Revue de presse - Ecrit par admin le Dimanche 25 mai 2008 8:59 - 4 Commentaires
Le désastre de l’agriculture algérienne
Les différentes politiques menées depuis l’indépendance n’ont pas permis d’assurer une sécurité alimentaire
En 2000, le lancement du Plan national de développement agricole (PNDA) réussit à susciter l’engouement chez les différents acteurs du secteur agricole. Bien que le PNDAR ait réussi à améliorer les rendements de nombreuses filières, les « crises » successives de la pomme de terre, du lait et des céréales ont démontré que la maîtrise de la production fait encore défaut.
La crise alimentaire qui secoue le monde a mis à nu les faiblesses de l’agriculture algérienne. On est bien loin du passé d’une Algérie, grenier de l’Europe, que des nostalgiques se plaisent souvent à évoquer. Le montant de la facture alimentaire est là pour rappeler la réalité. Notre pays est toujours dangereusement dépendant des marchés internationaux. L’Algérie se classe parmi les dix premiers pays les plus grands importateurs de céréales. Il en est de même pour d’autres produits agricoles tels que le lait en poudre, les huiles, le sucre et le café. Cette situation aurait été moins intenable si l’Algérie arrivait à exporter ce que ses terres produiraient afin d’équilibrer sa balance commerciale agricole. Mais seulement une quantité marginale de dattes, de vin et de quelques produits maraîchers a pu se frayer une petite place dans les marchés étrangers. Si l’on croit Mohamed Elyes Mesli, ancien ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali, cette situation n’est pas nouvelle. « Une rétrospective rapide montre que l’agriculture n’était pas si florissante avant 1962. Au milieu des années 1950, la balance commerciale agricole connaissait un fléchissement net. Le pays allait vers un déficit », souligne-t-il, battant en brèche l’idée selon laquelle l’agriculture connaissait un certain essor durant la période coloniale. Les difficultés ont commencé bien avant l’indépendance de l’Algérie. « Le pouvoir colonial, interpellé, a pour cela initié une opération de réforme agraire. Les experts prédisaient en effet que la production locale n’allait plus couvrir les besoins nationaux et qu’on allait vers des importations importantes de céréales et de légumes secs. Voilà une réalité qu’il ne faut pas perdre de vue », insiste-t-il. Les initiateurs de ces réformes n’ont pas réussi pour autant à trouver la panacée pour développer durablement l’agriculture. Depuis 1962, les politiques agricoles autant que les gouvernements se suivent mais ne se ressemblent pas : nationalisation des terres, domaines autogérés, puis vint la révolution agraire qui, loin de révolutionner l’agriculture, n’a fait que l’enliser davantage dans le marasme. En 2000, le lancement du plan national de développement agricole (PNDA), devenu plus tard PNDAR après qu’on eut décidé de lui ajouter la dimension rurale, réussit à susciter l’engouement chez les différents acteurs du secteur agricole. Le gouvernement reconnaissait à l’époque l’échec des politiques précédentes en soutenant que la nouvelle politique apportera une véritable rupture par rapport aux actions menées jusque-là. Cette initiative lancée en grande pompe devait introduire la notion de rationalité dans un domaine où l’aléatoire régnait en maître mot, l’agriculture étant un secteur qui dépend grandement des aléas climatiques.
