Revue de presse - Ecrit par admin le Vendredi 1 août 2008 16:07 - 2 Commentaires
Tunisie: Ben Ali se remet en selle malgré une révolte et trois morts
Par Chloé Leprince
Mercredi, Zine Ben Ali annonçait qu’il serait candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle qui se tiendra en Tunisie l’an prochain. Elu, l’héritier de Bourguiba rempilerait ainsi pour un cinquième mandat de cinq ans. Lors de sa visite, fin avril, Nicolas Sarkozy avait officiellement estimé que « l’espace des libertés progresse » dans le pays que Ben Ali dirige depuis 1987.
A l’époque, les habitants de la région de Gafsa, à 400 kilomètres au sud-ouest de Tunis, postaient pourtant ces images sur Dailymotion. (Voir la vidéo sur Dailymotion)
Trois mois plus tard, militants des droits de l’homme et opposants politiques n’ont pas décoléré contre le président français, accusé d’avoir « fait l’autruche ». Pendant ce temps, les affrontements entre population et forces de l’ordre ont dégénéré dans le bassin minier de Gafsa. Au point que le régime lui-même a fini par infléchir sa position, par crainte de la contagion.
Invité par le PS aux rencontres des jeunes socialistes européens, Sahbi Smara était de passage à Paris cet été. Président des Jeunes socialistes démocrates en Tunisie, le militant de 28 ans a raconté à Rue89 combien la situation s’est dégradée dans la région de Gafsa, depuis le passage de Nicolas Sarkozy.
Dans la région minière, un tiers de la population est au chômage. Parmi eux, de très nombreux jeunes, qu’on appelle sur place les « diplômés chômeurs ». Sahbi Smara est l’un des fondateurs de leur mouvement à l’échelle nationale et dénombre « entre 150 et 200 000 diplômés chômeurs en Tunisie ».
Diplômés chômeurs insurgés et contagion dans la population
Ce sont eux qui s’opposent au pouvoir, depuis début janvier. Sur place, le journaliste Wicem Souissi chroniquait déjà pour Rue89 leur bras de fer, mi-avril. A l’époque, la région frontalière de l’Algérie connaissait grèves de la faim et manifestations: la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), seul gros employeur local, était accusée d’avoir truqué le recrutement pour les rares postes à pourvoir dans la région.
Cette contestation a dégénéré, révèle Sahbi Smara:
« Alors que la Tunisie compte 150 à 200 000 diplômés-chômeurs, le régime a réprimé violemment la révolte et tué des jeunes dans cette région. Un premier est mort le 6 mai, électrocuté alors que plusieurs grévistes occupaient une centrale électrique. Délibérément, le pouvoir local a rallumé l’électricité, le tuant sur le coup. »
Un mois après le départ de Nicolas Sarkozy, le soutien de la population aux diplômés chômeurs avait carrément viré à la fronde générale, les femmes de la région menaçant de quitter la zone encerclée par la police pour fuir en Algérie dans un climat hautement tendu.
Le journaliste Omar Mestiri, pilier de la défense des droits de l’homme en Tunisie, parle même de « soutien historique » de la population à un mouvement réprimé par les forces de l’ordre:
Mais, alors que les femmes du bassin minier renonçaient à fuir vers l’Algérie début mai, la situation s’est encore dégradée le 7 juin. Sahbi Smara poursuit son récit:
« La police a tiré à balles réelles sur une manifestation, tuant un jeune de 23 ans, et blessant encore 23 personnes. Le régime répond par la force pour camoufler la crise économique mais la misère et la corruption sont énormes sur place. J’ai récemment appris qu’un troisième jeune avait été tué depuis. »
Répression et accusations de coup d’Etat
Depuis, la police locale a arrêté plusieurs leaders du mouvement, poursuivis notamment pour tentative de coup d’Etat ou « déstabilisation de l’ordre républicain ». Leur procès a démarré le 22 juin, sauf pour ceux qui sont en fuite. Sahbi Smara n’a pas réussi pénétrer dans l’enceinte du tribunal pendant le procès:
« Impossible, j’ai été bloqué, comme d’ailleurs les familles des prisonniers, qui ont été empêchées d’assister à l’audience, pourtant publique en théorie. J’en ai alors profité pour rencontrer les familles, qui n’avaient aucune nouvelle des jeunes arrêtés depuis plusieurs semaines. »
Omar Mestiri, lui, a réussi à se glisser à l’audience, où il a pu assister à un procès qu’il estime « historique ». Evénement rarissime, la Cour a en effet désavoué l’enquête policière et prononcé des peines « plutôt clémentes pour la Tunisie répressive d’aujourd’hui », explique Omar Mestiri à Rue89:
Depuis la mi-juillet, le pouvoir commence cependant à infléchir sa position. Pour la première fois, le chef d’état tunisien a évoqué publiquement les troubles dans cette région d’où sont partis la plupart des grands mouvements de contestation dans le pays depuis l’indépendance.
