Chronique - Ecrit par admin le Samedi 29 mars 2008 15:27 - 0 Commentaire
UGTA : Le mandarinat en conclave
LETTRE DE PROVINCE
Par Boubakeur Hamidechi
hamidechiboubakeur@yahoo.fr
Tout, ou presque, a été dit et écrit au sujet de la faillite de ce syndicalisme perverti qu’incarne de nos jours cette UGTA. Pilier du régime pour lequel elle fait office de pompier, cette organisation a, depuis une dizaine d’années, cessé d’être le bon médiateur du peuple des travailleurs. Que ses dirigeants s’escriment maladroitement à justifier leurs accointances en invoquant un supposé pragmatisme ne les dédouane guère de leur légendaire passivité.
Alors que la situation est suffisamment grave au plan social, Sidi Saïd, son secrétaire général, ne s’est-il pas contenté de répliquer par des incantations quand il eût fallu qu’il soutienne clairement les mouvements de contestation qui se multiplient ? Cette ligne qu’il a imprimée à «l’Union» depuis le 10e congrès (octobre 2000) jusqu’à devenir la nouvelle doctrine de ce syndicalisme, à partir de 2004 (la réélection présidentielle), explique en grande partie son effondrement. En agréant de saison en saison les décisions néolibérales des gouvernements, n’a-t-il pas fini par assécher le réservoir de la syndicalisation et du même coup alimenter celui des «autonomes» ? Aujourd’hui donc, l’UGTA paye, par la désaffection des adhérents, le prix de sa trop grande proximité avec le pouvoir. Même le congrès tardif (il aurait dû se tenir en octobre 2005 !), qui se tient à partir de ce samedi, ne risque pas de restaurer son image. Le mandarinat qui la régente actuellement n’a-t-il pas fait l’essentiel en verrouillant par avance le débat afin de postuler à sa reconduction ? La messe de l’hôtel El-Aurassi est déjà dite dès lors qu’elle est orchestrée par la sphère du pouvoir au lieu d’être réécrite par la base. Ces congressistes, au nombre de mille, n’étant que des figurants dans une mise en scène commanditée en haut lieu ne pourront que se mordre les doigts quand ils s’apercevront, à partir de leur province, que l’une après l’autre les sections vont disparaître. Ainsi, ce congrès où l’on jouera la petite musique de la stabilité (sic) ne sera finalement qu’un requiem pour accompagner l’enterrement d’une organisation chargée d’histoire. Rattrapée par dix années de turpitude de ses dirigeants, l’UGTA se dépeuple et ne survit que par la grâce de la puissance publique qui lui a toujours dicté ce qu’elle doit faire. Car enfin l’on ne peut oublier que la seule fois ou son exécutif (CEN) appela à la grève générale fut en 2002. Un étrange débrayage, pour faire bonne mesure et qui, paradoxalement, fut suggéré par le premier cercle du pouvoir ! A l’époque, la presse n’a pas manqué de relever cette étrangeté jusqu’à soupçonner Sidi Saïd de jouer à l’agitateur de service. C’était curieusement dans cette inconfortable position que s’était alors retrouvée l’UGTA, sommée de s’expliquer sur la raison d’un mot d’ordre, là où il était attendu que les gouvernants se défendent de leurs erreurs et étayent leur politique. Au motif qu’il n’a fait que consulter le baromètre social, le secrétaire général s’est fendu d’une explication confuse laquelle justement conforta tous les soupçons à l’égard de son initiative. Cette péripétie rocambolesque, qui nuit en lumière la vassalité de l’organisation, entachera définitivement le crédit d’une direction. Depuis, jamais plus elle ne soutint les grèves sectorielles par méfiance alors que de bonnes raisons existaient pour la plupart d’entre elles. Par ailleurs, en différent de mois en mois et d’une année à une autre la tenue d’un congrès ordinaire, la CEN voulait à tout prix se soustraire à quelques mises en accusation qui circulaient dans l’opinion et dont la plus récente (2007) touchait directement Sidi Saïd et quelques membres du directoire. Le