Actuel * - Ecrit par admin le Mardi 17 juin 2008 20:58 - 5 Commentaires

L’incroyable black-out sur l’arrestation de Ali Benhadj

Par D.benchenouf
bai.jpgAli Benhadj, qu’on le veuille ou non, est un leader incontestable de la mouvance islamiste. Jusqu’à preuve du contraire, c’est un homme politique et non un terroriste. Il a été jeté en prison, par les généraux janvièristes, dans des cachots innommables, où il était privé même de la lumière du jour, pendant de longues années. Les uns et les autres lui ont fait des procès d’intention, et l’accusent même d’être l’auteur de la tragédie algérienne. Dans les faits, il n’a commis que l’immense faute d’avoir fait élire son parti par le peuple.
Au lendemain du scrutin qui avait donné la victoire à son parti, le FIS, les généraux algériens, maîtres tout puissants de l’Algérie qu’ils pillaient sans vergogne, jusqu’à cette date fatidique, lui ont même présenté leurs félicitations. Et le Chef de l’Etat de l’époque, Chadli Bendjedid, a déclaré publiquement qu’il était disposé à cohabiter avec la nouvelle législature islamiste. Aussitôt les généraux se mirent en quête de savoir s’il allaient être inquiétés par la nouvelle majorité islamiste. Ce à quoi Ali Benhadj répondit depuis son cachot, car il était en prison, que le peuple avait élu le FIS pour qu’il demande des comptes à tous ceux qui avaient dévasté l’Algérie. La réaction des généraux ne se fit pas attendre. Le processus électoral qui avait donné la victoire au FIS fut “interrompu”, pour reprendre cet euphémisme. Le président qui voulait cohabiter et qui refusa d’entrer dans le coup de force fut “démissionné”, après avoir été molesté.
Les généraux algériens, connus pour leurs excès, leur despotisme, leurs penchants au pillage, furent sacrés, du jour au lendemain, par des intellectuels mercenaires dont ils avaient battu le rappel, comme étant les sauveurs de la République, face au péril islamiste. Le reste est connu de tous. Les généraux et leurs complices instrumentèrent la crise. Ils poussèrent les islamistes à la violence. De façon délibérée. Puis, lorsqu’ils constatèrent que le peuple restait acquis aux islamistes et qu’ils n’avaient pas réussi à l’embrigader, ils déclenchèrent contre lui un complot d’une violence inouïe. Pour retourner l’opinion contre les islamistes, ils mirent en place un vaste plan de massacre des populations civiles, des étrangers, et même des intellectuels qui leur étaient acquis, dans des scénariis monstrueux d’égorgement, où des dizaines de milliers de civils furent passés par le fil du couteau. Avec la complicité d’une presse aux ordres qui trompa l’opinion internationale sur les dessous de la tragédie, permettant aux généraux de mener leur macabre entreprise à huis clos.
Plus tard, après avoir réussi à semer le doute et la peur au sein d’une société meurtrie dans ses tréfonds, et après que la manipulation du terrorisme commençait à apparaître dans toute sa terrible réalité, les généraux et le pouvoir virtuel en place mirent en place un dispositif scélérat d’auto amnistie, arraché au peuple dans une parodie de référendum. C’était le peuple qui pardonnait. Et même qui demandait pardon aux “agents honorables de l’état”. Ces lois iniques et profondément injustes pour les dizaines de milliers de victimes interdisent à quiconque d’évoquer le rôle des généraux dans la tragédie nationale, et même d’apporter seulement son propre témoignage.
Du jour au lendemain, des milliers d’islamistes, agents du DRS ou qui étaient manipulés par celui-ci à leur insu, parce qu’ils ne savaient pas que les Fetwas de carnage étaient concoctées dans les bureux du DRS, devinrent des repentis, avec pignon sur rue. Leurs émirs sont aujourd’hui des hommes d’affaires prospères. L’un d’eux, l’émir de l’AIS, a même rendu un éloge funèbre remarqué au général le plus sanguinaire du DRS, Smail Lamari.
Ali Benhadj et Abassi Madani, entre autres leaders du FIS, restèrent constants dans leur vision politique, malgré les terribles épreuves que le régime leur avait fait subir. Ils ne pouvaient plus, cependant faire de politique. Parce que le régime sait que ce sont eux qui seraient élus, s’il y avait une compétition franche et loyale.
La presse aux ordres continua d’accabler les leaders du FIS.
Aujourd’hui, Ali Benhadj vient d’être arrêté. Après avoir déclaré au procureur du procès de Dahoumème qu’il était un menteur. Parce que ce zélé nervis avait osé déclarer en pleine audience que la justice algérienne ne recevait d’injonctions de quelque service que ce soit et qu’elle était totalement indépendante. Un mensonge éhonté pour tous les algériens qui savent à quoi s’en tenir à l’endroit de cette institution, de cet organe devrais-je dire, qui est totalement inféodé à ses maîtres.
Le plus révoltant est que les médias algériens, et même étrangers, ont observé un silence total sur cette affaire. Les agences AFP et Reuters, visiblement échaudées par le retrait d’accréditations de leurs correpondants, à la suite d’un coup tordu du DRS, ne pipent pas mot sur cette encombrante affaire.
Mais le peuple algérien n’est pas dupe. Il sait ce qui se passe. L’information passe de bouche à oreille. Demain matin, des millions d’algériens la transmettront à des millions d’autres. La carence honteuse de nos médias sera compensé par notre téléphone arabe. Alors qu’on se le dise, qu’on se le transmette: Notre compatriote Ali Benhadj a été arrêté!