Pour calmer le jeu, Ben Ali a promis un ensemble de mesures censées développer économiquement cette région plombée par la crise économique et sociale. Le président tunisien a reconnu, chose exceptionnelle, la corruption qui avait entouré la dernière campagne de recrutement par la Compagnie des phosphates. Double discours? Sur le terrain, les militants des droits de l’homme rappellent que la répression policière n’en reste pas moins intensive.
Article en relation : Contestations et manifestations dans le bassin minier de Gafsa sur Dailymotion
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30 juin 2009 12:55 - 23 Commentaires
Entretien avec Salah-Eddine Sidhoum, militant des droits de l’homme en Algérie
Algérie Focus
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Pour notre dossier consacré aux intellectuels algériens, nous invitons le Dr Salah-Eddine Sidhoum afin d’en débattre et de faire le point sur la situation. Le Dr Sidhoum est chirurgien et défenseur des droits de l’homme en Algérie; vous pouvez bien sur poser vos questions et faire vos commentaires en bas de cette même page. Nous remercions infiniment notre invité pour sa disponibilité et invitons nos lecteurs à garder les interventions à la hauteur d’un débat que nous souhaitons constructif et serein.
1. Que signifie pour vous le mot » intellectuel» , et plus particulièrement comment définiriez-vous l’intellectuel algérien d’aujourd’hui ? Lire la suite …
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1 juil 2009 11:38 - 16 Commentaires
Dans un témoignage sur Djamila Bouhired : Zohra Drif dénonce le révisionnisme historique

Par : Zohra Drif, Liberté, 1er juillet 2009
Nous sommes à la veille du 5 Juillet, la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse. Pourtant, j’ai un goût amer qui n’arrive pas à disparaître. Cauchemar. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en ouvrant un hebdomadaire algérien. J’ai mis du temps à réaliser que je ne rêvais pas. En 2009, dans la presse de mon pays, des journalistes ont présenté un article avec un grand titre infamant barrant toute la page : “Djamila Bouhired n’a jamais été torturée”. Lire la suite …
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1 juil 2009 11:43 - 5 Commentaires
Bouteflika décidé à mettre en œuvre le dispositif légal relatif aux fonctions dans l’armée
15 nouveaux généraux dont deux du renseignement et mutations de chefs de région
El Khabar
De sources de haut rang, observent que le président de la République, le chef suprême des armées et ministre de la défense, va promouvoir 15 officiers supérieurs dont 2 du renseignement, au grade de Général, au cours des festivités commémorant, la fête de l’indépendance et de la jeunesse, qui se dérouleront au siège du ministère de la défense nationale. Les mêmes sources prévoient un changement dans, au moins, trois régions militaires, soit sous forme de remplacement ou de mutation. Dans ce cadre, le général Lahbib Chentouf, actuel chef de la première région militaire, pourrait prendre la direction des Forces Armées Terrestres.
Le président de la République aurait signé les différents décrets portant nomination et mutation entre les 6 régions militaires et les diverses forces et unités. Il est attendu que le président de la République prononce un long discours, à cette occasion, Lire la suite …
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