scandale de l’affaire Khalifa Bank est encore présent dans les mémoires. Avec son «j’assume », délivré comme un acte de responsabilité devant le tribunal, Sidi Saïd n’avait-il pas jeté le trouble quand il croyait se blanchir ? Les pertes occasionnées aux caisses de Sécurité sociale et retraites dont il était membre des conseils d’administration ne méritent-elles pas une plus longue explication que cette lapidaire formule ? Et que dire de la cession unilatérale d’un bien immobilier (le siège du journal Révolution et travail) appartenant au patrimoine des travailleurs ? Même si dans les deux cas l’on peut admettre qu’il n’y avait pas d’enrichissement personnel, l’on ne peut comprendre les raisons de son silence et cette pratique de l’omerta qui l’empêchent de designer les donneurs d’ordre. Il est vrai que même la justice n’a pas souhaité en savoir plus, se contentant d’apprécier an aval les délits sans remonter à leurs origines. C’est par conséquent cette obéissance aveugle aux ordres destinés à couvrir et à épargner certains caciques du régime qui rend suspecte cette direction syndicale ayant raté tous les bons rendez-vous avec sa vocation cardinale. Devenue le cheval de Troie du politique, elle est aujourd’hui une organisation profondément blessée par la somme de ses compromissions. Ainsi, ce 11e congrès sur lequel tablait le dernier carré de syndicalistes honnêtes, afin de refonder l’organisation, risque de ne déboucher que sur un nouveau glacis uniquement profitable à la coterie réfractaire au changement et préférant à celui-ci le jeu de la cooptation en cercle fermé. Ces assises de dupes placées sous le signe de la «stabilité et la solidarité» seront justement celles de la confortation d’un certain mandarinat et de l’entente réciproque du clan qui le compose. Quant à la «modernité» dont il est question dans le triptyque de ce slogan il consistera joliment à faire du neuf avec du vieux. En somme, une affaire de langue de bois à dépoussiérer
B. H.
Article vu 74 fois | Mettez une note à cet article !
Sujets les plus populaires
- Un million d'euros du groupe judéo-américain pour le MAK
- TRÊVE D’HYPOCRISIE ET DE LÂCHETE. UNISSONS-NOUS POUR SAUVER L’ALGERIE !
- 24 gendarmes tués au cours d'une embuscade meurtrière dans la région de Bordj Bou Arreridj
- URGENT : Arrestation du Docteur Kamaleddine FEKHAR à Ghardaïa
- Entretien avec Salah-Eddine Sidhoum, militant des droits de l’homme en Algérie
- Que reste-t-il des illusions candides et des espoirs des faux « optimistes » ?
- CARNAVAL FIL EL DJAMI'A ou quand le recteur de M'Sila perd la boussole......
- Dans un témoignage sur Djamila Bouhired : Zohra Drif dénonce le révisionnisme historique
- Halte à la répression ! Libération immédiate du Dr Kamaleddine Fekhar.
- Ali Yahia Abdenour, avocat, défenseur des droits de l’homme:«C’est la démocratie qui sauvera l’Algérie »
- Itinéraire d’un importateur véreux
- La malédiction du mandat de trop : Crise au Niger et au Honduras, en raison de désaccords sur le troisième mandat
- Que reste-il des illusions candides et des espoirs des faux « optimistes » ? (Parties 2 et 3)
- La doxa occidentale et l’Islam, ou la diabolisation
- Ses ossements seront transférés aujourd’hui à Seddouk : Cheikh Aheddad de retour chez lui
- Liamine Zeroual évacué d’urgence pour des soins en Angleterre
- GRIPPE PORCINE : Trois nouveaux cas confirmés en Algérie
- PLUS DE 160 JEUNES HARRAGA INTERCEPTÉS EN UN MOIS
- Professeur Aïssa Kadri. Sociologue et responsable de l’équipe d’accueil doctorale Erasme: « L’université est loin des réalités nationales »
- Bouteflika décidé à mettre en œuvre le dispositif légal relatif aux fonctions dans l’armée
- Dans un témoignage sur Djamila Bouhired : Zohra Drif dénonce le révisionnisme historique
- @admi
Je suis d'autant plus sensible à cette très heureuse initiative que je su...