Article vu 824 fois | Mettez une note à cet article !

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (5 votes, moyenne: 4.4 sur 5)
Loading ... Loading ...



5 Commentaires

Vous pouvez suivre les messages de ce sujet a travers le flux RSS RSS 2.0 .
Vous pouvez commenter cet article, ou faire un trackback depuis votre site.
Vous pouvez aussi répondre à un commentaire en cliquant sur la flêche près du nom de l'auteur du commentaire.


jijiReply to this comment
juin 18, 2008 6:44

Mais il faut juste comprendre que c’est un non événement !!
SVP passons à autre chose, si vous continuez comme ça, ça voudra dire tout simplement que ce blog est dédié principalement à la mouvance islamiste. Il faut arrêter de faire de l’apologie, ou de sacraliser qui que ce soit !! encore moins les personnages qui ont mené l’Algérie vers le chaos.

HammaReply to this comment
juin 18, 2008 10:36

@jiji: L’atteinte au droit de la liberté de parole et que nos magistrats soient des menteurs ne sont pas des non événements. L’Algérien a le droit de savoir et Mr. Benchenouf ne fait que son job à savoir rapporter des faits qui touchent de prés ou de loin les Algériens. Quant à ceux qui ont menés l’Algérie au chaos, revisitons l’histoire.

adelReply to this comment
juin 18, 2008 12:05

Monsieur Benchenouf,vous avez tout comme moi et beaucoup d’autres Algériens une dent contre ce pouvoir pouri,je vous le concède et vous appuie sans résèrve.Que vous transformez vos colonnes en vecteur de propagande pour blanchir de ses crimes ce goebels Algérien,ce gourou qui a endoctriné une partie de la jeunesse Algérienne pour en faire les pires criminels de l’humanité à l’image des khmers rouges,je ne pourrai pas être d’accord avec vous et celà m’est insupportable.
ali benhaj est le dernier à incarner les idéaux démocratiques.c’est un fou dangereux qui n’hésitera pas à faire de l’Algérie le plus grand pogrom du monde s’il aurait un jour la chance de s’assoir à el mouradia.son opposition aux proxénètes qui commandent en Algérie ne nous concerne ni de près ni de loin.il ne s’agit pas pour lui de faire avancer le combat pour la liberté et la démocratie du peuple Algérien,mais d’une guerre éternelle contre ceux qui l’ont emprisonné et privé de faire de l’Algérie un nouvel Afghanistan.mis à part,la prière obligatoire,la barbe,la gandoura,la charia,les exécutions sommaires,l’encagement des femmes et leur soumission,l’interdiction de chanter,de danser et de jouir de la vie,que nous propose-t-il d’autre?seulement la mort..
il y a une troisième voie en Algérie et celle lè qu’il faut promouvoir et défendre.c’est celle de la modernité,de la justice,de la démocratie et de la liberté.Cette Algérie ne peut se faire avec des criminels comme alibenhaj ou les généraux souteneurs qui ont clochardisé ce pays.