Et le PNDA fut…
Le défi était de mettre fin à la gabegie dans la gestion, mais surtout des richesses naturelles que sont la terre et l’eau, les deux piliers de l’activité agricole. L’enjeu de cette politique était de mettre fin à des décennies « d’agriculture minière », explique Omar Aït Ameur, directeur des études au ministère de l’Agriculture. « Notre programme vise à protéger les ressources qui nous permettent d’assurer la sécurité alimentaire. Il faut prendre en charge les préoccupations des générations futures en protégeant les ressources naturelles de manière à ce qu’elles ne soient pas dégradées pour arriver à un développement durable », fait-il valoir. Avant de mettre en œuvre le PNDAR, un diagnostic de l’agriculture algérienne, depuis 1962 à 1999, a été fait, souligne-t-il, pour identifier les « contraintes » qui empêchent le développement de l’agriculture. Le désinvestissement dans ce secteur était essentiellement dû à un problème de financement, note M. Aït Ameur. Les agriculteurs étaient obligés d’avoir recours à des « nantis » qui les ont asservis, relève-t-il. L’Etat décide alors de mettre en place le crédit lié, une sorte de montage financier dans lequel sont mises à contribution les banques en sus de subventions accordées par l’Etat, rappelle M. Aït Ameur. Grâce à ce dispositif, « le PNDA a réellement réussi à couvrir l’ensemble des produits maraîchers », soutient ce responsable du ministère de l’Agriculture. Selon lui, on est passé d’une moyenne de 33 millions de quintaux de produits maraîchers à plus de 40 millions de quintaux par an. « Rien que pour la pomme de terre, on est passé de 10 millions de quintaux à 20 millions de quintaux. On n’a pas eu d’importations pendant 5 ans, à l’exception de l’année dernière », assure-t-il. La production céréalière qui était en moyenne entre 17 à 20 millions quintaux/an atteint les 35 millions de quintaux/an, ajoute-t-il. Au boulevard Amirouche (Alger), où est situé le ministère de l’Agriculture, on réfute la thèse selon laquelle ce secteur a bénéficié de gros moyens financiers. L’agriculture, assure-t-on, n’est pas la montagne qui accouche d’une souris. « On a rabâché que l’agriculture était budgétivore. C’est totalement faux. De 2000 à 2006, il y a moins de 400 milliards de dinars consommés par l’agriculture, y compris pour le fonctionnement. Pour l’investissement, c’est encore plus dérisoire. Nous avons tout de même pu obtenir une production d’une valeur de 9 milliards de dollars. Si on n’avait pas investi autant, la facture alimentaire aurait été beaucoup plus importante. Ça aurait été 15 milliards de dollars avec une qualité moindre. L’agriculture produit 10% du PIB alors qu’elle bénéficie de 3% du budget national », soutient Hocine Abdelghafour, directeur des études au ministère de l’Agriculture. Depuis 2000, année du lancement du PNDAR, le département de Saïd Barkat communiquait des bilans des plus satisfaisants avant que n’éclate le problème de la pomme de terre qui allait ouvrir le bal à une série de « crises ».
… Le tubercule qui fit scandale
Sur les marchés de détail, les ménagères s’arrêtent devant les étals de fruits et légumes puis repartent le couffin toujours vide. Le prix de la pomme de terre a atteint des sommets au point de devenir une affaire nationale. Les différents intervenants dans le circuit de commercialisation se rejettent la balle. On a accusé les spéculateurs, mais pour de nombreux spécialistes, l’insuffisance de la production agricole est à l’origine des tensions sur de nombreux produits. Certes, le PNDAR a réussi à améliorer les rendements de nombreuses filières, mais les « crises » successives de la pomme de terre, du lait et des céréales ont démontré que la maîtrise de la production fait encore défaut. Il en est ainsi de la pomme de terre où on est passé d’une production excédentaire à une pénurie qui a contraint les pouvoirs publics à autoriser son importation. Pour M. Mesli, les agriculteurs ne sont pas à blâmer. Ils sont autant victimes que les consommateurs. « Qui se préoccupe aujourd’hui réellement des prix des produits agricoles ? », s’interroge-t-il. D’après lui, les prix payés aux producteurs céréaliers algériens n’ont pas changé depuis 1995. M. Aït Ameur impute, lui, la hausse des prix des produits agricoles à la spéculation d’une part, et à l’augmentation des coûts de revient, d’autre part. « Les coûts de production ont également évolué. Il y a eu surenchérissement des intrants. Les engrais ont triplé. Les coûts des produits phytosanitaires et de traction aussi. Le prix de revient au niveau de l’exploitation de la pomme de terre est de 30 à 35 DA. Si l’agriculteur la vend moins cher que cela, il sera perdant », fera-t-il remarquer. La question des prix s’avère cependant n’être que l’arbre qui cache la forêt. Le monde agricole est toujours confronté à d’inextricables problèmes. La formule du crédit lié (subventions de l’Etat et les prêts bancaires) ne fait pas long feu. Les banques, y compris la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), ne jouent pas le jeu. « Le financement qui implique la participation des institutions financières reste une contrainte majeure. Les banques doivent adapter leurs approches aux métiers de l’agriculture qui est une activité aléatoire. Nous sommes arrivés à améliorer un peu les choses en liant le crédit au soutien de l’Etat, mais cela reste insuffisant », reconnaît M. Aït Ameur. Le gouvernement a pensé à introduire une réforme de sorte à permettre à des détenteurs de capitaux d’être associés dans les exploitations agricoles afin de remédier au désinvestissement et améliorer la productivité, mais cette mesure suscite le scepticisme des professionnels du secteur. « C’est une décision qui peut s’avérer illusoire. Aujourd’hui, la valeur de la terre n’étant pas connue, faute de marché transparent, comment distinguer l’apport de chacun ? On ne peut être véritablement associé que si on connaît la part du détenteur du capital et du concessionnaire. Le fellah étant remplacé par des détenteurs de capitaux qui ne peuvent avoir que des objectifs mercantilistes », commente M. Mesli. Le développement agricole passe par un changement en profondeur dans les mentalités, affirme M. Mesli. « Il faut que la société ait une bonne perception du monde rural et que nous comprenions que l’agriculture n’est pas faite uniquement pour les laissés-pour-compte et les illettrés. Car la pauvreté est le propre du milieu rural », indique-t-il. « Il y a lieu urgemment de commencer à rajeunir les agriculteurs et à leur assurer une formation adéquate. La solution du manque de productivité passe aussi par là », conclut-il.
N. B.
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4 Commentaires
djoundi
Bonjour,
ce n’est pas le manque d’experience de la part de nos fellahs qui en est la cause , mais le comportement de nos dirigeants de l’ epoque
djoundi
bonjour,
ce n’est ni le manque d’experience , ni le courage de nos fellahs qui en est la cause, mais le comportement de nos dirigeants de l’epoque a qui incombe toute la responsabilité de ce desastre.
Car la france à laissé un grand et luxuriant jardin,ils ont été incapable de le faire prosperer.
Ce fut pour eux une charge énorme,aujourd’hui avec toute la manne petroliere que l’état algerien perçoit, notre peuple reste dans la misere, supportant le fort taux de chomage que l’on sait.
en 1948 ,l’agriculture d’algerie seulement et avec beaucoup moins de terres cultivables qu’on a aujourd’hui pouvait faire vivre jusqu’a prés de 50 millions d’habitants.
L’etat en bon gestionnaire qu’il est, n’a pas su proteger ses grandes terres agricoles ou l’on a vu tout pousser sauf des recoltes de céreales,legumes, fruitieres et fourageres pour les elevages qui’il lui serait nécess
djoundi
l’interruption de mon post est du a un probleme technique,j’en suis désolé.
donc je reprends du début :
bonjour,
ce n’est ni le manque d’experience , ni le courage de nos fellahs qui en est la cause, mais le comportement de nos dirigeants de l’epoque a qui incombe toute la responsabilité de ce desastre.
Car la france à laissé un grand et luxuriant jardin,ils ont été incapable de le faire prosperer.
Ce fut pour eux une charge énorme,aujourd’hui avec toute la manne petroliere que l’état algerien perçoit, notre peuple reste dans la misere, supportant le fort taux de chomage que l’on sait.
en 1948 ,l’agriculture d’algerie seulement et avec beaucoup moins de terres cultivables qu’on a aujourd’hui pouvait faire vivre jusqu’a prés de 50 millions d’habitants.
L’etat en bon gestionnaire qu’il est, n’a pas su proteger ses grandes terres agricoles ou l’on a vu tout pousser sauf des recoltes de céreales,legumes fruitieres et fourageres pour les elevages qui’il lui serait nécessaire a sa survie .
i farage rabi .
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Ma réponse à un lecteur du Forum de la Dignité et du Changement

Par le Docteur Salah-Eddine Sidhoum
Le colloque organisé par la Fondation de Cordoue n’a rien à voir avec le forum de la dignité et du changement. Les compatriotes de toutes tendances politiques et idéologiques qui y ont participé l’ont fait à titre personnel et ne représentaient que leurs modestes personnes. Cependant, l’esprit du colloque va dans le même sens que celui du forum : travailler en vue du rassemblement des volontés sincères intellectuelles et politiques sur la base de valeurs sociales et de principes démocratiques acceptés et respectés par tous afin d’enclencher cette dynamique populaire du changement. Lire la suite …
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1 déc 2008 17:23 - 12 Commentaires
Nouveaux développements dans l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni : Mohamed Samraoui et Hicham Abboud convoqués comme témoins
Par Noureddine Khelassi, La Tribune, 1 er décembre 2008
L’affaire du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni serait enfin entrée dans le vif du sujet avec la convocation comme témoins des anciens officiers du DRS algérien, le colonel Mohamed Samraoui et le capitaine Hichem Abboud. Les deux hommes, selon des
sources concordantes, ont été convoqués par le juge Baudoin Thouvenot, en charge du dossier d’enquête, avec obligation de se présenter devant lui à la mi-décembre. En cas d’absence, le magistrat aurait recours à des mandats d’amener à l’encontre de ces deux témoins qui résident respectivement en Allemagne et en France.
Cette information est notamment confirmée par Hichem Abboud sur son site Internet «Agirpourlalgérie.com». Sans citer son propre nom et celui de son ancien compagnon d’armes, l’ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, devenue DRS en 1990, indique que les deux témoins précités ont été effectivement convoqués, se félicitant, du coup, de participer lui-même à la manifestation de la vérité. Le rétablissement des faits consisterait alors à établir la véritable identité de Mohamed Ziane Hasseni, victime dans l’affaire d’une homonymie partielle qui lui a valu mise en examen, assignation à résidence et mise sous contrôle judiciaire. Lire la suite …
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30 nov 2008 13:31 - 10 Commentaires
“Methodes” et coups tordus des services algériens.
Nous avons reçu cette lettre d’une personnne, dont nous nous sommes assurés de l’identité, mais qui veut garder l’anonymat. Elle éclaire, d’un jour nouveau, pour ceux qui ne connaissent pas les méthodes du DRS, la façon avec laquelle les services secrets algériens “expédient” les “Affaires”.
Lettre à la Rédaction
Barcelone, 30 Novembre 2008
Depuis un certain temps, je lis sur vos colonnes tout ce qui a trait à l’affaire Mecili.
Le Gouvernement algérien gagnerait beaucoup en crédibilité s’il se décide à mettre la lumière une fois pour toutes sur cet assassinat d’un homme politique appartenant au Front des Forces Socialistes (FFS) à l’époque des faits.
La version qu’il s’agit là d’un coup tordu des services secrets algériens de l’époque, censés de protéger l’Etat et non de poursuivre les citoyens, est elle vraiment dénuée de toute crédibilité?
Je vous livre ici certains faits qui se sont produit dans les relations entre l’Espagne et l’Algérie, à cette même époque, et qui pourraient jeter quelque lumière sur ces zones d’ombre. Sur les méthodes des services algériens. Lire la suite …
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Il a suffit que je lise le titre évocateur de l’article pour que je saute sur mon clavier pour donner mon modeste point de vue sur un sujet que j’ai toujours jugé digne d’intérêt. Afin de ne pas être influencé sur la position qui est mienne sur le sujet, je ne lirai l’article de Mr N.B. que bien plus tard et à tête reposée.
En décidant aujourd’hui de commenter le sujet brûlant qui se rapporte au domaine de l’agriculture, je n’ai nullement l’intention de critiquer ou de dénigrer gratuitement l’ancienne politique agricole de mon pays qui fut une véritable hécatombe mais de donner un point de vue neutre mais pas totalement désintéressé sur la question et de tenter de distiller quelques propositions utiles qui m’ont parues plausibles et facilement réalisables.
À cause d’une politique agricole faite pour « tromper » les autorités qui sont souvent coupées de la réalité à cause du manque d’expérience ou à cause du comportement démagogique de nos gestionnaires qui s’attèlent plus à plaire aux responsables qu’à leur faire toucher du doigt les réalités vécues par le secteur et c’est pourquoi je me hasarde à balancer que ce secteur n’obéit à aucun programme scientifiquement élaboré. D’autres raisons aussi importantes les unes que les autres, telles que l’absence de politique à long terme, l’absence de programmes d’assolement, la mauvaise utilisation des engrais et de l’eau d’arrosage, l’absence du goutte à goutte qui est une méthode rentable et qui a montré son efficacité, l’absence de techniciens et d’ingénieurs formés spécialement formés – (ERREUR STRATEGIQUE APRES LA FERMETURE DE L’ITA DE MOSTAGANEM TRANSFORM2 EN UNIVERSITE)- ETC., tous ces éléments ont contribué d’une manière ou d’une autre à la faillite du système et ils sont à l’origine du déclin de notre agriculture qui continuera à « trainer la patte » . Est-il acceptable de continuer de dépendre de l’étranger pour nous nourrir ? – (Un rappel anecdotique qui me parait de circonstance : Je me rappelle, dans les années soixante-dix alors que le conflit du Sahara occidental occupait les devants de l’actualité et que l’Algérie et le Maroc se battaient par Radios-interposées, je ne rappelle pas les faits pour remuer le couteau dans la plaie ou pour raviver les rancunes mais juste pour illustrer mon propos, le commentateur Marocain ne cessait de dénigrer notre politique agricole en disant, je cite : «La révolution agraire en Algérie et l’aire de battage au Canada !!! » Pour ceux qui l’ignorent, l’aire de battage est un endroit où sont amassées et entassées les gerbes de céréales qui auront séchées après avoir été moissonnées lorsque le blé ou l’orge arrive à maturité et qui sont, par la suite, faute de moissonneuses batteuses, battues par les sabots des animaux qui doivent les piétiner en tournant dessus jusqu’à la séparation des graines de l’épi d’avec la paille. Un travail fastidieux mais une solution imparable au problème) La crise alimentaire qui secoue le monde et qui nous épargne momentanément par la grâce de l’embellie financière que connaît le pays est une sonnette d’alarme qui n’a pas fini de retentir et qui doit nous inciter à nous appliquer à solutionner l’épineux problème de l’autosuffisance céréalières ; qui doit revêtir une priorité absolue dans toute politique agricole. Il est insultant, voire blasphématoire de continuer de dépendre de l’étranger pour nous nourrir alors que nous sommes capables, avec plus de travail et moins de démagogie, de devenir exportateur en la matière et je pèse bien mes mots.
Pour commencer, prenons le courage de rendre toutes les terres nationalisées pour les besoins de la Révolution agraire à leurs propriétaires légaux ou à leurs héritiers qui peuvent exiger à titre de compensation, et c’est tout à fait normal, des primes d’encouragement, un usufruit légalement acquitté par l’état qui doit avoir le courage de reconnaître sa totale responsabilité dans la mort du secteur. Pour inciter les Fellahs à retourner à l’agriculture qui doit être ressuscitée coute que coute, il ne faut pas lésiner sur les moyens, tous les moyens ; et ne me dites pas que le secteur est plus budgétivore que productif car il faut penser à mettre une politique à long terme qui peut s’avérer rentable et salvatrice.
Nous sommes capables de nous prémunir de la dépendance totale en matière de légumes secs aussi. Les immenses étendues steppiques dont dispose le pays est un autre atout majeur qui peut s’avérer stratégique à la seule condition de le gérer de façon scientifique tout en évitant de le dégrader. La nature saharienne est tellement fragile qu’il est facile de la défigurer de façon irrémédiable. Il faut savoir se comporter avec cette terre nourricière qui ne vous décevra jamais. Pour profiter de ce don de la nature, ces millions d’hectares de terres semi-arides qui peuvent servir à l’élevage intensif des ovins, des caprins et des camélidés à condition d’en organiser l’utilisation pour ne pas les dégrader et en faire des terres désertiques. Grâce à l’élevage intensif dans les hauts plateaux on peut s’assurer une autosuffisance en matières de viandes et pourquoi pas de lait, ce produit stratégique dont l’importation nous coûte une bagatelle de Dollars US. Aujourd’hui, certains ménages algériens n’arrivent plus à se payer certains fruits ou légumes telle la pomme de terre qui reste le tubercules le plus consommé dans nos contrées et qu’on n’arrive plus à produire en quantités suffisantes. Recourir à l’importation de la pomme de terre souvent de qualité douteuse est une hérésie dans un pays où il est possible de produire ce légume qui aime se faire désirer en quantités suffisantes. Il faut encourager les fellahs à s’impliquer dans l’arboriculture et les cultures maraichères afin de permettre à l’Algérien de manger des fruits et des légumes de saison. L’expérience de N’Gaous est là pour nous prouver la faisabilité des projets de grande envergure qui finissent toujours par s’avérer rentables à court ou à long terme.
L’avenir de l’Algérie n’est ni dans le pétrole ni dans le gaz mais dans l’agriculture et la main d’œuvre qui va avec à la seule et unique condition qu’on prenne le courage d’entamer des réformes effectives et non du replâtrage de façade dans le domaine sans oublier de récupérer les millions d’hectares que des mains expertes ont pris le méticuleux soin de détourner en usant d’imparables stratagèmes diaboliques pour échapper à tout contrôle. Il faut souligner au passage que le secteur agricole algérien est un véritable gouffre sans fond qui a englouti des sommes colossales qui se perdirent à jamais. L’Algérie détient le potentiel agricole le plus important des pays maghrébins, des millions d’hectares de terres fertiles qui ne demandent qu’à être mises en valeur et sérieusement travaillées. Notre pays a les moyens humains qui peuvent faire des miracles pour peu qu’on leur confie la tâche et qu’on prenne le méticuleux soin de leur assurer une assistance technique avérée et les moyens matériels et financiers nécessaires.
Il faut tout faire pour ne plus retomber dans le piège de la révolution agraire qui a fait un tort irréversible à notre agriculture à cause de la politique agricole prônée alors. La responsabilité incombe plus à l’état qui nageait dans un immense océan de démagogie et sur des données statistiques le plus souvent manipulées pour ne pas perdre la face devant l’opinion publique qu’on continuait de berner par des slogans tapageurs vides de sens. Nonobstant, il ne faut pas oublier que la faillite du système était due à l’inconscience des gestionnaires peux enclins à rechercher des résultats à cause d’une politique de prestige basée sur du m’a-tu vu et non sur des faits et des résultats réels. C’est à l’état et à lui seul et à ses gestionnaires et autres responsables qu’incombe la plus grande part de responsabilité de ce désastre historique. C’est bien la fausse politique de prestige qui a toujours prévalu avec ces distributions fictives de bénéfices destinées aux travailleurs de domaines agricoles en faillite et d’usines étatiques moribondes et qui n’arrivaient plus à fonctionner que grâce à la perfusion vitale que l’état maintenait en permanence. À l’occasion de ces distributions des « bénéfices », de grandioses fêtes sont organisées à coups de millions. Il fallait maintenir le suspense autour d’un abominable crime organisé où interviennent certains « gestionnaires » véreux qui se distinguent par leurs manigances diaboliques. Ces laudateurs incorrigibles sont passés maitre dans l’art du brossage dans le sens du poil, ils poussaient la provocation, à ces occasions, jusqu’à organiser des ripailles où le vin coulait à flots. Ces mises en scène savamment orchestrées permettaient aux responsables de se sucrer en soutirant leurs parts du magot. Ces dilapidations de deniers publics, un véritable gâchis, ont fait un tort considérable au secteur.
L’autre cause qui a fini par porter le coup de grâce à l’agriculture n’est autre que les attributions anarchiques des terres agricoles les plus fertiles qui furent offertes aux Moudjahiddines et aux faux moudjahiddines qui profitèrent de l’occasion que l’état venait de leur offrir. Ils ne se firent pas prier pour devenir, du jour au lendemain, des agriculteurs occasionnels dont certains n’avaient pas la moindre expérience dans le domaine. Certains plus chanceux avaient pris possession de fermes totalement équipées dont ils bradèrent le matériel avant de transformer ces fermes en villas luxurieuses qui leur furent cédées au Dinar symbolique. La politique agricole pratiquée au pays, depuis l’indépendance à nos jours, est une énorme faillite et c’est pourquoi il faut faire table rase pour repartir sur des bases plus saines et pour couper les ponts avec le passé et son système agricole obsolète.
Le seul moyen qui peut garantir une réussite garantie au secteur agricole est de louer à des particuliers quitte à en faire de nouveaux gros fermiers ou à défaut et c’est le cas extrême qui peut s’imposer de lui-même après une étude approfondie du problème, c’est de carrément vendre les terres que l’État aura pris le soin de récupérer et de recenser. Seule une privatisation du secteur agricole est garant d’une redynamisation du secteur qui finira bien par devenir rentable et pourquoi pas exportateur. Il ne faut pas perdre de vue que, de nos jours, de nouvelles armes de dissuasion ont fini par voir le jour, le blé dur ou tendre, les légumes secs, le riz, l’avoine et l’orge et c’est pourquoi, l’autosuffisance alimentaire est devenue une option stratégique qu’il faut s’assurer coute que coute. Il faut tout mettre en œuvre en utilisant les moyens matériels, financiers et humains qui s’imposent pour en assurer la réussite impérative. Pour conclure mon très modeste commentaire, je me fais le devoir de rappeler à ceux qui l’aurait oublié, qu’autrefois, l’Algérie était considérée comme le grenier de l’Europe et le FELLAH algérien arrivait à s’auto suffire en aliments de base et à exporter le surplus vers l’étranger. Ne me dites pas, donc, que l’algérien est une personne paresseuse ou incapable. Faisons lui confiance et soyons respectueux envers lui. Cessons de le vilipender et de le mépriser gratuitement. Travailleur de la terre, Fellah de mon pays, ami de la terre, je te salue respectueusement et je te fais confiance. A.K.