- À entendre Mr Sidhoum et certrains autres sur cfe forum, il aurait fallu juste l...
- @Mokdad: Pourquoi comme vous dîtes q...
- Bonsoir tout le monde. L'elite algerienne n'a jamais existé. Nous avons connu de...
- Hassan Hattab, fondateur et ancien émir de l'ex-GSPC devenu Al-Qaïda au Maghreb...
- Dans l'actualité d'aujourd'hui. Un simple échantillon et que les lois démocratiq...
- salam
nacer boudiaf
votre pére biologique vous appartiens ,mais il nous appart...
- @babafikrane
Merci pour votre réponse.
Avant de répliquer et pour une dém...
Acheter ce livre
Actuel *
30 juin 2009 12:55 - 23 Commentaires
Entretien avec Salah-Eddine Sidhoum, militant des droits de l’homme en Algérie
Algérie Focus
![]()
Pour notre dossier consacré aux intellectuels algériens, nous invitons le Dr Salah-Eddine Sidhoum afin d’en débattre et de faire le point sur la situation. Le Dr Sidhoum est chirurgien et défenseur des droits de l’homme en Algérie; vous pouvez bien sur poser vos questions et faire vos commentaires en bas de cette même page. Nous remercions infiniment notre invité pour sa disponibilité et invitons nos lecteurs à garder les interventions à la hauteur d’un débat que nous souhaitons constructif et serein.
1. Que signifie pour vous le mot » intellectuel» , et plus particulièrement comment définiriez-vous l’intellectuel algérien d’aujourd’hui ? Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel *
- CARNAVAL FIL EL DJAMI’A ou quand le recteur de M’Sila perd la boussole……
- Un million d’euros du groupe judéo-américain pour le MAK
- 24 gendarmes tués au cours d’une embuscade meurtrière dans la région de Bordj Bou Arreridj
Actuel **
1 juil 2009 11:38 - 16 Commentaires
Dans un témoignage sur Djamila Bouhired : Zohra Drif dénonce le révisionnisme historique

Par : Zohra Drif, Liberté, 1er juillet 2009
Nous sommes à la veille du 5 Juillet, la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse. Pourtant, j’ai un goût amer qui n’arrive pas à disparaître. Cauchemar. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en ouvrant un hebdomadaire algérien. J’ai mis du temps à réaliser que je ne rêvais pas. En 2009, dans la presse de mon pays, des journalistes ont présenté un article avec un grand titre infamant barrant toute la page : “Djamila Bouhired n’a jamais été torturée”. Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel **
- COMPTE-RENDU D’AUDIENCE DU PROCES BABA NADJAR. MEDEA 27 MAI 2009
- De Mossadegh à Ahmadinejad: La CIA et le laboratoire iranien
- Le Docteur Kamaleddine Fekhar libéré !!!
Actuel ***
1 juil 2009 11:43 - 5 Commentaires
Bouteflika décidé à mettre en œuvre le dispositif légal relatif aux fonctions dans l’armée
15 nouveaux généraux dont deux du renseignement et mutations de chefs de région
El Khabar
De sources de haut rang, observent que le président de la République, le chef suprême des armées et ministre de la défense, va promouvoir 15 officiers supérieurs dont 2 du renseignement, au grade de Général, au cours des festivités commémorant, la fête de l’indépendance et de la jeunesse, qui se dérouleront au siège du ministère de la défense nationale. Les mêmes sources prévoient un changement dans, au moins, trois régions militaires, soit sous forme de remplacement ou de mutation. Dans ce cadre, le général Lahbib Chentouf, actuel chef de la première région militaire, pourrait prendre la direction des Forces Armées Terrestres.
Le président de la République aurait signé les différents décrets portant nomination et mutation entre les 6 régions militaires et les diverses forces et unités. Il est attendu que le président de la République prononce un long discours, à cette occasion, Lire la suite …
Plus d'articles dans Actuel ***
- FIN DU BRAS DE FER AVEC LE MINISTÈRE DES TRANSPORTS:Aigle Azur obtient les autorisations de vol
- TEMOIGNAGE DU DR KAMALEDDINE FEKHAR
- Ghardaïa : le complot se confirme et se précise




Répondre