AlgerischReply to this comment
août 20, 2008 10:52

Monsieur Benchenouf, vous êtes un islamiste né ! Belhadj doit être contrôlé car il constitue un danger pour l’Algérie ! C’est un terroriste puisque il a dit, dans un de ses fameux discours “Ce n’est par Khaled Nezzar ou Chadli qui m’interdiront de prendre les armes … Je prends la kalashnikov …”. C’est une personne qui appelé au meurtre, et le fait de faire de sa personne “Un homme politique tout à fait ordinaire” est insensé !

Algerisch le patriote

mounirReply to this comment
oct 7, 2008 20:38

m Ali benhadj est un homme de prencipe dont cest une monnet tres rare aumoin lui il parle de linteriieure du bourbier pas comme nous derierre des ecran a des centaine voire des millier de kilometres

Répondre

Commentaire

Sujets les plus populaires




Acheter ce livre


Actuel *
7 déc 2008 13:03 - 234 Commentaires

Souveraineté nationale et souveraineté populaire : A propos des déclarations de Chadli Bendjedid

Dans une récente réponse à un intervenant, dans ce même espace, Addi Lahouari developpe une perspective interessante sur la démocratie et le rôle de l’armée. Un bon sujet de débat.
.

Le Quotidien d’Oranaddi2.jpg


Souveraineté nationale et souveraineté populaire : A propos des déclarations de Chadli Bendjedid

par Lahouari Addi

La prise de parole publique de Chadli Benjedid, rapportée par les journaux du 29 novembre 2008, lors d’un colloque sur l’histoire de la base de l’Est, est un événement politique en soi. Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel *


Actuel **
7 jan 2009 6:10 - 0 Commentaire

Islam et démocratie : Quelle démocratie ? Quel islam ?

arkoun.jpg
par Mohammed Arkoun Professeur émérite à l’Université de Paris III (Sorbonne-Nouvelle).
Il consacre ses recherches et son enseignement à l’histoire de la pensée islamique classique et contemporaine. Directeur scientifique de la revue Arabica. Journal of Arabic and Islamic Studies (Brill, Leiden), il a notamment publié, La pensée arabe, 6e éd., PUF, 2002 ; L’islam. Approche critique, 3e éd., J. Grancher, 2002 ; The Unthought in Contemporary Islamic Thought, Londres, 2002, et à paraître en 2003, Combats pour l’humanisme en contextes islamiques.
Plan de l’article

• QUELLE DÉMOCRATIE ?

• RETRAVAILLER LA NOTION D’ISLAM EN CONTEXTE DE MONDIALISATION

On a tant dit et écrit déjà sur ce sujet qu’il faudrait commencer par nettoyer un champ de réflexion et un domaine de réalité pollués par les divagations apologétiques et les représentations idéologiques. Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel **


Actuel ***
4 jan 2009 18:09 - 7 Commentaires

GAZA: Complices nous aussi du génocide en cours ?

- Lettre ouverte à la conscience nationale -
(Par Abdelkader DEHBI)

Personne n’a le monopole du patriotisme dans notre pays. Et encore moins, ceux qui en ont fait un fonds de commerce politique honteux, dont ils ne cessent de tirer profit, en termes de pouvoir, de privilèges et de rentes, depuis près d’un demi siècle, au nom de leur participation – somme toute naturelle, pour tout citoyen digne de ce nom – à la Guerre de Libération.
De même, personne, - quelles qu’en soient la position sociale ou les motivations -, n’a le droit d’empêcher, et encore moins d’étouffer, les sentiments de profonde humiliation, de révolte et de solidarité, ressentis par l’écrasante majorité du Peuple Algérien, devant le génocide en cours, d’une population entière, de plus d’un million et demi de nos frères palestiniens à Gaza.
Un génocide qui se déroule aujourd’hui sous les yeux du monde entier, après avoir été longuement planifié et programmé, par l’alliance impérialo-sioniste, - Etats-Unis, Israël et Union Européenne - avec la complicité de leurs supplétifs principaux dans la région, en particulier les régimes traîtres, égyptien et saoudien, pour ne citer que ceux-là. Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel ***