort. Ils étaient prêts à accepter que les islamistes accèdent au pouvoir à la seule condition qu’ils ne soient jamais inquiétés. Abbassi Madani, du fond de sa résidence surveillée, qui est un politicien averti, leur avait assuré que la page serait tournée et qu’il ne serait pas question de les juger, et encore moins de les inquiéter de la plus petite façon. Mais d’autres leaders islamistes, plus radicaux, des camelots et des vendeurs de sardines, des Savonarole pleins de suffisance imbécile, incapables d’avoir une vision politique intelligente, leur firent savoir que le peuple les avait désignés pour leur demander des comptes. Et qu’ils allaient les pendre sur la place publique. A-t-on idée de menacer quelqu’un, de cette façon, alors qu’il est le plus fort? Peut-on être aussi bête? Et à la limite, n’est-il pas compréhensible que des gens, aussi criminels soient ils, ne mettent-ils pas tout en œuvre pour sauver leurs peaux?
Ce fut la plume qui fit tomber la balance. Les généraux n’avaient plus le choix. Il fallait qu’ils sauvent leurs peaux. N’importe quel petit voleur de poules aurait au leur réaction si on lui avait promis le gibet. Et c’est ainsi que ces voyous, ces voleurs, ces corrompus, se muèrent en sauveurs de la république. Ces despotes grossiers et brutaux s’érigèrent en rempart de la démocratie contre le péril islamiste. Ils devinrent,sous la plume de plumitifs mercenaires, et d’intellectuels de commande, les héros de la République. Ils battirent le rappel de leurs relais dans la société civile, se servirent de la presse dite libre et d’”intellectuels” occidentaux rémunérés, pour exagérer le danger mortel des islamistes, activèrent leurs relais politiques occidentaux, tout aussi bien remerciés en cash, et interrompirent le processus démocratique. La suite est connue. Le plus horrible a été la phase durant laquelle devant la réaction armée des islamistes, ils ont activé un carnage contre les populations civiles, pour faire basculer l’opinion en leur faveur. Les Algériens ne se rendirent même pas compte que pendant les premiers mois de l’insurrection islamiste, pas un seul civil ne fut assassiné. Même les familles des agents des policiers, des gendarmes et des militaires, qui vivaient pourtant dans des quartiers populaires, ne furent inquiétées. Pas un seul cas. Redha Malek, le Chef du gouvernement et agent fidèle des généraux qui l’avaient installé dans cette charge, dans un discours mémorable annonça que la “peur allait changer de camp”. Dès le lendemain, les massacres de civils commencèrent. Le terrorisme avait été pris en main. De main de maître. 200 000 morts plus tard, la manipulation dure toujours. Avec des variantes subtiles. Comme celle des moines trappistes ou du métro parisien.
La question que nous sommes en droit de nous poser aujourd’hui est celle-ci: Que se serait-il passé, s’il n’y avait pas d’interruption du processus électoral?
D.B
Un commentaire de Harrag paru sur un autre article:
@Djoundi
N´en déplaise aux amis comme Djoundi,
Le FIS fût la plus grande force politique qui a fait apparition après l´ouverture du champ politique en conséquence des évènementsd´octobre 1988. Ce parti ne fût certainement pas le plus subtile. Il n´a souvent pas fait preuve de modestie et de sagesse. Mais je me pose souvent la question sur l´attitude de n´importe quelle autre formation politique si elle avait la sympathie et le soutien du quart de ce qu´avait le FIS. La guerre tout azimuts que subit cette formation depuis son apparition: pouvoir, partis politiques, presse, étranger,… la poussa inévitablement à une polarisation nuisible et une radicalisation progressive. Les résultats inattendus des législatives de Décembre 91 ont poussé le cabinet noir affolé vers le coup d´état dont l´Algérie subit les conséquences à ce jour.
Avec son interdiction, le FIS fût privé du droit naturel de toute formation politique d´apprendre, de corriger le tir (pacifique), d´évoluer et de mûrir à l´exercice des responsabilités. Une décantation (déja commencée) aurait permis aux légalistes autour de feu Hachani (mort pour ce qu´il représentait) d´assainir le parti et de neutraliser les franges extrémistes. Mais les janviéristes écartant les vainqueurs du scrutin (FIS, FFS, FLN) rassemblèrents les vaincus comme fassade autour d´un historique (feu Boudiaf) complètement déboussolé, avant de l´assassiner quelques mois plus tard. On connait la suite.
Libre à chacun d´avoir son opinion sur l´expérience FIS, mais nul ne peut nier:
ni son algérianité 100% :
les sympathisants du partis se compait parmi toutes les couches de la société algérienne : femmes, hommes , étudiants, cadres supérieurs, chômeurs, intellectuels, militaires, commercants etc …
ni sa volonté (trop naive) d´en finir avec le pouvoir corrompu (ce qui lui a valu sa propre fin)
Arrêtons de falsifier une histoire dont nous-mêmes fûres témoins.
On peut écrire des livres sur les erreurs du FIS, et il en a eu, mais cela n´occulte en rien une vérité:
Ce parti fût le moteur de la revendication démocratique même si certaines de ses franges considéraient la démocratie comme impie ou en contradiction avec l´islam. Celui qui s´arrête devant ce paradoxe pour crier à l´exclusion des partis islamistes n´a rien compris au cas algérien (ou turque) et se fait volontairement ou pas, l´allié de ceux qui ont réussi à ignorer la volonté de ce peuple dont ils s´éloignent chaque jour un peu plus.
Salutations fraternelles.
Issam
Assalmou alaikoum
Et voila que le FIS refait surface.
Commencons d’abord par le scenario de Mr. Benchenouf qui reste tres plausible mais oublie t-il que lire les evenements d’une facon aussi lineaire est porteur de fausses conclusions. Le FIS n’etait pas un phenomene naturel, c’etait un ” Geant de 18 mois” comme titrait Le monde un de ses commentaires apres la victorie des elections locales. Le FIS est un cas particulier qui n’obeit a aucun model qui puisse etre etudie sans puiser dans une panoplie d’outils methodologique et scientifique. Le FIS fut la reponse a un voeu profond de la societe algerienne, prise par un moment de deficience spirituelle et de besoin, en partie reel et en partie suggere, de purete. Il representait une solution magistrale et un substitut ideal au FLN. Les algeriens voulaient un FLN sans corruption, avec des valeurs morales.
Le FIS cn’etait pas un parti au sens connu du terme, c’etait un mouvement ou tout s’entassait. Du Phd en physique nucleaire forme dans les universites modiales les plus prestigieuses au takfiri jihadistes. un melting pot terrible. Le probleme fondamental au sein du FIS fut a mon avis ce que j’appel ” la dictature des imams” qui controlaient le parti en controlant le message du Front. Les politiques eux faisaient face a leur “syndrome boussouf” face au jusqu’au boutisme des jihadistes. Ils n’arriveront jamais a assoire leur pouvoir.
Dans des cas extremes c’etait l’epicier du coin qui dirigeait la cellule FIs du quartier ou se trouvaient des universitaires car ceux ci sont complexes par leurs langue arabe approximative ou leur peu reluisante base theologique. Le moment etait au verbe et non a l’esprit. C’etait une marche forcee vers El mouradia. Et pour cause : Le sentiment que le pouvoir vit son dernier quart d’heure. Ce qui a ete demanti par les evenements.
La ruse n’etait pas le fort de Abassi a qui beaucoup donnent un credit et une dimension a mon avis usurpes.Il symbolisait le FLN dans ses nouveaux habits. il n’a jamais etait FIS dans le sens ed la rupture. il avait ses propres batailles, encrees dans le passe. Il ne trouvait a proposer comme programme economique qu’un vague reve de transformer le sahara en Caliphornie. La parenthese Hachani a ete l’exemple edifiant que le FIs a trop perdu du temps avec le duo Abassi-Belhaj.
Hachani representait quelque chose en matiere de politque. Premiere decision : La marche du premier novembre et la reinsertion du FIS dans l’heritage symbolique national. Plus d’allegences a quelques Cheikh Saoudis qui passent le plein de leur temps a divaguer entre deux repas fastidieux mais un reour aux sources. C’etait, helas, trop tard. Le pouvoir s’est regroupe.
Maintenant s’adonner a des jeux d’imagination ne sert et ne servira a rien. Le mal est fait. Est ce un argument pour faire bouger la conscience des generaux ?
La question qui reste suspendue : Le FIS etait-il infiltre des le debut, des sa constitution? Par infiltre je ne veux pas dire les agents qui rapoortent ce qui se passe mais infiltre au niveau de sa direction pour parrer a toute derive. je ne peux jusqu’a aujourd’hui comprendre comment l’agrement a ete accorde au FIS. A mediter..
Mes respects et a un autre poste.
anouar
@Issam: RESPECTUEUSEMENT, bien sur après ETTEHIA,je voudrais si vous voulez bien me permettre de vous dire que le FIS FUT L’AVÈNEMENT naturel d’un courant qui militait dans la clandestine depuis le début des années 70.certes ces cadres de la première heure ont été formés que dire adhérer aux principes qu’étalait la déclaration du premier novembre à savoir l’instauration d’une république respectueuse des valeurs de l’ISLAM.
Durant cette période,le pays était vraiment ouvert ! ne vous étonnez pas , c’etait l’une des failles qu’avait fait le pouvoir dans le milieu universitaire ,les colloques et rencontres entre d’imminentes personnalités(RUSSE, américaines, d’obédience MUSULMANE COLORE si j’ose dire par quelques personnalités du moyen orient) furent le socle qui a fait que la rencontre de différents courants à l’intérieur du pays se rencontrèrent…….ALGER FUT LE TERRAIN PROPICE , la suite vous la connaissez …….
Issam
@anouar:
Assalamou Alaikoum
Merci cher frere pour ta reponse.
Les membres du FIS activaient certainement ci et la mais pas de facon peu ou pesque pas organisee. Les plus encadres etaient les Jaz’arites qui vont constitue apres ce qui il y avait d’intelligence au sein du FIS. Les salafis eux tournaient autour de plusieurs imams et changeaient leurs allegences selon le degre d’extremisme affiche par ceux la.
D’autres formations islamistes, surtout la branche algerienne de l’organisation internationale des Freres musulmans( Future Hamas), etaient plus structurees en ce sens.
Je me permets de ne pas accepter la these de l’emanation naturelle du FIS car il representait plus un montage prefabrique a des objectifs de tres court terme : accession au pouvoir et non pas un parti qui resumait le combat de tous les islamistes algeriens. C’etait une armee electorale pas un parti politique.La preuve est l’absemce totale d’un programme ( j’ai lu ce qu’ils ont appelle programme et qui n’avait de programme que le nom). Le FIS n’etait pas naturelle. Le FFS l’etait par exemple.
Ensuite, pourquoi les personnes deriere le FIS voyaient elles une necessite pour creer un parti a ce moment exactement ? La sagesse aurait ete de rster loin, lire les evenements et se preparer serieusement pour gouverner. L’opposition peut se faire de plusieres manieres. C’etait la precipitation et les erreurs de jeunesse.
Je veux maintenant discuter le point de la declaration du 1er Novembre. Pour moi c’est un leure. Toute les formations politiques se revendiquent de cette declaration mais le problem est le suivant : Quelles sont les valeurs de l’Islam dont on parle ici ? Si on parle de morale c’est une valeur humaine mais si on parle de legislation islamique c’est different.
Les gens se trompent enormement sur ce point. Les valeurs islamiques ne s’opposent pas aux valeurs humaines car l’Islam est venu pour la promotion de l’humain, mais le sophisme commence par l’utilisation pernicieuse de cette declaration a des fins politique. Meme le PAGS se revendiquait d’Abou dhar al ghifari, le premier socialiste musulmans selon eux. Cette declaration il faut la lire dans son contexte et son utilite pour rassembler le peuple a la veille d’une lutte armee et ne pas la hisser au niveau du Sacre. Sous les projecteurs de l’analyse elle ne tiens pas.
A ma connaissance il n’a jamais ete question d’appliquer la Chari’a apres l’independance et aucun texte ou document ne peut prouver cela. Les chefs de la revolution et plus largement le peuple algerien etait musulmans a des niveaux differents mais la comprehension generale de la chose religieuse etait tres religieuse et meme “khourafiya”. Le peuple algerien n’etait pas musulman sur la recette salafi que le FIS proposait 30 ans apres.
Cette declaration doit etre laisser reposer en paix, elle ne sert a rien en 2008.
Je reviendrai apres sur l’ouverture des annees 80. Je dois sortir maintenant.
Mes fraternelles salutations
sebia12
Cher ISSAM,
Bonjour,
Je rejoins votre point de vue dans la forme mais pas dans les détails.
Le FIS a réussi là ou les autres partis ont échoués en raison de leur manque de crédibilités aux yeux des algériens de part leur passé. Il a su conquérir la MASSE populaire. Ce ‘n’est surement pas dans son programme économique, social et politique car il en avait pas, du moins un programme en bonne et due forme. En revanche son seul cheval de batail était la rupture avec un système corrompu pour lequel il voyait les algériens, de toute catégorie sociale et intellectuelle, prêts à s’en débarrasser à n’importe quel prix. On peut donc déduire que le FIS avait utilisé de meilleurs atouts que ses rivaux dans sa compagne électorale. Toutefois, le pouvoir en place avait, et a toujours, comme premier ennemie la MASSE POPULAIRE , car sans cette dernière le FIS ne représentait aucun danger pour le pouvoir et la nomenklatura qu’il lui sert de cordon beylical. L’exemple des partis dits islamistes et faisant, aujourd’hui, partie de la coalition présidentielle montre que le pouvoir n’a pas peur des partis religieux. Au contraire, il a créé le FIS dans le but d’utiliser le milieu religieux pour asseoir son pouvoir. Durant les événements d’octobre 88, il a utilisé un certain Ali Benhadj, quasiment inconnu par les algériens, pour encadrer officieusement les jeunes manifestants de BEO et empêcher toute dérive éventuelle. Certains ouvrages disent que c’est à ce moment là que l’idée de créer un parti religieux est venue aux décideurs. L’infiltration du FIS est donc évidente. Ceci explique que l’acharnement du pouvoir contre le FIS était dirigé, en réalité, contre le mouvement de masse et qu’il avait réservé le même sort pour tout parti ayant utilisé cette MASSE en sa faveur par crainte de perdre son hégémonie.
anouar
@Issam: Salem alaikum.
Sans problème aucun, c’est votre déduction vis-à-vis du FRONT ISLAMIQUE DU SALUT.
Une chose est sure ,le programme du fis conçu et réalisé par des gens que j’ai côtoyé est j’allais dire exemplaire (voir les archives des sites du FIS )
N’ayant pas participé à son élaboration directement, mais j’avais partie des structures de reflexion qui existaient alors au niveau des bureaux de chaque localité , ce fut un travail d’équipe extraordinaire ,ainsi , ceux qui participaient , représentaient toutes les couches et tendance dont le potentiel des richesses aussi bien religieuse, économique culturelle sans oublier dites-vous la vision exogène que faisait le parti pour le monde extérieur :
Vous dire que c’etait le parfait ! SEUL le TOUT PUISSANT L’EST ! mais c’était un travail exemplaire,personnellement , j’en ai tiré profit au contact des intellectuels dévoués à la cause et au pays. BEAUCOUP D’entre eux sont morts ,Qu’ ALLAH LEUR ACCORDE INCHAALLAH LA PARADIS.
anouar
@anouar: LE PARADIS ET LES GRATIFIE INCHAALLAH DE TITRE DE CHOUHADA AVEC ESSADIKINE OUA DJENNAT EL FERDOUS INCHAALLAH afin qu’ils puissent interceder pour nous auprés du SEIGNEUR AMINE YA ALLAH.
le-zouave
bravo mon cher issam!! je trouve vos analyses tres pertinentes ,cartesiennes et enrichissantes!!! pas comme certains adeptes qui versent encore dans “l’IRRATIONNEL” et qui nous abreuvent de sourates a tout bout de champ! ces gens la font exactement le jeu du pouvoir!! comme l’a fait Abassi Madani, ex president d’une kasma a alger et FLNiste jusqu’au bout des angles; je pensais que l’épisode du “RAYON LASER DANS LE CIEL DU 5 JUILLET ” a fait prendre conscience aux fissiste de la duperie monumentale de ce “CO-RESPONSABLE ” des tueries dont a tété victime le peuple!! mais mazal!!!! on croit encore au religieux dans le politique; donc on ne sortira pas de l’auberge!!
reprendre la vison d’un abane ou d’un be-m’hidi ,n’est pas donné au premier venu!!
si la REVOLUTION DU 5 OCTOBRE n’avait pas été dévoyée par ces tristes inconnus islamistes, toute l’algerie s’y serait reconnue: athhées, communistes ,berberistes…etc… mais le pouvoir a été plus malin!!!
le-zouave
LA THEORIE POLITIQUE DE LA PIEUVRE
le peuple en a ras le bol du systeme militaro-drs; c’est un secret de polichinelle !!!nous ,et eux, et les autres dans le monde,savons tous que,en Algerie:
1)QUE TOUT EST FAUX !!!!!!
2)QUI EST RESPONSABLE DE TOUT!!!
3)QUE C’est LE PETROLE qui est cause de toutes nos miseres!!!
mais nos squatteurs politiques dirigeants continuent contre vents et marées a massacrer notre pple et nos richesses comme leurs……….
ils ont opté definitivement pour la politique GHYOULISTE DU POULPE!!
vous savez tous ,que, pour se proteger et cacher aux autres sa presence,la pieuvre emet une encre noire qui la camoufle entierement et vous ne saurez “QUI EST QUI”.
mais ce qu’ignore la pieuvre,c’e’st que c’est justement ce “nuage noir ” qui indique aux pêcheurs ” que la pieuvre est cachée dedans!!! alors,qui a tué ,assasiné, volé, corrompu,enrichi,detruit,……pour nous tous,tout est clair,surtout grace a INTERNET !!
Issam
Assalamou alaikoum
@sebia12:
“Je rejoins votre point de vue dans la forme mais pas dans les détails”
Je que j’ai pu comprendre de ton expression confuse est que tu partages mes conclusions mais pas la methode d’investigation ou la demonstration., mais la lecture de ta reponse confirme tout ce que j’ai dis mot par mot. Tu n’a rien apporte de nouveau.
Le FIS n’avait pas de programme… Il fut infiltre pour mater les masses… “un certain Belhaj” … je pense que tu as ete meme plus severe que moi.
@ Anouar
Merci pour ton esprit tolerant.
Je profite de l’occasion et en ta qualite de membre de l’ex- FIS de te poser les questions suivantes : le FIS etait-il democratique ? Est ce qu’il y avait une discipline au niveau de l’enrolement des militants ? y avait-il ou non un assaut sur les mosquees utilisees a des fins politiques ? y avait-il une culture d’ouverture sur les autres courants politiques et des instructions aux militants pour afficher un esprit democratique sinon exclure les tetes brulees?
Le FIS a oublie la substance du travail partisan parcequ’il etait condescendant envers les autres. il avait trois millions de militants..l’ivresse du nombre, des stades pleins et des chants creux. Aucun travail de structuration n’a ete fait jusqu’a l’arrivee de Hachani. C’etait une fuite organisee vers l’avant. Le FIS vivait au rythme des elections. Manquait la sagesse d’un … Erbekan ou la claircoyance d’un Erdogan.
Les islamistes algeriens manquent de dimension d’Hommes d’Etat et la chose la plus fatale etait que Abassi prenait la tete du FIS. Pour paraphraser Marx: Le FIS contenait l’element fondamental de sa propre desctruction. Personnellemnt je me suis toujours demande pourquoi Abassi (que je respecte en tant que personne il n’y a aucun doute la dessus) et pas un autre ? C’est le complexe du” plus age le plus grade” qui a fait des degats la aussi.
Mes sinceres salutations.
anouar
@Issam:
CHER AISSAM
LE FIS AVAIT été légalisé en toute transparence ! un programme et non des moindres avait été déposé au ministére de l’intérieur devant un parterre de journalistes
Je vous réponds parceque je pense que vous n’avez pas vécu au pays à l’époque .
POUR les autres questions ! demandez juste à la porte d’en face vous trouveriez la réponse car le FIS EST TOUJOURS PRESENT ………….CELA VEUT TOUT DIRE…. SANS RANCUNE
hakim
dite -nous un peux plus sur l’arrestation aujourd’hui du commanditaire présumé de l’assasin de ali mécili dirigent du ffs, à l’aéroport de marseille merçi
bousadjra
Quelqu’un peut nous donner la solution finale pour ce bled ,qui soufre, assez de philo pour rien, un programme applicable sérieusement , 50 ans après l’indépendance c’est trop, vraiment lamentable ya el khaoua
Issam
Assalamou alaikoum
@anouar:
“LE FIS AVAIT été légalisé en toute transparence ! un programme et non des moindres avait été déposé au ministére de l’intérieur devant un parterre de journalistes”
Juste pour te reconforter ce n’est pas uniquement le FIS qui n’avait pas de programme mais les autres formations politiques egalement. Mais si tu penses toujours que les bonnes intentions sont des programmes alors le FIS en avait un.
“Je vous réponds parceque je pense que vous n’avez pas vécu au pays à l’époque” .
Tu te trompes lourdement mon ami. J’ai vecu l’experience FIS depuis le jour 1 au pays et j’ai une connaissance suffisante de son fonctionnement et sa mecanique interieure. J’ai quitte l’Algerie recemment pour des raisons professionnelles seulement et je rentre regulierement. Je n’ai pas de pays de rechange et je me batterai pour les droits de mon peuple jusqu’au bout, mais pas de la maniere FIS.
“POUR les autres questions ! demandez juste à la porte d’en face vous trouveriez la réponse car le FIS EST TOUJOURS PRESENT ………….CELA VEUT TOUT DIRE…. SANS RANCUNE”
La tu me dois une explication cher anouar. C’est plein d’allusions et je n’arrive pas sincerement a dechiffrer. Quelle porte en face ? j’ai essaye de comprendre mais en vain. je t’ai pose des questions et tu me renvoi ailleurs.. c’est peu galant.. mais tu as le droit de ne pas repondre de toute facon et je le respecte.
le FIS est toujours present pour des raisons objectives de recherche historique…sur le plan revendication politique il y a des FIS en ce moment… encore plus complique.
Abdelwahab
Bonsoir à Tous
Je n’ai pas proposé comme hypothèse que le MALG/DRS voudrait changer quoi que ce soit pour réformer le pseudo-État érigé par les forces occultes depuis 1962. Mais j’ai fais état de ma suspicion
de l’initiative, « provoquée» , du débat en cours ; parce que je soupçonne un coup tordu intellectuel, une manipulation de haute voltige, même si elle est louable quelque part, puisque la preuve, on en est juste au début du processus et ça commence à nous faire parler tous…n’est ce pas ? Mr. Addi a fait son travail convenablement et en profondeur en remettant les pendules à l’heure, il l’a fait pour lui d’abord, et pour toute l’Algérie que nous sommes. Alors on lui dit un Grand merci…Mais pour les autres, et en l’occurrence Chafik Mesbah, ils l’ont fais pour qui ? et dans quels buts ? et pour quels intérêts « intra et extra-muros»?
Écoutez, quand un corps est atteint d’une maladie stationnaire, mystérieuse et malicieuse depuis presque 50 ans, je vous jure que le diagnostic final est plus que probant, il est incontestablement «boussoufien »!
Le choix de Mr. Addi ,dans ce début de contexte, n’est pas fortuit. Ce dernier aurait proposé dans le passé, en tant qu’intellectuel civil, une sortie de crise à la turque sous l’arbitrage et l’œil vigilant d’une ANP rénovée.
Ce qui veut dire une dissolution et un démembrement totale du MALG/DRS dans sa philosophie de gestion actuel ,et une éradication « graduelle et homéopathique» des réseaux mafieux affiliés, qu’ils soient algériens, étrangers ou encore plus grave, téléguidés par d’autres services secrets.
Mr. Addi a touché le fond en disant ceci du pouvoir :« cette structure bicéphale de l’État entre un pouvoir réel légitimant, dont nous ne savons pas où il est localisé ?, et un pouvoir formel, mandaté et détenu par le président et ses ministres qui n’ont que l’autorité que veulent bien leur laisser le DRS ».
Alors les questions s’imposent d’elles-mêmes : Qui se cachent derrière cette structure du DRS, mis à part ces généraux qui sont en première ligne…On veut savoir qui sont derrière ceux la ? Quel est ce parti clandestin ? Et puis surtout, pour remonter la filière et démasquer les centres du pouvoir, Qui a insufflé à Si Mabrouk, ces méthodes de gestion à la «bleuitte» ?
Et pour être plus directe, qui l’a aidé aussi facilement à monter un service de renseignement en l’espace de quelques mois ? Il parait que Mr. Boussouf avait un réseau de contacts très étoffé, pouvant le mener si il le voulait à l’époque, même à son propre ennemi; tous les numéros de téléphones étaient inscrits dans son fameux petit calepin noir de journaliste que personne avait le droit de toucher.
( A suivre )
.
sebia12
Cher ISSAM,
Pourtant mes propos sans claires. je n’ai pas parlé de “la méthode d’investigation ou la démonstration”
Mes points de discorde avec votre lecture c’est que je ne croie pas qu’il ait eu une “dictature des imams qui contrôlaient le parti en contrôlant le message du Front” ni que “Les algériens voulaient un FLN sans corruption, avec des valeurs morales”. Rappelez vous que le FLN représentait au algériens le système avec toute ces médiocrités : bureaucratie, mauvaise gestion économique, sociale et politique, corruption, etc.
ce que je dis dans mon message c’est que le FIS n’a représenté, ne représente et ne représentera jamais un danger pour le pouvoir. Idem pour tous les partis. la seule chose que redoute le pouvoir en place c’est le mouvement de masse populaire car ce dernier est perçu par le pouvoir comme “une modification de rapport de force” entraînant inéluctablement sa déchéance.
Salam à vous tous.
Les points de vue de mes frères commentateurs sont divisés et parfois partagés et c’est ce qui fait la force d’un vrai débat. Je voudrais me joindre à eux pour apporter ma contribution par un point de vue personnel sur le sujet.
L’Algérie avait-elle besoin d’un parti Islamiste pour rompre définitivement avec le régime et le parti unique (FLN)? Assurément pas!
L’Algérie est un territoire Bérbéro-Arabo-Islamique à 100% et n’avait besoin d’aucun parti pour l’identifier. La création de ce parti par le pouvoir en place dans le cadre du procéssus démocratique dit de “Multipartisme” avait des objectifs clairs dont le plus important était de s’opposer au FFS dont le retour sur la scéne politique et de son leader Mr.A.Ahmed sonnait comme un glas pour le régime.
Le plus vieux parti d’opposition en Algérie et son charismatique leader disposaient bel et bien d’un programme politique ambitieux et d’un chef qui n’avait besoin d’aucun CV pour diriger ce pays. Mais le régime en bon calculateur savait que l’éléctrorat du FIS se composait majoritairement d’une population jeune qui n’entendait ou très peu parler du FFS et d’Aït Ahmed et qui ne voyait dans le parti unique (le FLN) que la source des maux de la société. Les autres partis n’avaient aucun autre poids politique sinon que de la politique de leur propre parti.
Le régime avait tout apréhendé y compris le résultat du scrutin en créant le FIS et la réaction des autres partis hormis le FFS abondaient dans sa machiavélique logique.
Ce à quoi ne s’attendait pas le régime, c’est que le vainqueur avait les faveurs du FFS du moins de son leader qui a reconnu cette victoire comme une victoire d’un procéssus démocratique et que son parti pouvait de concert oeuvrer pour engager l’Algérie sur une nouvelle voie et rompre définitivement avec le régime. Des tractations avaient bel et bien commencées incluant même certains briscards du FLN comme Hamrouche et Mehri. Dans le camp du régime et de certains partis, la panique était à son comble. La suite n’a plus besoin d’être rappelée.
Inversons le scénario et donnons le FFS vainqueur aux éléctions avec les faveurs du FIS, quelle aurait été la réaction du régime et des autres partis? Le procéssus éléctoral aurait-il été interrompu ou se serait-il poursuivi?
J’aurai pu choisir un autre parti que la FFS pour étayer mon point de vue, mais force est de constater que le pouvoir n’a pas donné l’agréement à un parti Islamique sans qu’il n’en mesure les conséquences et n’en récolte les bénéfices même au prix du sang.
Salam.
Issam
Assalamou Alaikoum
Je veux revenir un petit peu au sujet central de ce debat : La vraie nature du systeme et du vrai pouvoir. L’apport decisif de Mr Addi est d’avoir proposer une source du probleme qui continue a ranger l’Algerie. Selon lui c’est la main mise du MALG/DRS sur les rouages du vrai pouvoir ( militaire et financier) et leur volonte de ne pas lacher prise en s’erigent en pourvoyeur de nationalisme et de symbolique nationaliste.
C’est extremement reussi et j’espere que cela soit debattu surtout dans les milieux universitaires et etudiants et parmis les cadres de la nation qui n’ont jamais eu la possibilite de voir aussi clairement une analyse remonter aux sources de nos problemes.
En ce qui me concerne je donne au facteur economique une place singuliere dans toutes mes analyses. il faut suivre l’argent pour trouver les ersponsables. Suivons les richesses, comment elles se sont amassees et la toile du vraie pouvoir va etre visible a quiconque. Loin des pesenteurs de l’histoire les raisons qui motivent desormais depuis le depart de Chadli, le MALG/DRS sont purement d’ordre financier. Le terrorisme orchestre n’avait-il pas pour objectif premier de faire main basse sur le foncier en deplacant massivement les populations et l’appauvrissement systematique des futures esclaves de la amchine capitaliste made in Algeria. Le plan du MALG/DRS est simple transformer le pouvoir militaire en pouvoir financier et ensuite le passer a des militaire qui gereront une phase transitoire et si toutes les conditions sont reunies (extinction de l’esprit militant et soumission totale de la societe), il passeront le relais a une classe politique docile qui ne pourra rien faire sans eux.
Tout l’appareil MALG/DRS tourne autour la maximisation des profits du clan et n’utilise la litterature politique que pour donner un semblant d’interet pour le pays. C’est un changement radical influence par les penchants maffieux des generaux DAF qui ont ete eleve dans le mepris du peuple. C’est cette condescendance qui caracterise ces rejetons tardifs d’un projet colonial defait. Ils haissent le peuple a un degre peu egale a travers l’hstoire. Alors pour eux ce peuple ne merite rien..sauf le baton.
Nous sommes entrain de payer le prix de desequilbres affectifs nes de parcours enigmatiques et douteux.
Quand Zeroual voulait discuter avec les politiques du FIS, le MALG/DRS poussait dans l’autre direction : discuter avec ceux qui ont pris les armes. ils ont meme loues leur bravoure et ont exprime leur desdain par rapport aux politiques. Une situation sureelle mais qui reflete leur esprit : La primaute du militaire sur le politique. ils peuvent effacer un chapitre du saint Coran mais jamais ce credo.
Que veulent-ils maintenant ?
Ils veulent regle des comptes c’est tout. Mr Addi leur est reste a travers la gorge et quelqu’un aurait suggere autour d’un dinner de lui faire la peau..d’une facon intellectuelle. Je ne pense pas qu’il y ait aucun objectif serieux car il n’y rien qu’il ne connaissent pas deja.
Chauqe saison estivale est connue en Algerie pour etre particulierement succulante en tirades politiques. Ils voulaient s’amuser mais Addi leur a gacher la partie en s’attaquant a leur Pere spirituel Boussouf. Le pris du petrole est a des niveaux records et l’esprit est au beau fix. Le club des pins est en liesse.
Certains voient dans le scoop d’un journaliste italien sur l’implication du DRS dans l’execution des moines de tibehirine comme le debut d’un quelconque processus pour embarasser Toufik et les siens mais c’est meconnaitre les relation compliquees et complexes entre ces gens la et le monde des affaires au plan mondial. Ils sont devenus importants.
Le 11 Sep a definitivement mis les generaux a l’abris et la recente montee des pris du petrole leur a donne la certitude que personne n’osera toucher aux gardiens de cette mine d’Or.
Salutations fraternnelles.
Amine
Salam alaikoum ;
@anouar
Le FIS est présent partout ?! Vous voulez dire des cellules appartements au tissu du FIS. Ou est le FIS en tant qu’organisation en tant que parti?? Si vous parlez des hommes du FIS, ils sont éparpillés un peu partout dans le monde. Le FIS a été manipulé ensuite détruit serte par le régime criminel, mais ce qui l’a aidé aussi c’est le manque de clairvoyance, d’expérience et de bon sens politique de l’encadrement du FIS. Dites-moi, y a t’il une représentation actuellement du FIS ?? L’instance exécutive a été sabotée par ses membres!
Par exemple, sur youtub il y avait des vidéos archive publiées par un utilisateur archivAlgeria ou on voit les différentes marches du FIS et l’émission de Mourad Chebbine avec ABASSI Madani « fi likaa assahafa », dans toutes ces vidéos, il n y avait trace d’aucun programme à part des « khoutab de massajid », Abassi Madani avait du mal à présenter les chiffres de la dettes de l’époque! Sinon en ce qui concerne les solutions proposées pour le chômage le problème de logement …… Il n’a parlait de rien de concret. Pendant toute l’émission il a développé une véritable langue de bois, lui qui prétendait qu’il voulait une rupture avec les agissements du passé. Mais ce qu’il faut dire c’est qu’en tant que personne, il reste respectable et plein d’humilité, moi là je juge ses actes.
Houari ADDI a justement parlé dans une contribution récente des imams enseignants.
Et la je rejoins ISSAM, quand il dit que les hommes de la direction du FIS manquent de dimension d’Hommes d’Etat, les imams leurs rôles devaient rester éducateurs de la société, un homme comme Ali bel hadj que je respecte mais avec qui ma pensée est complètement opposée à la sienne était le n° 2, alors que la matière grise ne manquait pas parmi les membres du FIS, des compétences dont HACHANI et beaucoup d’autres leur rôle était secondaire ou même marginale, pourquoi ?
Par ce que l’heure était au discours populiste creux ! Par ce que l’heure était de rassembler la masse sans la convaincre, sans l’éduquer ! L’heure était de parler du changement sans le planifier le programmer et le manager. La majorité de l’électorat du FIS a plutôt voté contre le FLN que par conviction pour le FIS. Ceci était fatal pour l’Algérie pas que pour le FIS.
Mais rien ne justifie l’arrêt du processus électoral et le coup d’état, Le FIS a gagné les élections! En tout cas je ne pense pas que le FIS était porteur de changement concret si ce n’est la critique du pouvoir et plaider pour des jours meilleurs pour le peuple.
En fin, l’Algérie d’aujourd’hui est une conséquence de 46 de mauvaise gestion et surtout de la grande « FITNA », des dirigeants (pas tous) du FIS ont choisi la lute armée, d’autre le silence et les autres étaient contre, tous ça alors qu’ils savaient tous qu’ils étaient infiltrés !! Comment un parti infiltré peut-il générer des groupes non infiltrés ?!
Dire que le FIS n’a aucune responsabilité dans la crise actuelle est un leurre. Le régime, nous savons tous de quoi il est responsable « la décadence et la pourriture ».
Quand j’ai dit un jour à un responsable du FIS que le FIS a une partie de responsabilité dans la FITNA, sa réponse était : « HADA IDJTIHAD, et la FITNA s’est passé même entre les sahaba » voilà pourquoi une grande partie des cadres qui se réclament encore du FIS ne parlent pas de leurs erreurs, ils préfèrent plutôt tout mettre sur le régime et l’arrêt du processus électoral..
@Admin, vous avez bien fait d’aborder ce sujet !
Fraternellement.
Salam alaikoum
Fraternellement.
@Issam:
MrIssam assimile le scenario de D.B. a “des jeux d’imagination” en oubliant que lui-meme fait le proces d’un parti politique qui etait encore dans sa phase presque virtuelle.Il est vrai que le FIS a ete apprehende da sa forme brute,qu’il n’aie meme pas eu le temps (probablement a cause de ses betises)de se restructurer, de d’epurer ses rangs des brebis galleuses-il est vrai , il y’en avait meme de vachement galleuses

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L’Algérie a un peuple qu’on refuse de lui donner la parole, qu’on lui ôte le droit d’agir librement, chacun dans sa profession, ce n’est pas juste ni normal.
Son président l’accuse d’être féniant, et d’avoir des idées mal saints, c’est dire que ce peuple est devenu son ennemi , alors qui l’a nommé sur sa tète?
CE peuple est lui seul le ZAIM, “Ina el doulm douloumat yawm el kiama “.